Les débats autour des procédures de départ en Formule 1 ont animé les essais de pré-saison à Bahreïn, menant à l’introduction d’une routine pré-départ pour la saison 2026. Bien que cela ait apaisé certaines inquiétudes majeures au moment du feu vert, de nombreuses équipes poussent pour d’autres modifications. La suppression du MGU-H dans les nouvelles règles de groupe propulseur prive les moteurs turbo modernes d’un outil essentiel pour les départs.[1][2]
Sans ce système capable d’enrouler automatiquement le turbo, les pilotes doivent utiliser le moteur à combustion interne pour entraîner la turbine et générer le couple nécessaire à un bon envol. Ferrari, qui avait anticipé ces difficultés dès les débuts de son développement moteur, refuse de céder du terrain. L’équipe italienne estime que tous les constructeurs étaient au courant de ces défis dès le départ.[3]

Le contexte des nouveaux règlements 2026
La saison 2026 marque un tournant majeur en F1 avec l’arrivée de nouveaux châssis et groupes propulseurs. La suppression du MGU-H, qui récupérait l’énergie des gaz d’échappement pour maintenir le turbo à régime, complique les phases de départ. Les pilotes doivent désormais maintenir de hauts régimes au point mort pour spooler manuellement la turbine, un processus plus long et délicat.[4]
Cette évolution a été débattue lors des tests de Bahreïn, où des départs chaotiques ont été observés. L’introduction d’une routine pré-départ vise à standardiser la préparation, mais des équipes comme Mercedes appellent à plus de changements. Toute modification nécessite une supermajorité des équipes, bloquant ainsi les propositions isolées.[5]
Ferrari s’est préparée en optant pour un turbo plus petit dès le début. Cette décision sacrifie un peu de puissance maximale au profit d’une réponse plus rapide dans les bas régimes. Moins massif, ce turbo atteint vite sa vitesse optimale, offrant un avantage clair au feu vert.
Les incidents récents, comme en Australie où Liam Lawson a dû éviter Franco Colapinto parti au ralenti, ravivent les débats. À Shanghai, lors de la course sprint, Kimi Antonelli et Max Verstappen ont connu des départs lents sans causer de gros chaos. Ces exemples montrent que le problème principal reste les envois lents plutôt que les arrêts complets.
Malgré les plaintes, George Russell de Mercedes admet avoir trouvé des parades après Melbourne. Comme détaillé dans notre analyse sur les initiatives pour résoudre le problème de départ, la FIA observe mais attend un consensus.
L’avantage de Ferrari expliqué
Ferrari a cultivé un atout aux départs grâce à son choix de turbo compact. Contrairement aux rivaux privilégiant des turbines plus grandes pour la vitesse de pointe, Maranello mise sur une accélération immédiate. Cela compense l’absence du MGU-H mieux que d’autres motoristes.
Fred Vasseur, team principal, souligne que son équipe avait prédit ces soucis. Dans cet article sur sa surprise face aux plaintes, il rappelle que les constructeurs ont ignoré les alertes précoces. Résultat : Ferrari refuse toute modification qui éroderait son edge.
Les pilotes confirment cet avantage. Charles Leclerc note : « C’est un peu plus tricky d’être dans la fenêtre optimale avec ce moteur, mais plus de temps passera, plus d’équipes trouveront des solutions. » Lewis Hamilton ajoute que c’est plus excitant ainsi, et que Ferrari a pris les bonnes décisions dès le départ.
Pour illustrer, voici les changements clés des moteurs 2026 :
- Suppression du MGU-H.
- Puissance ICE et électrique équilibrées à ~500 ch chacune.
- Turbo dépendant uniquement des gaz d’échappement.
- Routine pré-départ imposée pour uniformiser.
Cet avantage profite aussi aux clients comme Haas. Mais les rivaux rattrapent leur retard, comme l’indique Russell après un meilleur départ à Shanghai.
Réactions des pilotes et enjeux de sécurité
Charles Leclerc et Lewis Hamilton balaient les critiques sur la dangerosité. Leclerc prédit une convergence rapide : « Quand les autres seront dans la bonne fenêtre, il n’y aura pas grande différence entre les voitures. » Hamilton insiste : « C’est plus excitant quand on ne part pas tous pareil, ce n’est pas dangereux. »
George Russell, après Melbourne, tempère : « On a trouvé des workarounds de mon côté. Les départs restent challengants, surtout sur pistes à faible adhérence. » Il pointe la complexité des switchs en tour de formation, sans crier au loup sécuritaire. Voir l’article complet sur Motorsport.com.
Les lenteurs en sprint Chine d’Antonelli et Verstappen rappellent des départs normaux en F1. Sans voitures immobiles, le risque reste gérable. La FIA pourrait imposer des changements sur base sécuritaire, contournant le vote.
Russell accuse même Ferrari d’égoïsme en bloquant les évolutions. Mais avec Ferrari inflexible, les plaintes pourraient s’estomper si les autres progressent.
Perspectives pour la saison
Ferrari tient bon, protégeant son avance précoce. Les tests Bahreïn et GP d’Australie valident leur approche. Si les dépassements restent durs avec les nouvelles autos, un bon départ pèsera lourd.
Les prochaines courses, comme Chine, testeront la convergence. D’autres équipes adaptent leurs moteurs ou stratégies. La FIA surveille, mais sans consensus, le statu quo prévaut.
Pour Ferrari, c’est un pari gagnant : anticiper plutôt que réagir. Cela pourrait définir le championnat 2026, où chaque mètre au départ comptera. Les tifosi espèrent que cet avantage lancera une saison dominante.[6]
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.