Aston Martin traverse un début de saison 2026 en Formule 1 marqué par des problèmes techniques récurrents. L’équipe de Silverstone a accumulé les retards dès les essais hivernaux, avec un programme en soufflerie entamé quatre mois en retard au début de 2025. Lors du shakedown de Barcelone, elle n’a roulé qu’à partir du quatrième jour sur cinq, loguant les moins de kilomètres parmi les équipes présentes – Williams ayant boudé l’événement. Ces signes avant-coureurs se sont confirmés aux essais de Bahreïn, où les verts ont encore une fois été les moins productifs. [1] [2]
Malgré des attentes élevées – George Russell les voyait challenger le top quatre grâce à Adrian Newey et au partenariat Honda –, l’équipe lutte pour éviter la dernière place face à Cadillac. Le passage des moteurs Mercedes à ceux du constructeur japonais s’est révélé problématique, avec des vibrations excessives provoquant des pannes de batterie. À Melbourne, pour l’ouverture, Aston Martin n’avait plus de rechanges, limitant son programme. [3]

Un contexte de retards et d’attentes déçues
Les ennuis d’Aston Martin remontent à avant même la saison. Le retard en soufflerie a handicapé le développement de l’AMR26 dès le départ. À Barcelone, l’équipe a manqué les deux premiers jours du shakedown, se contentant d’une participation minimale. Ces lacunes en kilomètres ont pesé lourd aux essais de pré-saison à Bahreïn.
Lance Stroll a décrit un écart de quatre secondes avec les leaders après ces essais difficiles, soulignant un début difficile pour Aston Martin. L’équipe admet ne pas être au niveau des rivaux, malgré l’arrivée de Newey et le nouveau moteur Honda RA626H.
Les attentes étaient pourtant hautes. Russell, leader du championnat, voyait en Aston Martin un prétendant sérieux au top quatre. Le partenariat officiel avec Honda, après des années Mercedes, promettait une montée en puissance.
Mais la réalité a été cruelle. Les vibrations du moteur ont endommagé les batteries, laissant l’équipe sans rechanges pour l’Australie. Honda a admis des difficultés moteur, aggravant la situation. [4]
Les pannes liées aux vibrations Honda
Le talon d’Achille principal est l’unité de puissance Honda. Les vibrations excessives ont provoqué des défaillances répétées des batteries. À Melbourne, Aston Martin n’avait plus de pièces de rechange, limitant Stroll à 25 tours lors de la course – bien qu’il ait réalisé plus d’une moitié d’épreuve avant l’abandon. [3]
Ces problèmes ont commencé en essais, avec peu de kilomètres accumulés. Honda a progressé sur le plan systèmes, réduisant les vibrations, mais le confort des pilotes reste affecté. Shintaro Orihara, directeur général Honda, a déclaré : « Nous ne pouvons pas être satisfaits du double abandon en Chine aujourd’hui. Cependant, nous avons parcouru plus de kilomètres qu’à Melbourne, ce qui est encourageant. »
Mike Krack, désormais chief trackside officer, parle d’un « inconfort » nouveau à apprivoiser. L’équipe et Honda affichent un visage brave, focalisés sur les progrès incrémentaux.
Pourtant, les pilotes en souffrent. Alonso a abandonné à Shanghai après 32 tours, perdant toute sensation dans mains et pieds. Stroll n’a fait que 10 tours pour un souci de batterie présumé.
Performances en piste : Melbourne et Shanghai
À Melbourne, le week-end a été un calvaire. Seulement 54 tours sur les trois essais libres combinés, Stroll absent en qualifications. En course, un programme limité à 25 tours, mais Stroll a tenu plus longtemps que prévu.
À Shanghai, round 2, des signes encourageants : 38 tours en unique séance d’essais, similaire aux autres. L’équipe a bouclé le sprint (19 tours pour Alonso), mais double abandon en grand prix.
- Melbourne : 54 tours EL1-3, 0 en qualis pour Stroll, ~25 en course (Stroll).
- Shanghai : 38 tours EL1, sprint complété, Alonso 32 tours GP, Stroll 10 tours GP.
Ces chiffres, bien que modestes, montrent une progression. Krack note : « Quand je regarde, nous n’avons jamais fait autant de tours. »
Honda cible la fiabilité pour la Chine, avec des avancées sur les vibrations. [5]
Réactions des pilotes et de l’équipe
Fernando Alonso a pris la décision radicale à Shanghai : « J’ai commencé à perdre toute sensation dans les mains et les pieds à cause des vibrations. » Sans cela, il aurait pu continuer.
Stroll compare les vibrations à une « décharge électrique sur une chaise ». Krack relativise : « C’est un nouvel apprentissage. Si on se bat pour la victoire, c’est gérable. »
L’équipe met l’accent sur l’accumulation de données. Aston Martin et Newey semblent impuissants face aux difficultés Honda, mais chaque kilomètre révèle des bugs et des réglages à affiner.
Newey, en charge du design, vise une remontée rapide. Honda travaille sur le confort pilote, crucial pour Suzuka.
Ces retours positifs masquent la gravité : risque pour la santé des pilotes et battle pour éviter la cuillère de bois.
Perspectives pour le GP du Japon et au-delà
Dans deux semaines, le GP du Japon à Suzuka sera décisif. Améliorer le ressenti des pilotes est prioritaire, comme l’insiste Orihara : « C’est une zone clé à adresser. »
Chaque course apporte des leçons : énergie en solo ou en peloton, nouvelles gommes Pirelli, réglages réglementaires. Krack : « Il y a une énorme quantité de choses à apprendre. Si vous restez au garage, vous ne découvrez rien. »
Pour en savoir plus sur les contre-mesures Honda aux vibrations, les progrès sont en cours. L’équipe table sur les miles pour progresser.
Avec Newey et Honda, un redressement est possible. Mais sans fiabilité, la saison risque d’être longue.
Aston Martin mise sur la patience et l’apprentissage continu. Accumuler les kilomètres permettra d’identifier et corriger les faiblesses. Si les vibrations sont maîtrisées, les verts pourraient surprendre au Japon et viser le milieu de grille. La F1 2026 est encore jeune, et ce début difficile pourrait forger une équipe plus solide.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.