Pourquoi Ferrari doute que la modification des règles moteur freine Mercedes en F1 2026

Depuis le 1er juin, la FIA introduira de nouveaux tests pour les moteurs de Formule 1, visant à fermer la faille sur le ratio de compression exploitée par Mercedes. Cette équipe anglo-allemande a trouvé un moyen d’augmenter ce ratio une fois le moteur chaud, malgré la limite fixée à 16:1 pour les nouvelles unités de puissance 2026. Toto Wolff minimise l’avantage à 2-3 chevaux, mais Max Verstappen y voit bien plus.[1][2]

Ferrari, principal challenger de Mercedes après les deux premiers Grands Prix, reste sceptique. Le directeur d’équipe Fred Vasseur estime que ce tweak ne sera pas un « game changer ». Pour la Scuderia, l’opportunité réelle de combler l’écart viendra plutôt du mécanisme ADUO.

f1-engine-regulation-2026_0.jpg

Les nouveaux moteurs 2026 et la polémique du ratio de compression

Les unités de puissance 2026 marquent une révolution avec un ratio de compression réduit de 18:1 à 16:1, mesuré à température ambiante. Cela vise à réduire le turbo lag et favoriser l’arrivée de nouveaux constructeurs. Mercedes a toutefois contourné la règle en optimisant le ratio en conditions réelles de course.

La FIA répond par des tests à chaud dès juin, avec une tolérance mesurée à 130°C. Cette décision fait suite à des plaintes de rivaux comme Ferrari, Honda et Audi, qui craignaient un déséquilibre majeur.[3]

Wolff défend son approche, arguant qu’elle respecte l’esprit des règles. Verstappen, chez Red Bull, ironise en ajoutant « un zéro » aux 2-3 chevaux estimés. Alpine soutient même Mercedes, affirmant que les règlements sont « cristallins ».

Cette saga illustre les tensions pré-saison, avec des votes des constructeurs pour valider les changements. Red Bull Powertrains est aussi surveillé pour des astuces similaires.

Malgré cela, les essais montrent Mercedes en tête, au-delà du pur moteur selon certains observateurs.

La position de Ferrari : un tweak insuffisant

Fred Vasseur n’est « pas convaincu » que la nouvelle règle sur le ratio change la donne. « C’est plus l’introduction de l’ADUO qui sera une opportunité pour nous de fermer l’écart », déclare-t-il.

Pour Ferrari, le gap n’est pas seulement thermique. En qualifications, Mercedes mène de six dixièmes en moyenne. En course, la Scuderia se rapproche grâce au mode dépassement, mais peine sur les lignes droites.

À Shanghai, Ferrari combattait Mercedes en début de relais, restant dans la fenêtre d’un seconde pour l’overboost. Puis, l’écart s’établit à 4-5 dixièmes par tour après 10 tours.

Vasseur note des progrès : 8 dixièmes de retard à Melbourne, 6 vendredi, 4 samedi. « Step by step, nous comprenons et fermons l’écart. »

La Scuderia pousse sur tous les fronts, comme en témoigne le retour de son aile révolutionnaire « Macarena » au Japon.

Le mécanisme ADUO : clé pour les upgrades

L’ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities) évalue les moteurs après les 6e, 12e et 18e Grands Prix. Entre 2% et 4% de déficit : une upgrade supplémentaire. Au-delà de 4% : deux.

Initialement prévus après Miami (mai), Spa (juillet) et Singapour (octobre), les points d’évaluation changent suite à l’annulation des courses moyen-orientales d’avril. Nouveau calendrier :

  • Après Monaco (juin)
  • Zandvoort (août)
  • Mexico City (1er novembre)[4]

Ferrari vise ces fenêtres pour booster son ICE. Vasseur confirme : « Nous améliorerons après l’ADUO. »

Ce système prévient une domination prolongée, avec homologation des PU fixée au 1er mars 2026.

Les cinq fournisseurs (Mercedes, Ferrari, Red Bull-Ford, Honda, Audi) sont sous pression pour l’équité.

L’écart actuel et les classements

Au championnat constructeurs, Ferrari accuse 31 points de retard sur Mercedes, mais mène McLaren de 49 points. Haas, client Ferrari, suit à un point.

Les performances pures montrent Mercedes supérieure en qualif, Ferrari résiliente en rythme course. Vasseur pointe un déficit straight-line persistant.

Malgré Overtake Mode, Mercedes creuse l’écart dès un seconde de lead. Ferrari pousse plus tôt dans les stints.

Les progrès sont visibles, mais l’adversaire reste « loin ».

Pour plus sur les défis des PU 2026, voir cet explainer Autosport.

Au-delà du moteur : un package global à optimiser

Vasseur insiste : « Ce n’est pas juste la performance ICE pure. Il y a beaucoup en gestion d’énergie, châssis. Se focaliser sur un paramètre serait une erreur. »

Ferrari travaille aero, pneus, énergie. « Nous poussons comme des fous sur chaque domaine. »

Le package Mercedes excelle en tout, expliquant la hiérarchie précoce.

Historiquement, les saisons F1 évoluent vite, comme en 2022 avec Red Bull.

Ferrari, avec Hamilton et Leclerc, a les armes pour inverser la tendance.

Ce duel Ferrari-Mercedes définit la saison 2026. L’ADUO et les tweaks FIA offriront des opportunités, mais la Scuderia doit exceller partout pour renverser Mercedes. Reste à voir si Zandvoort ou Mexico scelle le comeback. Pour les fans, cette bataille moteurs et régulations promet du spectacle jusqu’à fin d’année.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.