Dans le paddock MotoGP, les relations entre équipes satellites d’un même constructeur peuvent vite tourner au vinaigre. Ducati joue depuis plusieurs années le rôle ingrat de médiateur entre VR46 et Gresini Racing, deux structures italiennes aux ego exacerbés. Les tensions ont récemment culminé avec le transfert imposé de Fermin Aldeguer vers VR46 en 2027, poussant Gresini à remettre en question son avenir avec le géant de Borgo Panigale.[1]
Malgré des discussions avec Honda et des relations tendues avec Aprilia, l’option Ducati reste la plus viable pour Nadia Padovani, qui dirige l’équipe depuis le décès de Fausto Gresini. Ce flirt avec le départ illustre les défis des équipes clientes face à un manufacturier dominant.

Les tensions chroniques entre Gresini et VR46
Ducati doit constamment arbitrer entre ses deux équipes satellites, un rôle épuisant pour les dirigeants. Un cadre supérieur de Borgo Panigale compare la situation à celle de « deux enfants qui se battent sans arrêt. C’est épuisant ». Les deux garages ne cachent pas leur animosité : « On ne s’entend pas du tout », disent-ils unanimement.[1]
Ces frictions remontent à plusieurs saisons, amplifiées par la rivalité entre Valentino Rossi, patron de VR46, et l’héritage Gresini. VR46 bénéficie désormais du statut d’équipe usine déclassée, hérité de Pramac passé chez Yamaha en 2025. Ce deal, pour 2025-2026 avec option 2027-2029 déjà activée, offre des avantages matériels supérieurs.
Gresini, de son côté, se sent lésé, surtout après le forcing sur Aldeguer. Les négociations pour le renouvellement du contrat Ducati, expirant fin 2026, ont été mises en doute par cet épisode.
Malgré tout, Ducati domine le MotoGP, et rompre serait risqué. Les tensions internes pourraient s’apaiser si les résultats suivent.
Le transfert controversé de Fermin Aldeguer
Fermin Aldeguer, rookie de l’année en 2025 chez Gresini aux côtés d’Alex Marquez, rejoint VR46 en 2027 malgré sa préférence pour rester. Ducati, via son contrat direct signé en Moto2 jusqu’en 2028, a imposé ce move, incluant une hausse de salaire et l’accès aux specs usine, au même titre que Marc Marquez et Pedro Acosta.[1][2]
Aldeguer visait l’usine Ducati avec Marc Marquez, mais a accepté le chemin tracé. Chez VR46, son coéquipier probable est Fabio Di Giannantonio, en forme, ou Nicolo Bulega, ex-academy VR46.
Ce départ prive Gresini de son joyau, victorieux en Indonésie avec trois podiums en 2025. Remplacer Aldeguer et Alex Marquez, parti chez KTM, s’annonce ardu.
Les nouvelles règles 2027, avec cylindrée à 850cc, uniformiseront les motos, rendant le développement clé. Aldeguer aura un avantage initial.
Les performances des équipes Ducati en 2024 et 2025
En 2024, les Marquez brothers chez Gresini ont éclipsé Di Giannantonio et Morbidelli de VR46 au championnat. L’année 2025 inverse la tendance : Alex Marquez vice-champion avec trois victoires et 12 podiums sur GP24, jugée plus équilibrée que la GP25 de ses rivaux.[1]
Di Giannantonio termine sixième (quatre podiums), Morbidelli septième (deux podiums), Aldeguer juste derrière avec sa victoire indonésienne.
Ces écarts soulignent les disparités malgré le matériel Ducati. VR46 peine en visibilité malgré son statut privilégié.
Gresini brille par ses Marquez, mais perd ses atouts pour 2027.
- Alex Marquez 2025 : 2e, 3 victoires, 12 podiums
- Fermin Aldeguer 2025 : 8e, 1 victoire, 3 podiums
- Fabio Di Giannantonio 2025 : 6e, 4 podiums
- Franco Morbidelli 2025 : 7e, 2 podiums
Les alternatives explorées par Gresini
Le départ d’Aldeguer a poussé Gresini vers d’autres constructeurs. Aprilia ? Relations glaciales depuis la rupture 2021. Honda ? Discussions évoquées, rappelant les podestes de Gibernau (2004) et Melandri (2005), mais rien de concret, peut-être tactique.[1][3]
Yamaha manque de compétitivité. Ducati s’impose comme choix logique. Des rumeurs persistent sur Honda lire ici, mais le renouvellement semble en voie.
Récemment, Gresini opte pour Ducati, visant Daniel Holgado (3e Moto2) et retour d’Enea Bastianini détails.[4]
Bastianini, lié à KTM, voudrait revenir où il a gagné en 2022.
L’avenir de Gresini Racing en 2027
Dani Holgado, en talks avec Yamaha mais optant pour Gresini, est la première recrue. Troisième en Moto2, l’Espagnol monte en GP avec les 850cc.
Pour le second siège, Bastianini en pole, si KTM lève son option. Autres pistes ouvertes.
Malgré le flirt avec le départ, Ducati reste pilier. Les règles 2027 égaliseront les chances, focalisant sur développement.
Gresini doit rebondir sans ses stars actuelles.
Ce choix renforce Ducati, mais expose les faiblesses des satellites. Pour 2027, Gresini parie sur jeunesse (Holgado) et expérience (Bastianini?), visant podiums en ère 850cc.
L’épisode illustre la domination Ducati : rester client est dur, mais partir plus encore. Gresini, résilient, se prépare à un nouveau chapitre compétitif.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.