Les monoplaces de Formule 1 ont enfin pris la piste à Barcelone pour un shakedown sur cinq jours à huis clos, préfigurant la nouvelle ère 2026. Si les réponses sur la hiérarchie et le spectacle attendent les essais officiels de Bahreïn puis le grand prix d’ouverture à Melbourne en mars, la FIA affiche une confiance sereine. Nikolas Tombazis, directeur des monoplaces à la FIA, explique cette assurance par un travail approfondi sur l’aérodynamique et la gestion énergétique, malgré les inquiétudes du paddock.
Ces réglementations radicales visent à attirer de nouveaux constructeurs comme Audi, tout en fidélisant Honda. Avec un split quasi égal entre puissance thermique et électrique, plus d’aérodynamique active et un mode d’attaque remplaçant le DRS, la Formule 1 mise sur des courses plus excitantes et durables, grâce à des carburants 100 % renouvelables dès l’Australie.

Les principaux changements des règles 2026
Les nouvelles règles marquent un tournant majeur, le plus important depuis des décennies. Les voitures seront plus petites et agiles : empattement réduit, largeur diminuée, pneus plus étroits, pour une limite de poids à 768 kg, soit 32 kg de moins. Cela promet moins de turbulence et une meilleure traçabilité dans les airs sales.
L’unité de puissance hybride évolue drastiquement. La partie électrique, via un MGU-K surpuissant à 350 kW (contre 120 kW auparavant), représentera près de 50 % de la puissance totale, avec un déclassement potentiel à mi-vitesse sur les lignes droites. L’aérodynamique active, avec des appendices mobiles, et le mode Overtake basé sur l’énergie remplacent le DRS pour favoriser les duels.
Nikolas Tombazis souligne l’approche intégrée : « Nous avons beaucoup travaillé sur l’aérodynamique pour que les voitures se suivent de plus près. Nous avons progressé avec les règles de 2022, et nous savons quoi améliorer. » Ces évolutions visent à contrer la convergence des performances vue en 2025, qui a transformé le championnat en duel de qualifications.[1]
Pour illustrer, imaginez un duel roue contre roue devenu un jeu d’échecs énergétiques : les pilotes videront leurs batteries plus vite en mode attaque, rendant les stratégies imprévisibles. Les essais de Barcelone, limités à des reportages sporadiques, ont déjà permis de tester ces concepts en conditions réelles.
La FIA met aussi l’accent sur la sécurité accrue et les carburants durables, alignés sur les objectifs environnementaux. Ces changements, bien que risqués, capitalisent sur la popularité croissante de la F1 auprès d’un public diversifié.
Les leviers de la FIA pour ajuster le spectacle
Face aux craintes de vitesses de fermeture élevées ou d’un mode Overtake inefficace, la FIA s’est dotée de multiples outils d’ajustement. Les zones d’Overtake pourront être modifiées, comme les zones DRS par le passé, avec un préavis aux équipes. Les paramètres de déploiement énergétique offrent une flexibilité importante, testable via simulations.
Tombazis précise : « Tout est nouveau, nous avons des scénarios pour réagir. Même si ce n’est pas parfait dès le premier jour, nous pourrons affiner. Nous voulons que l’overtaking reste un défi gagné sur la piste. » Les données des 11 monoplaces, encore imprécises, guideront les réglages post-Bahreïn.[1]
Un mécanisme clé est l’ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities), accordant du budget supplémentaire aux motoristes ICE défaillants de plus de 3 % par rapport au leader. Cela évite des déséquilibres durables, comme Red Bull l’interroge récemment.
L’exemple du porpoising en 2022 rassure : ignoré par les 800 aérodynamiciens, il a été maîtrisé avant Imola. La FIA collabore étroitement avec les équipes et dispose d’outils de simulation avancés pour anticiper les problèmes.
Malgré les controverses actuelles sur un possible trou dans les règles moteurs – notamment le ratio de compression contesté par Audi auprès de la FIA –, Tombazis assure une résolution rapide avant Melbourne.
La fermeté de la FIA sur le poids des voitures
La limite de 768 kg ne sera pas négociée, malgré les rumeurs de teams en difficulté. Une partie vient des dimensions réduites, mais la FIA impose de la discipline : « Nous ne toucherons pas au poids sur demande des équipes », insiste Tombazis. Les systèmes non essentiels, ajoutant du poids pour des gains minimes, devront être évalués consciemment.
Dans le passé, la flexibilité a fait grimper la complexité et le poids sur 20 ans. Aujourd’hui, des équipes sont même sous le seuil, prouvant la faisabilité. Les pilotes, unanimes, soutiennent une Formule 1 plus légère pour plus de maniabilité.
Tombazis vise plus loin : « Nous aimerions réduire davantage à l’avenir, c’est la première étape d’un régime pour la F1. » Des discussions explorent des V8 plus simples et abordables post-2026.
Cette rigueur différencie les performances dès 2026, favorisant l’innovation ciblée plutôt que l’accumulation.
Audi et l’arrivée de nouveaux constructeurs
L’attrait pour Audi, Cadillac, Ford et le retour de Honda valide déjà les règles. Sans elles, la grille risquait de stagner à deux motoristes. Audi, via Sauber, presse la FIA sur les moteurs pour un équilibre équitable, via l’ADUO et la résolution des failles potentielles.
Mattia Binotto, ex-Ferrari et responsable Audi F1, alerte sur les risques d’avantages injustes : la FIA promet des solutions « black and white » avant la saison.[2]
Ces motoristes diversifient la grille à 22 voitures, boostant la compétition. Les règles électriques puissantes et durables séduisent ces géants.
Pour la FIA, le succès passe par des courses excitantes, une sécurité accrue et l’innovation. Même si l’ajustement prendra du temps, la confiance règne.
En définitive, 2026 s’annonce comme un pari audacieux, mais les leviers de la FIA et l’engouement des constructeurs comme Audi laissent présager un spectacle renouvelé. Les premiers grands prix diront si cette nouvelle ère rebattue tient ses promesses, avec un œil sur les ajustements rapides promis. La Formule 1, plus verte et imprévisible, pourrait bien conquérir encore plus de fans.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.