Pourquoi Cadillac n'utilise pas autant de pièces Ferrari que possible en F1

F1

L’équipe Cadillac Formula 1, qui fera ses débuts en 2026 sous l’égide de General Motors, a choisi d’utiliser les moteurs Ferrari pour ses trois premières saisons. Ce partenariat client est une étape transitoire en attendant le développement de son propre groupe propulseur, prévu au plus tôt en 2029. Cependant, Cadillac se distingue en refusant d’acheter autant de composants Ferrari que les règlements le permettent, marquant ainsi sa volonté d’indépendance technique dès le départ.

Cette approche contraste avec d’autres équipes clientes de la Scuderia. Contrairement à Haas, qui maximise l’utilisation des pièces de Maranello, Cadillac mise sur un contrôle total de sa destinée. Pat Symonds, consultant ingénierie de l’équipe, a expliqué cette stratégie lors d’une récente intervention, soulignant l’importance de maîtriser la philosophie de conception de sa voiture.

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Cadillac, un client Ferrari atypique

Cadillac a opté pour les unités de puissance Ferrari pour 2026, 2027 et 2028, le temps que son projet moteur GM aboutisse. La boîte de vitesses provient également de Maranello, mais l’équipe s’arrête là. Elle développe en interne son propre porte-boîte, sa suspension arrière et d’autres éléments cruciaux.

Cette décision reflète une philosophie de “works team” dès l’entrée en lice. General Motors veut éviter de dépendre excessivement d’un fournisseur, même prestigieux. Dan Towriss, CEO de l’équipe, insiste sur le fait que chaque partie apporte sa propre propriété intellectuelle (IP).

Le projet moteur GM est décrit comme “en avance sur le calendrier”. Towriss a confirmé que le développement se poursuit indépendamment du partenariat Ferrari, avec un œil attentif sur l’évolution des règlements 2026 et au-delà.

Cette stratégie permet à Cadillac de bâtir une expertise maison. En concevant ses propres composants, l’équipe comprend mieux les interactions entre les pièces, un atout pour les évolutions futures.

Pour plus de détails sur cette indépendance technique, cet article en français éclaire les choix stratégiques.[1]

Comparaison avec le modèle Haas

Haas, dernière nouvelle équipe à rejoindre la grille avant Cadillac, a basé son modèle économique sur une utilisation maximale des pièces Ferrari. Outre le moteur et la boîte, la VF-26 intègre les suspensions avant/arrière, le volant et la direction conçus à Maranello.

Pat Symonds a fait allusion à Haas avec malice, soulignant que Cadillac refuse ce chemin. “Nous n’avons pas acheté tous les composants possibles”, a-t-il déclaré, préférant fabriquer son propre “back end”.

Cette différence est cruciale pour Cadillac. En tant que marque américaine emblématique, elle vise à être perçue comme une véritable équipe d’usine, pas un simple client. Haas, bien que américaine, est souvent critiquée pour sa dépendance excessive.

Les règlements F1 autorisent ces achats, mais Cadillac choisit l’autonomie pour progresser plus vite. Comprendre les nuances d’une conception maison accélère l’innovation.

  • Moteur et boîte : Ferrari pour tous.
  • Suspensions et direction : Haas prend Ferrari ; Cadillac fabrique les siennes.
  • Porte-boîte arrière : Cadillac interne.

Cette approche renforce la crédibilité de Cadillac auprès des rivaux établis.

Les explications de Pat Symonds

Pat Symonds, vétéran de la F1 et consultant chez Cadillac, est clair : “Nous croyons fermement que nous devons contrôler notre destinée, car nous sommes une équipe d’usine.” Il évoque l’importance de la philosophie de design.

“Nous avons pris le moteur et la boîte Ferrari, mais pas tout l’arrière comme certains”, ajoute-t-il. Cadillac a conçu son porte-boîte et sa suspension arrière pour maîtriser les subtilités.

Symonds insiste sur le progrès : “Il est difficile d’avancer sur la philosophie de quelqu’un d’autre sans en comprendre toutes les nuances.” Cette vision guide les choix techniques.

Récemment, lors d’essais avec Ferrari, Cadillac a participé à des sessions pour s’imprégner des systèmes, sans pour autant copier.[2]

Ses propos résonnent dans un contexte où Cadillac teste déjà son châssis prototype. L’équipe se prépare agressivement pour Melbourne 2026.

Le projet power unit GM pour 2029

General Motors développe son GM Performance Power Units pour 2029, en avance sur les prévisions. Towriss confirme : “Nous développons notre propre IP, nos propres moteurs.”

Ce programme reste séparé du partenariat Ferrari. Cadillac sera client jusqu’en 2028, puis passera en full works. Les règlements futurs sont surveillés de près.

La production est lancée, avec un objectif clair : rivaliser avec les meilleurs. Cela renforce l’identité américaine de l’équipe.

Des tests récents, comme celui avec Sergio Pérez sur un moteur Ferrari, montrent l’avancée. GM mise sur l’innovation pour 2029.

Plus d’infos sur cette transition.[3]

Perspectives pour Cadillac en F1

Cadillac entre en F1 avec Valtteri Bottas et Sergio Pérez, un duo expérimenté. Les premiers tours à Bahreïn ont validé les choix techniques.

L’équipe vise le respect des concurrents via des upgrades agressifs. Symonds parle d’un développement en saison dynamique.

À long terme, le passage à un moteur GM en 2029 pourrait transformer Cadillac en force majeure. Cette indépendance pose les bases d’un succès durable.

Les défis restent : s’intégrer à une grille compétitive, gérer les coûts. Mais l’approche choisie inspire confiance.

Cette stratégie positionne Cadillac comme l’équipe américaine authentique, loin du modèle Haas. L’avenir dira si elle paie, mais les bases sont solides.

En conclusion, Cadillac trace sa voie unique : client Ferrari par nécessité, indépendant par ambition. Avec un moteur maison en vue pour 2029, l’équipe General Motors promet de marquer la F1. Reste à voir les résultats sur piste dès 2026, où chaque décision technique comptera dans la course au titre.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.