L’ouverture de la saison de Formule 1 2026 à Melbourne avait laissé entrevoir un Red Bull combatif, avec Isack Hadjar en troisième position en qualifications et Max Verstappen auteur d’une remontée spectaculaire jusqu’à la sixième place après son accident en Q1. Pourtant, les Grands Prix de Chine et du Japon ont révélé des faiblesses criantes, la voiture étant décrite comme « indriveable » et même dangereuse par Hadjar à Suzuka. Cette disparité soulève des questions sur les véritables capacités de l’équipe.[1][2]
De nombreux observateurs anticipaient un début difficile pour Red Bull en raison des nouvelles réglementations techniques, particulièrement sur le moteur. Le principal Toto Wolff avait évoqué un « Mont Everest à gravir » pour l’unité de puissance Red Bull Powertrains-Ford. Mais après les essais hivernaux, il a nuancé en qualifiant Red Bull de « référence absolue » sur ce plan, une remarque vite percée à jour par Verstappen : « Attendez de voir à quel point Mercedes sera rapide à Melbourne. »

Les surprises sur l’unité de puissance
Les craintes initiales portaient sur le nouveau moteur Red Bull-Ford, perçu comme un défi majeur face aux géants Mercedes et Ferrari. Wolff avait prédit des difficultés insurmontables, mais les performances en piste ont contredit ces pronostics. Après le GP du Japon, Verstappen a minimisé les écarts en énergie, insistant sur le fait que le déploiement moteur n’était pas le talon d’Achille.
« Notre déploiement était bon. Ce n’est pas notre plus gros problème, honnêtement. Du côté moteur, il y a des corrélations et des calibrages à améliorer, mais en termes de puissance pure, ce n’est pas notre pire point », a déclaré Verstappen après avoir suivi Pierre Gasly en course à Suzuka. Comparé à Mercedes, dominant, Red Bull reste compétitif sur ce front, avec un gap estimé similaire à Melbourne.
Cette solidité moteur a permis à l’équipe de se concentrer sur le châssis, mais les problèmes de balance ont émergé violemment. À Melbourne, un équilibre acceptable avait été trouvé, contrastant avec les weekends suivants. Laurent Mekies, team principal, a reconnu que le moteur n’était « pas si mauvais », validant les avancées de Red Bull Powertrains dès Bahreïn.
Les données de qualif montrent l’évolution : 0,785 s d’écart pour Hadjar en Australie, 0,938 s pour Verstappen en Chine, et 1,200 s pour Hadjar au Japon. Cette dégradation n’est pas seulement due au setup, mais à une fenêtre d’exploitation manquante.
Pour en savoir plus sur le doublé Mercedes à Melbourne, consultez notre article dédié au Grand Prix d’Australie F1 2026.
Les problèmes de châssis et de balance révélés
En Chine et au Japon, Red Bull a lutté pour trouver un équilibre, rendant la RB22 imprévisible. Verstappen, coincé derrière une Haas puis une Alpine, n’a pu exploiter le plein potentiel. Hadjar a été plus cash à Suzuka : « La voiture était vraiment, vraiment indriveable – elle était même dangereuse à certains moments. »
Contrairement aux années précédentes, les changements de setup n’ont rien donné. Mekies a admis un recul mesuré non seulement face aux leaders, mais aussi au midfield qui s’est rapproché. « Nous pensons avoir fait un pas en arrière en Chine, et ce n’est pas lié au nombre de virages. Il y a une couche où nous perdons de la performance dans certaines vitesses de courbe. »
À Suzuka, les Esses ont été un calvaire, la voiture refusant de pivoter. Verstappen a souligné que les upgrades sans compréhension profonde sont inutiles. Les chiffres de Paceteq indiquent le plus grand déficit de pace en course depuis 11 saisons.
Cette instabilité rend la voiture non poussable, un comble pour une équipe habituée à dominer. Mekies insiste : ce n’est pas du tuning setup, mais un problème fondamental du package.
Pourquoi Melbourne a masqué les faiblesses
Deux facteurs expliquent cette meilleure apparence en Australie. D’abord, Red Bull a trouvé un équilibre raisonnable à Albert Park, absent ailleurs. Mekies : « À Melbourne, McLaren était à portée, et Max a rattrapé la première McLaren depuis la P20. »
Ensuite, McLaren n’était pas à pleine puissance, focalisée sur son moteur. Red Bull semblait un seconde de Mercedes et demie de Ferrari, mais les gaps ont explosé ensuite avec les progrès concurrents. « Nous avons quitté Melbourne en pensant être à un seconde de Mercedes. En Chine et Japon, c’est similaire, mais McLaren est maintenant au niveau des leaders. »
Les qualifs confirment : le déficit grandit, mais le pace race reste autour d’un seconde. À Melbourne, Hadjar P3 qualy flattait, masquant les chassis weaknesses.
Les autres équipes, surtout McLaren-Mercedes HPP, ont progressé, exposant Red Bull. Pour contextualiser les défis de Melbourne, voir pourquoi Melbourne sera plus difficile pour la F1 en 2026.
La quête des causes profondes et les priorités
Red Bull bénéficie de trois semaines pour analyser. Mekies est confiant : « Nous plongerons dans les données, simulerons en tunnel et simulateur. Pas de miracle à Miami, mais des progrès oui. »[1]
Priorités : performance pure et balance pour une voiture poussable. « Il y a une couche où nous n’extrayons pas assez, et ça n’est pas du setup. C’est notre cœur de métier de résoudre ça. »
Verstappen doute des upgrades sans diagnostic clair. Les breaks (annulations Bahreïn, Arabie) offrent du temps, mais les quatre points en trois courses pèsent.
Red Bull F1 car so undriveable it was “dangerous” at Suzuka - Hadjar illustre les enjeux. Les données montrent un challenge inédit à Milton Keynes.
Red Bull doit transformer cette crise en opportunité. Comprendre les limitations complexes est leur force historique. À Miami, des améliorations sont attendues, mais le gap à Mercedes persiste. Pour le championnat, cela repositionne la lutte : McLaren et Mercedes dominent, Red Bull doit rattraper vite pour viser le titre avec Verstappen. L’avenir dépend de cette introspection.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.