Pourquoi Hyundai est confiant pour défier Toyota en WRC 2026

WRC

Après une saison 2024 où elle a frôlé un doublé pilotes et constructeurs, Hyundai a été largement surpassée par Toyota en WRC l’an dernier, ne remportant que deux rallyes (Grèce, Arabie Saoudite) contre douze pour son rival japonais.[1] Les difficultés de 2025 s’expliquent par plusieurs facteurs : un investissement massif dans la version « Evo » de l’i20 N, qui a progressé sur gravel rapide mais avec une fenêtre d’utilisation étroite, des problèmes sur asphalte et en conditions glissantes ou bosselées, le passage à un nouveau pneu Hankook, sans oublier la dispersion des ressources due au programme usine en WEC sous Genesis et le déménagement vers une nouvelle base à Offenbach, en Allemagne.

La saison passée a été chaotique aussi bien sur les spéciales qu’en coulisses pour Hyundai. Mais aujourd’hui, le constructeur coréen semble avoir corrigé ces faiblesses et aborde 2026 revigoré, avec le championnat débutant dès ce Rallye Monte-Carlo. « Je sens personnellement que l’équipe est dans une position beaucoup plus forte », déclare Andrew Wheatley, directeur sportif d’Hyundai.[1]

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Pourquoi Hyundai se sent plus fort

L’équipe a stabilisé ses opérations après le tumulte de 2025. Le déménagement à Offenbach est achevé, et les ressources ne sont plus autant étirées par le WEC. Cette sérénité interne nourrit une énergie positive, comme l’explique Wheatley : « Les gens dans l’équipe travaillent incroyablement dur, mais il y a un sentiment d’énergie positive autour de la manière dont on avance. »

Hyundai vise clairement les titres cette année. « Je pense qu’on peut définitivement défier, mais une mauvaise décision ici [à Monte-Carlo] a des conséquences en cascade », ajoute Wheatley. Le Rallye Monte-Carlo, avec son asphalte piégeux, n’est pas une loterie mais exige une exécution parfaite. L’équipe se sait compétitive, mais la régularité sera clé.

Les progrès concernent surtout la maîtrise de la voiture « Evo ». La stratégie de développement, pilotée par le directeur technique François-Xavier Demaison, a élargi la fenêtre d’utilisation, particulièrement sur asphalte. Hyundai a accumulé des données précieuses lors de 16 jours d’essais depuis la fin du Rallye d’Arabie Saoudite en novembre.

Ces tests n’ont pas seulement porté sur la Rally1 : les pilotes ont aussi roulé en Rally2 pour mieux apprivoiser le pneu Hankook, avec un œil sur les règlements 2027 plus proches du Rally2. Le changement de base d’essais permanente, de la Finlande (gravel) vers la France (gravel et asphalte), facilite les simulations variées, bénéfique pour le nouveau recrue Hayden Paddon.

« Les 16 jours d’essais sont bien répartis : du travail pur sur pneus en Rally2, et autant de kilomètres que possible en Rally1 », note Wheatley. « Tout le monde sait où il en est. Monte-Carlo sera dur, un degré d’air en plus change tout, mais on est prêts. »

Les améliorations techniques de l’i20 N Rally1

Hyundai a dépensé ses deux jokers d’homologation pour optimiser la voiture dans sa dernière année de développement Rally1. Le premier joker porte sur les rapports de boîte, adaptés à la perte d’hybride et au turbo restrictor plus petit – une mise à jour impossible en 2025 faute d’avoir priorisé l’« Evo ».

Le second joker cible la stabilité avant, rendant la voiture plus prévisible et moins nerveuse. Cela inclut des modifications suspension pour une meilleure tenue en conditions incertaines. « L’intention est de rendre la voiture plus prévisible dans une fenêtre plus large », précise Wheatley. « Les rapports aident quand les pilotes ne connaissent pas à 100 % la route, et les upgrades avant apportent plus de stabilité. »

Ces changements forment un package cohérent : suspension affinée, aérodynamique ajustée, et meilleure flexibilité globale. Pour plus de détails sur cette voiture rafraîchie pour 2026, Hyundai a testé intensivement.

  • Joker 1 : Rapports de boîte modifiés pour compenser les contraintes réglementaires.
  • Joker 2 : Stabilisation avant via suspension et pièces associées.
  • Tests : 16 jours, mix Rally1/Rally2, nouvelle base française.
  • Objectif : Élargir la fenêtre d’utilisation, surtout asphalte/bumpy.

Toyota, champion en titre, a aussi upgradé sa GR Yaris (suspension, aéro, aileron arrière), mais Hyundai mise sur sa compréhension accrue pour contrer cela. Ces évolutions visent la consistance, pas la puissance brute.

Les avis des pilotes sur le package 2026

Thierry Neuville, champion 2024, a peiné en 2025 avec l’« Evo » et les Hankook. Frustré, il note des progrès mais pas encore la confiance totale pour attaquer. « L’équipe a bossé sans relâche, impressionnant en tests et organisation. Mais performanciellement, on verra », dit-il. « Je manque encore de feeling pour attaquer, surtout ici. C’est trop inconstant, trop de surprises. »

Malgré cela, Neuville est optimiste : « Ce sera mieux qu’en 2025 en résultats et performance, mais retrouver ma confiance d’avant, je ne sais pas tout de suite. » Le Belge veut laisser 2025 derrière lui.

Son coéquipier Adrien Fourmaux, impressionnant en rookie 2025, est plus confiant. « On a beaucoup travaillé sur bumpy/tricky, améliorant le potentiel avant et le calmant. C’était plus facile à conduire dès les tests à Devoluy, parfait pour Monte-Carlo. »

Fourmaux souligne l’évolution positive en conditions piégeuses, clé pour l’ouverture du championnat. Ces retours contrastés montrent un package amélioré mais à valider sur le terrain.

Hyundai prête pour le test décisif de Monte-Carlo

Monte-Carlo, avec ses asphalte glissants et variables, sera le juge de paix idéal pour ces upgrades. Hyundai sait Toyota dominant, mais l’équipe croit en sa fenêtre élargie et sa préparation. Les 16 jours d’essais et la base française positionnent bien le squad.

Si les pilotes exploitent ces gains, un défi sérieux aux Japonais est possible. Wheatley insiste : « On connaît la perf de la voiture, c’est notre compréhension qui compte. » Pour 2026, dernière année Rally1 avant 2027, Hyundai veut briller.

L’enjeu est clair : transformer la confiance en podiums et points. Monte-Carlo dira si le comeback est lancé, avec un œil sur les titres.[1]

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.