Mike Krack, le responsable de l’équipe Aston Martin, a reconnu que voir l’une de ses voitures franchir la ligne d’arrivée au Grand Prix du Japon n’est pas une raison de faire la fête. Pourtant, pour l’équipe de Formule 1 et son partenaire moteur Honda, ce résultat représente un pas en avant dans une saison marquée par des débuts catastrophiques. L’association Aston Martin-Honda a connu un lancement désastreux avec un moteur non compétitif et peu fiable, dont les vibrations affectent aussi le châssis et les pilotes.
Lors de la troisième manche de la nouvelle ère réglementaire 2026 à Suzuka, course à domicile pour Honda, il n’y a eu aucun miracle. Mais terminer la distance pour la première fois avec la AMR26 pilotée par Fernando Alonso est un marqueur important, malgré la retraite de Lance Stroll due à une fuite d’eau sur le moteur à combustion interne.

Un premier finish pour l’AMR26 à Suzuka
Fernando Alonso a bouclé l’intégralité du Grand Prix du Japon, un exploit modeste mais crucial pour Aston Martin. Parti depuis la 21e place, l’Espagnol a terminé 18e, lapped et loin du rythme de Sergio Perez chez le nouveau venu Cadillac. Cette performance souligne les progrès en fiabilité, après seulement six tours en Australie et des abandons en Chine.
Lance Stroll, son coéquipier, a dû abandonner à cause d’une fuite d’eau sur l’ICE, privant l’équipe d’un double finish tant espéré. Malgré cela, le weekend a permis la plus grande collecte de données à ce jour, avec des voitures préparées normalement entre les sessions. Krack insiste : « L’ambiance dans l’équipe n’est pas à la célébration, c’est clair. »
Les upgrades initiaux apportés par Aston n’ont pas suffi à combler l’écart. Tandis que les rivaux optimisent leurs packages de lancement, Aston reste en mode pompiers, perdant du terrain. Ce GP marque néanmoins une étape : des sessions complètes sans incidents majeurs.
Pour contextualiser, voici les abandons notables :
- Lance Stroll (Aston Martin) : fuite d’eau ICE
- Ollie Bearman (Haas) : DNF non spécifié[1]
Alonso a fourni des retours précieux, confirmant que la voiture a tenu la distance malgré les limites.
Les mots de Mike Krack : « Prendre le positif »
Mike Krack a tempéré les attentes post-course. « Quand on regarde en arrière, à Melbourne on parlait de faire six tours, à Shanghai on a géré deux sessions mais avec beaucoup de travail pour boucler toutes les sessions. Ici, ce n’était pas le cas », a-t-il expliqué. L’objectif modeste – finir avec les deux voitures – n’a été atteint qu’à moitié.
« C’est un petit pas sur une longue liste de petits pas à accomplir. Mais on ne peut pas se détruire en tant qu’équipe. Nous sommes en difficulté, il faut prendre le positif », ajoute-t-il. Ces paroles reflètent une résilience nécessaire face à la crise.
Krack pointe aussi le retard en performance : « Dès qu’on fixe la fiabilité, tout le monde se focalise sur les perfs. Et là, on a vu qu’il faut des grands pas, pas des petits comme en fiabilité. » La pause actuelle est vue comme une opportunité pour progresser.
Ses déclarations soulignent la collaboration avec Honda, qui pousse autant que possible. Pour plus sur les vibrations, lire l’analyse sur le rôle d’Aston Martin.
Les vibrations : un fléau persistant
Les vibrations du moteur Honda, ressenties au volant, ont forcé l’abandon d’Alonso en Chine. Un tweak testé vendredi à Suzuka semblait prometteur, mais « on n’a pas pu courir avec », selon Krack. L’équipe espère une solution définitive à Miami.
Ces vibrations impactent non seulement les pilotes mais aussi le châssis en aval. Honda, chez lui, admet ne pas pouvoir les résoudre seul et a besoin d’aide d’Aston. Des contre-mesures sont en cours, avec des progrès notés mais insuffisants.
La fiabilité globale reste un talon d’Achille : batterie en Chine pour Stroll, vibrations pour Alonso. À Suzuka, au moins une voiture a tenu, mais le chemin est long.
Principaux problèmes identifiés :
- Vibrations excessives au volant
- Fuites sur ICE (Stroll)
- Préparation sessions perfectible en début de saison
Honda travaille « à fond » pour des améliorations[2]
Déficit de performance : châssis et moteur en cause
Aston accuse un retard clair en performance pure. « Sur le châssis, soyons honnêtes, le déficit nous incombe en partie », avoue Krack. Faiblesse en virages rapides, pas à la limite de poids : des axes à travailler dur.
Le moteur Honda est peu puissant, confirmant les doutes post-pré-saison. Les données de Suzuka valident ce gap, avec Alonso loin de Perez. Les rivaux avancent pendant qu’Aston répare.
« Il y a une grosse montagne à gravir », résume Krack. Les upgrades à Miami viseront à réduire l’écart, sans illusion sur une remontée miracle.
Pour les notes des pilotes au GP du Japon, consultez les évaluations.
Vers Miami : cinq semaines décisives
La pause d’avril offre cinq semaines pour fiabiliser et booster les perfs. Pas de balle magique, car les concurrents upgraderont aussi à Miami début mai. Krack : « On ne fermera pas l’écart à Miami, mais on essaiera de le réduire. »
Honda pousse sur le moteur, Aston sur le châssis. L’intensité du calendrier complique les rattrapages. Objectif : steps concrets sans se voiler la face.
Alonso reste combatif, notant les infos précieuses du finish. Stroll, frustré, parle d’un « petit championnat Aston » entre eux.
Aston Martin doit transformer ces « petits pas » en bonds. Le duo Alonso-Stroll mérite mieux que des DNF précoces.
En conclusion, Suzuka n’est pas une victoire, mais un socle. Avec Honda, Aston peut rebondir si la collaboration paie. Miami dira si les positives se concrétisent, dans une F1 2026 impitoyable où chaque point compte pour le championnat. L’équipe silverstone vise les sommets, mais la route est sinueuse.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.