La saison 2025 a révélé un Alex Marquez transformé, évoluant dans l’ombre de son frère aîné pour devenir finalement le vice-champion du monde MotoGP le plus méritant des dernières années. Sa progression fulgurante, combinant régularité exceptionnelle et premières victoires en catégorie reine, a convaincu Ducati de lui accorder pour 2026 uneDesGP26 d’usine, faisant de lui le quatrième pilote officiel de la marque italienne aux côtés de Marc Marquez, Francesco Bagnaia et Fabio Di Giannantonio.
Cette décision, officialisée en septembre 2025, reconnaît non seulement des performances statistiques impressionnantes — douze podiums en Grands Prix, quinze en courses sprint et six victoires au total — mais aussi une maturité technique et mentale qui place désormais Alex Marquez parmi les véritables prétendants au titre mondial. Après des années difficiles chez Honda où sa confiance s’était érodée, le cadet de la fratrie Marquez a rebâti sa carrière chez Gresini, transformant une opportunité sur une machine d’occasion en une démonstration éclatante de talent.

La saison 2025 qui a tout changé pour Alex Marquez
D’un pilote satellite au vice-champion du monde
Le parcours d’Alex Marquez en 2025 mérite d’être examiné de près pour comprendre la justesse de la décision Ducati. Jamais classé plus haut que huitième auparavant en MotoGP, le pilote espagnol a effectué un bond qualitativement spectaculaire. Dès les premières courses, il a enchaîné trois deuxièmes places consécutives en Thaïlande, Argentine et États-Unis, imposant un rythme qui interrogeait déjà sur ses ambitions réelles.
Sa première victoire en catégorie reine, obtenue lors du Grand Prix d’Espagne — la cinquième manche du calendrier —a marqué un tournant décisif. Non content de s’imposer devant les favoris, Alex Marquez a pris la tête du championnat mondial à ce moment précis, ne devançant son frère Marc que d’un point. Cette performance symbolique a démontré qu’il ne se contentait plus de suivre; il menait désormais la danse. Cette première victoire fut suivie de succès à Barcelone et en Malaisie, ponctuant une année où il n’a cessé de progresser sur des circuits qui lui posaient problème par le passé.
La régularité comme signature de la saison
Si les victoires marquent les esprits, la régularité façonne les championnats. Alex Marquez a brillé par sa capacité à engranger des points sur chaque weekend, même face à l’adversité. Après une collision avec Pedro Acosta à Assen qui lui a valu une blessure à la main, puis une chute à Brno, il a connu ses deux pires résultats de la saison en Autriche et en Hongrie. Pourtant, il n’a jamais perdu sa deuxième place au classement général.
Cette résilience a convaincu Gigi Dall’Igna, directeur de la course Ducati, qui a écrit dans son bilan annuel : « Alex Marquez a enregistré une évolution importante qui l’a placé parmi les protagonistes absolus, méritant sans aucun doute la moto officielle pour la saison prochaine ». Le même motard qui, il y a encore deux ans, semblait perdu dans la catégorie reine, est devenu l’un des rares pilotes capables de battre Marc Marquez sur piste, comme il le rappelle lui-même avec fierté : « Il met la barre très haut mais je suis fier qu’on ait été les seuls à le battre en piste. »
Une progression technique évidente sur la Ducati GP24
Maîtrise d’une machine non officielle
L’argument le plus persistant en faveur d’Alex Marquez réside dans le fait qu’il a réalisé l’ensemble de ces performances sur une Ducati GP24, une machine vieille d’une année comparée aux GP25 officielles de Bagnaia et Marc Marquez. Le contrat liant Gresini à Ducati ne prévoyait aucune mise à jour spécifique ; comme le rappelait Alex lui-même tout au long de la saison : « Si une mise à jour pour la moto 2024 arrive, elle viendra pour tout le monde en même temps ». Hormis un léger ajustement très tardif dans la saison, ces améliorations promises ne sont jamais venues.
Pourtant, le pilote a réussi à tirer le meilleur de son équipement. Il a développé une compréhension technique si fine qu’il a su adapter son style de pilotage aux circuits où il peinait traditionnellement. « Ce qu’on a le plus amélioré depuis le début de la saison, c’est que sur les pistes sur lesquelles j’avais une baisse de forme à mi-championnat, sur lesquelles j’avais des soucis, on est rapidement », explique-t-il. Cette capacité d’adaptation témoigne d’une maturité technique rare, précisément ce que Ducati recherche chez ses pilotes d’usine.
Un parcours de reconstruction après l’épreuve Honda
Pour comprendre toute l’ampleur de la performance 2025 d’Alex Marquez, il faut revenir sur ses années précédentes. Après des titres mondiaux en Moto3 (2014) et Moto2 (2019), sa promotion chez Honda en MotoGP s’est transformée en épreuve du feu. La confiance gagnée dans les petites catégories s’est rapidement émoussée face à une RC213V exigeante qui ne répondait pas à ses attentes. « Pour moi, les années précédentes, mes années compliquées chez Honda, ont été very importantes », reconnaît-il aujourd’hui avec le recul.
L’opportunité offerte par Gresini en 2024 sur une Ducati d’occasion a représenté une seconde chance qu’il ne fallait pas gâcher. Il a mis deux saisons pour reconstruire sa confiance, apprendre la moto italienne et développer une méthode de travail rigoureuse. Sa saison 2025 n’est donc pas une simple éclaircie, mais la récompense d’un long processus de reconstruction mentale et technique. Cette persévérance constitue un argument supplémentaire pour Ducati : investir dans un pilote qui sait surmonter l’adversité offre des garanties pour l’avenir.
La décision Ducati et l’opportunité 2026
Un quatrième pilote officiel inédit
La décision de fournir une GP26 d’usine à Alex Marquez pour 2026 est historique. Ducati n’a jamais aligné quatre motos officielles simultanément. Cette opportunité s’est présentée lorsque l’équipe VR46, qui avait la priorité pour une deuxième GP26, a décliné l’offre en raison des coûts élevés et des performances inconstantes de Franco Morbidelli. Plutôt que de se reposer sur ses lauriers avec trois pilotes officiels, Ducati a saisi cette chance pour récompenser le travail d’Alex.
L’accord trouvé entre Ducati et Gresini repose sur une augmentation de la contribution financière de l’équipe satellite pour sécuriser la machine d’usine. Cette solution permet à Ducati de conserver sa philosophie de compétition tout en reconnaissant méritoirement un pilote qui a dépassé toutes les attentes. Les sources internes à Ducati précisent : « En ce qui concerne le statut de pilote, ça ne changera pas grand-chose. Alex restera un pilote sous contrat avec une équipe privée, Gresini, mais il aura une moto et un équipement identiques aux pilotes d’usine. »*
Une pression assumée pour viser plus haut
Alex Marquez sait que 2026 sera une saison de confirmation sous haute pression. Il accepte cette nouvelle responsabilité avec sérénité, contrastant avec sa réaction aux projecteurs il y a quelques années. « J’aime l’idée que les gens me citent en référence pour 2026 et parmi les prétendants au titre, c’est ce qu’on mérite par rapport à la saison 2025 qu’on a faite », déclare-t-il. Cette acceptation de la pression démontre une évolution mentale majeure.
Lui-même reconnaît que ses attentes ont changé au fil des mois : « Au début de l’année, j’étais super content d’être sur le podium, et maintenant si je termine deuxième ou troisième, je suis content mais ça n’est plus comme au début de la saison. » Cette exigence croissante envers lui-même prouve qu’il est prêt pour le niveau supérieur. Pourtant, il garde les pieds sur terre : « Je signerais pour réitérer la même saison en 2026. Les points qu’on a marqués cette année, c’est quelque chose d’incroyable. »*
L’impact sur l’équilibre des forces en MotoGP
Un duo Marquez chez Ducati, mais séparé
La perspective de voir les deux frères Marquez réunis au sein de l’équipe officielle Ducati en 2027 fascine les observateurs, mais la marque italienne tempère les espoirs. Sa philosophie privilégie la compétition féroce entre coéquipiers plutôt que la constitution de duos familiaux. Marc Marquez lui-même relativise l’idée : « Bien sûr j’aimerais ça, mais ce n’est pas la priorité. Je dois voir ce qui est le mieux pour moi sportivement et ce qui est le mieux pour Alex. »
Le champion du monde en titre ajoute : « Je suis le champion et Alex est le vice-champion, donc il aura aussi plus d’une offre, et puis chacun de nous devra considérer les choses de manière égoïste. Si on peut coïncider, je serais ravi. Qui pourrait être un meilleur coéquipier que votre frère ? Mais je vois ça comme difficile. » Cette situation crée un équilibre unique au sein du paddock : deux frères au sommet, sur des machines identiques, mais dans des équipes distinctes, amplifiant à la fois la rivalité saine et la compétition interne chez Ducati.
Un message fort aux autres constructeurs
En offrant une moto d’usine à Alex Marquez, Ducati envoie un signal clair : la méritocratie prime sur les statuts contractuels. Alors que certains pilotes d’autress marques peinent à obtenir du matériel compétitif malgré des résultats honorables, Ducati récompense une saison exceptionnelle même si elle vient d’un pilote satellite. Cette stratégie renforce l’attractivité de la marque italienne pour les talents émergents et consolide sa dominance technique en s’assurant que ses meilleures machines soient entre les mains des meilleurs pilotes disponibles, quelle que soit leur équipe d’attache.
Pour le reste du plateau, le message est sans ambiguïté : la barre est placée très haut. Bagnaia, déjà en difficile face à Marc Marquez en 2025, devra maintenant aussi surveiller Alex sur une machine identique. Les équipes satellites quant à elles voient une nouvelle façon d’envisager leur relation avec le constructeur : l’excellence technique peut rapporter des droits jusqu’alors réservés aux équipes d’usine.
Les chiffres qui parlent : une saison 2025 exceptionnelle
Les statistiques irréfutables
Pourquoi Alex Marquez mérite la moto d’usine Ducati en 2026 ? Les chiffres répondent clairement à cette question. Au-delà de son titre de vice-champion du monde, ses performances chiffrées impressionnent par leur densité : douze podiums en Grands Prix, quinze en courses sprint, et six victoires au total sur la saison. Cette régularité à marquer des points place son année 2025 parmi les meilleures jamais réalisées par un pilote sur une machine non officielle.
Sa capacité à rester dans le top 5 tout au long de l’année, même lors des périodes difficiles post-blessure, démontre une gestion de championnat digne des meilleurs. Alors que certains pilotes d’usine ont montré des variations de forme importantes, Alex Marquez a maintenu un niveau d’excellence constant, s’affirmant comme le principal challenger de son frère dans une finale de championnat historique entre deux Marquez.
L’importance de la confirmation en MotoGP
Alex Marquez lui-même soulève un point essentiel sur la perception de ses performances : « Pour les gens, c’est plus important, mais pas pour moi, les deux sont plus ou moins au même niveau. Mais il est vrai que quand on est aux avant-postes en MotoGP, on confirme qu’on a du talent. » Cette lucidité explique pourquoi cette saison compte double aux yeux de Ducati. En MotoGP, la catégorie reine du sport motocycliste, affirmer sa place parmi les leaders valide définitivement le potentiel déjà montré en Moto3 et Moto2.
Sa capacité à extraire le potentiel d’une machine inférieure sur le papier tout en battant des pilotes sur du matériel neuf a convaincu les ingénieurs Ducati de sa compréhension technique. Un pilote qui sait exprimer clairement ses besoins et maximiser une moto non optimale est précieux pour le développement futur de la GP26.
Conclusion
La décision de Ducati d’offrir une moto d’usine à Alex Marquez pour 2026 repose sur une évidence sportive : le mérite doit primer sur le statut contractuel. Chaque aspect de sa saison 2025 — des statistiques impressionnantes à la gestion des adversités, en passant par la reconstruction de sa confiance et l’acception de la pression — démontre que ce pilote est prêt pour le niveau supérieur.
En faisant d’Alex Marquez le quatrième pilote officiel sur GP26, Ducati non seulement récompense un travail exceptionnel, mais elle optimise aussi ses chances de conserver le titre en 2026 en plaçant ses meilleures machines entre les mains des quatre pilotes les plus compétitifs du moment. Pour Alex, c’est la récompense d’un long parcours difficile et le début d’une nouvelle ère où il ne sera plus considéré comme le « petit frère de », mais comme un prétendant légitime au trône mondial. La saison prochaine, avec une moto identique à celle de Marc et de Bagnaia, il n’aura plus aucune excuse — et c’est précisément ce qu’il attend pour prouver qu’il mérite pleinement cette confiance.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.