Pourquoi Thierry Neuville a lutté au Rallye Monte-Carlo le plus difficile

WRC

Thierry Neuville, champion du monde WRC 2024, a conclu le Rallye Monte-Carlo 2026 à une décevante cinquième place, à 10 minutes 29,8 secondes du vainqueur Oliver Solberg (Toyota). Malgré ses deux victoires passées sur ce rallye mythique (2020 et 2024), le pilote Hyundai n’a pas pu exploiter le potentiel de sa i20 N Rally1 mise à jour. Dès avant l’épreuve, il avouait manquer de confiance au volant, un sentiment qui s’est confirmé dans des conditions extrêmes, les pires en plus d’une décennie.[1]

Le Belge a enchaîné les mésaventures : sortie de route en spéciale 9, tête-à-queue en ES12 sous la neige et la glace, crevaison en ES15, sans oublier une casse de cardan et de suspension lors du shakedown. Ces incidents ont coûté plus de sept minutes au total. Neuville résume : « Personnellement, c’était le Monte-Carlo le plus difficile que j’ai fait. Sans ce feeling, c’était bien plus compliqué que ça n’aurait dû l’être. »[2]

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Le manque de confiance au volant

Neuville avait prévenu : il mentirait en prétendant se sentir confiant avec la nouvelle Hyundai. « Je ne ressens pas encore la confiance dans la voiture, il y a du travail à faire, et c’est ma plus grande préoccupation, plus que les performances pures », déclarait-il avant le rallye. Ce déficit de ressenti l’a empêché de pousser dans les conditions piégeuses mêlant asphalte, neige, glace et boue.

Sur les spéciales, il perdait souvent le contrôle malgré une conduite prudente. « J’ai perdu le contrôle plusieurs fois. L’objectif était juste de ne pas perdre une roue, et parfois c’était limite. Ce n’était pas agréable », confie-t-il. Ce problème n’est pas isolé au Monte-Carlo, mais lié aux rallyes difficiles, une tendance observée toute la saison précédente.

Les pneus Hankook, nouveaux fournisseurs, accentuent les soucis. Neuville peine à s’adapter : « Je sais que je galère avec ces pneus pour le moment. J’essaie d’adapter mon style de pilotage, mais ça ne marche pas encore. » Hyundai travaille sur le train avant pour élargir la fenêtre d’utilisation de la voiture.

Malgré tout, des progrès ont été faits pendant l’épreuve. « Nous avons amélioré des choses. Si le feeling revient et que je travaille mieux avec ces pneus, nous serons beaucoup plus proches quand nous pourrons pousser », assure le pilote.

Les incidents marquants du week-end

Le shakedown a déjà tourné au cauchemar avec une défaillance de cardan et de suspension. Neuville, alors en tête provisoire jusqu’à la quatrième place, sort de la route en ES9 et bloque dans un fossé, perdant trois minutes précieuses.

La spéciale 12, décrite comme « la pire de [sa] carrière », voit un tête-à-queue dans des conditions de neige et glace infernales. Plus tard, une crevaison en ES15 lui coûte 2,5 minutes supplémentaires.

Voici la liste des principaux incidents :

  • Shakedown : casse de cardan et suspension.
  • ES9 : sortie dans un fossé (-3 min).
  • ES12 : tête-à-queue neige/glace.
  • ES15 : crevaison (-2,5 min).

Ces pépins ont transformé un potentiel top 3 en cinquième place. Neuville : « J’étais plus passager que pilote souvent. »[3]

Les faiblesses persistantes de la Hyundai

Hyundai souffrait déjà l’an dernier sur asphalte et en grip variable. Les améliorations au train avant visent à rendre la i20 N plus prévisible, mais les conditions extrêmes de ce Monte-Carlo ont révélé les limites.

Adrien Fourmaux, coéquipier de Neuville, termine quatrième avec deux scratches, mais pointe les mêmes soucis : « Quand il n’y a pas de coupures, pas de boue, juste neige plate et tarmac le dimanche, la voiture marche. Mais dès que ça devient bosselé ou grip différent, on est en difficulté. La Toyota reste stable en coupure, nous on survirage soudain. »

Comparé à Toyota, dominateur avec Solberg vainqueur, Evans deuxième et Ogier troisième, Hyundai manque de stabilité. Wheatley, directeur sportif : « C’est une préoccupation, mais fondamentalement lié à ce rallye. En conditions constantes, on est proches du top. »[1]

Fourmaux confirme la compétitivité en combat : « Quand on a quelque chose à se battre et qu’on y va, on est compétitifs. » Le choix pneus dimanche a maximisé ses points.

Réactions au sein de l’équipe Hyundai

Andrew Wheatley tempère : « On savait que Monte serait dur, mais pas à ce point. Nos tests n’étaient pas dans des conditions aussi extrêmes. En analysant les split times, on est proches où il faut en conditions cohérentes. Adrien a bien géré les pneus, troisième en Power Stage, c’est notre niveau : troisième, cinquième. »

Neuville partage l’analyse : « La tendance vient de toute la saison dernière, pas seulement Monaco, mais liée aux conditions challengantes. » Il reste lucide sur les forces : gravier et neige pure.

L’équipe mise sur des tests en Suède pour progresser. Wheatley conclut : « On n’est pas si loin. »

Perspectives pour la suite du championnat

Neuville est optimiste pour l’Arctic Rally de Suède : « On se sent généralement plus à l’aise sur gravier dans la voiture. Les Toyota seront forts, mais on avait du rythme l’an dernier en Suède et Finlande. Avec des tests, on peut être plus rapides. »

Hyundai cible les surfaces où elle excelle historiquement. Fourmaux ajoute : « En Suède pure neige, on devrait mieux performer. »

Pour le championnat, ces 10 points (dont Power Stage ?) sont un début prudent. L’enjeu : rattraper Toyota avant les gravel.[4]

Ce Rallye Monte-Carlo 2026 souligne les défis d’Hyundai face aux évolutions techniques, pneus Hankook en tête. Mais avec du travail, Neuville peut rebondir. La saison est longue, et le Belge vise un doublé titre. Pour plus de détails, consultez l’analyse complète sur Autosport ou les résultats officiels WRC.[4]

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.