Les essais officiels de pré-saison MotoGP à Sepang ont mis en lumière les premiers pas de Toprak Razgatlioglu sur la Yamaha M1 de Pramac. Le champion du monde WSBK 2025 a terminé 19e du classement combiné, avec un meilleur tour en 1’58.326, soit près de deux secondes derrière le plus rapide, Alex Marquez.[1][2] Cette performance décevante, malgré un freinage maîtrisé, a surpris les observateurs qui attendaient beaucoup de ce rookie talentueux.
Razgatlioglu n’a pas caché sa frustration, soulignant une adaptation difficile à la philosophie de pilotage MotoGP. À seulement trois mois de son titre WSBK, il se retrouve confronté à une réalité bien plus rude.

Les performances décevantes à Sepang
Toprak Razgatlioglu a bouclé les trois jours d’essais avec un chrono final éloigné des leaders. Classé 19e, il pointe à 1’58.326, contre 1’56.402 pour Alex Marquez sur Ducati Gresini.[1] Son coéquipier Jack Miller est 18e à 1’58.156, tandis qu’Alex Rins, le meilleur Yamaha, est 14e en 1’57.580. Ces écarts soulignent les limites actuelles de la M1.
Sur les longues distances, son rythme n’a pas convaincu non plus. Les stoppies spectaculaires ont marqué les esprits, mais les chronos restent absents. “Je suis en colère parce que les chronos ne sont simplement pas là”, a-t-il déclaré jeudi après-midi.[2]
Les ajustements ergonomiques, comme un guidon plus large, ont aidé au freinage, mais pénalisé l’aéro avec l’absence d’ailerons arrière. Cela a coûté en vitesse de pointe. Malgré cela, Razgatlioglu reste honnête, sans excuses.
Voici les dix premiers du classement combiné des essais Sepang 2026 :
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- Alex Marquez (Ducati) : 1’56.402
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- Marco Bezzecchi (Aprilia) : 1’56.526
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- Fabio Di Giannantonio (Ducati) : 1’56.785
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- Marc Marquez (Ducati) : 1’56.789
Pour les Yamaha, Fabio Quartararo est 17e en 1’57.869. Ces résultats détaillés sur Crash.net montrent un gap à combler.
Les défis d’adaptation depuis le WorldSBK
Le Turc excelle au freinage, se sentant “bien et à l’aise”, mais peine dans les virages rapides. “Quand j’ouvre les gaz, l’arrière glisse et ne s’arrête pas, rendant le virage difficile”, explique-t-il. En WSBK, il utilisait l’arrière pour pivoter avec les gaz ; en MotoGP, il faut accélérer en douceur comme en Moto2.
Jack Miller, son équipier, lui conseille d’être “gentil”, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. “Je pilote comme avant, mais les chronos ne viennent pas”, regrette Razgatlioglu, qui visait le 1’57 mais stagne autour de 1’58.
La transition des Pirelli WSBK aux Michelin MotoGP complique la gestion des pneus. Les glissades arrière persistent, malgré les changements demandés sur la moto. Cela confirme les limites du rookie face au niveau élite.
Un cadre Ducati anonyme note : “Il doit passer par un processus d’adaptation à tous les niveaux. Il vient d’un championnat de niveau inférieur, et ici c’est le gratin.” L’article Motorsport.com approfondit ces frustrations.[2]
Comparaisons historiques et soutien dans le paddock
L’histoire des transitions WSBK-MotoGP offre des repères. Ben Spies, champion Superbike 2009 chez Yamaha, a intégré MotoGP en 2010 : une victoire à Assen 2011, six podiums et 5e au général. Razgatlioglu pourrait suivre ce chemin, malgré un début compliqué.
À Yamaha, l’enthousiasme est palpable. Paolo Pavesio, managing director, est “amoureux” du pilote depuis leurs années WSBK. Certains murmurent même d’une M1 usine en 2027 aux côtés de Jorge Martin.
Chez Pramac, Gino Borsoi vante sa politesse et son caractère. “C’est un plaisir de travailler avec lui.” Le paddock entier applaudit son charisme, même si l’adaptation exige dureté.
Malgré la déception, son magnétisme persiste. Les premiers GP seront “durs, je vais souffrir”, avoue-t-il. Mais le talent est là.
Perspectives pour la saison 2026
Razgatlioglu anticipe cinq premières courses difficiles. “Ma motivation baisse parce que je pilote pareil mais sans chronos.” Pourtant, l’hiver offre du temps pour progresser avant Qatar.
Yamaha mise gros sur lui pour relancer la M1. Les retours paddock soulignent un potentiel compétitif une fois adapté. Les prochaines sessions seront cruciales.
Son honnêteté impressionne. Comme Spies, il pourrait surprendre. Reste à dompter la bête MotoGP.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.