Après la première course de la saison de Formule 1 2026 à Melbourne, McLaren émerge comme l’un des plus grands perdants parmi les équipes de tête. Lando Norris a franchi la ligne d’arrivée avec 51,741 secondes de retard sur le vainqueur George Russell, une écart qui a surpris l’équipe de Woking. Si Aston Martin et ses soucis avec l’unité de puissance Honda sont à part, McLaren peine malgré son moteur client Mercedes. L’année dernière, la MCL39 dominait en aérodynamique et gestion de la garde au sol, mais la MCL40 semble loin du compte.
Ce déficit n’est pas uniquement lié à l’unité de puissance. Il résulte d’une combinaison de facteurs : gestion hybride, choix techniques et faiblesses chassis. Andrea Stella, le directeur d’équipe McLaren, a admis un écart de 0,5 à 1 seconde par tour à combler.[1]

L’expertise unique de Mercedes en gestion hybride
Mercedes bénéficie d’années d’expérience sur ses propres unités de puissance, avec des logiciels et modèles d’usage optimisés pour chaque circuit. Cette connaissance accumulée, surtout au début d’un nouveau cycle technique, n’est pas partagée intégralement avec les clients comme McLaren, Williams ou Alpine. C’est un avantage similaire à celui observé en Formule E, où les équipes clientes doivent optimiser seules les outils fournis.
La batterie cyclique des nouveaux moteurs 2026 rend la performance dépendante non seulement de la puissance de pointe, mais aussi de son déploiement : super clipping, lift and coast, recharge stratégique. Une mauvaise calibration coûte plusieurs dixièmes par tour. James Vowles, patron de Williams, a confié : « Ce que Mercedes fait avec l’unité de puissance nous a un peu surpris ».
Andrea Stella partage ce sentiment : « Nous avons été surpris par la différence dans les données de vitesse entre notre voiture et les autres utilisant la même unité de puissance. Il est clair que nous devons mieux comprendre comment exploiter l’unité de puissance, vu les complexités des réglementations 2026. » En qualifications à Melbourne, McLaren accusait jusqu’à 10 km/h de moins sur la ligne droite vers le virage 9, soit quatre dixièmes rien que là.
Même sur les autres lignes droites, la MCL40 ne rivalisait pas avec la W17. Les clients Mercedes n’avaient pas la dernière spécification avant Melbourne, mais les règlements imposent désormais hardware et software identiques, hormis fiabilité. Les équipes développent toutefois leurs propres modèles via logiciels dédiés.
Pour en savoir plus sur l’écart entre Mercedes et ses clients, consultez cette analyse détaillée.[2]
Les choix techniques différenciés de McLaren
McLaren n’utilise pas la même gestion hybride que Mercedes, et ce n’est pas le seul écart. L’équipe opte pour des rapports de boîte plus courts, influençant l’usage du moteur. À Melbourne, la MCL40 passait en huitième vitesse tôt, là où les rivaux restaient en septième. Cela se traduit par des sections en rapport supérieur mais à régime moteur inférieur.
Andrea Stella note que c’est la première fois que McLaren, en tant qu’équipe cliente, se sent clairement distancée du manufacturier sur l’unité de puissance. La stratégie d’usage est plus complexe en 2026, l’énergie étant cruciale. Ces différences expliquent les pertes de vitesse en ligne droite tout le week-end.
Malgré ces constats, McLaren reste confiant dans son potentiel. Les overlays GPS montrent Mercedes plus rapide dans certains virages, soulignant un cercle vertueux : meilleure PU aidant le chassis, et vice-versa.
- Facteurs clés du déficit en ligne droite :
- Gestion hybride non optimisée (dixièmes perdus par tour).
- Rapports courts : changements précoces, régimes bas.
- Manque de mappings avancés comparé à Mercedes.
Les faiblesses aérodynamiques et pondérales de la MCL40
L’avantage Mercedes ne se limite pas au moteur ; la W17 offre plus d’appui et un bon chassis pour aborder les virages vite. Stella confirme : « L’écart vient de deux domaines principaux : l’exploitation de l’unité de puissance et plus de grip en virages – nous manquons d’appui. »
La MCL40 est en surpoids, priorité à corriger selon Stella, et manque d’appui, causant un graining prononcé en course. Ces problèmes se renforcent mutuellement, réduisant l’adhérence. Mercedes excelle aussi au-delà du moteur, comme détaillé ici.[3]
- Problèmes chassis McLaren :
- Surpoids persistant.
- Moins d’appui en virages.
- Graining excessif en pneus.
- Garde au sol moins gérée qu’en 2025.
Les tests de pré-saison à Bahreïn montraient Mercedes à 0,01 s devant, mais Melbourne a révélé l’écart réel. McLaren a couvert plus de km, mais identifié des faiblesses PU.
Perspectives d’amélioration pour McLaren
McLaren a beaucoup de marge de progression, mais la question est le délai. Pas d’upgrades avant Melbourne, focus sur compréhension. Stella parle de « contre-attaque » via PU et grip.
La saison 2026, avec aero active et nouveaux modes (X-mode, Z-mode), reste ouverte. Red Bull et Ferrari challengent, mais Mercedes domine pour l’instant. McLaren doit vite rattraper pour viser le titre.
Zak Brown voit les erreurs 2025 comme un renfort. Avec Piastri et Norris, l’équipe peut rebondir. L’enjeu pour le championnat : McLaren comblera-t-il l’écart avant mi-saison ?
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.