Pole position Verstappen GP d’Abu Dhabi 2025 : analyse McLaren, Norris et Piastri
Le dernier acte de la saison 2025 de Formule 1 s’annonce d’une intensité exceptionnelle. Sous les projecteurs du Yas Marina Circuit, Max Verstappen a signé une pole position autoritaire qui redonne un soupçon d’espoir à ses ambitions d’un cinquième titre consécutif. Devant Lando Norris et Oscar Piastri, les deux pilotes McLaren engagés dans une lutte fratricide pour la couronne, le Néerlandais a réalisé un tour parfait en 1’22”207. Une performance qui met la pression sur l’équipe papaye, désormais contrainte de gérer une situation stratégiquement délicate avec ses deux prétendants au championnat sur les deux premières lignes de la grille.
Cette qualification révèle les enjeux multiples de ce week-end décisif. Alors que la statistique est implacable – le poleman s’est imposé lors des dix dernières éditions à Abou Dhabi – les McLaren disposent d’un atout majeur : la quantité. Deux voitures pour défendre un avantage de 12 points (N Norris) et 16 points (Piastri) au classement. Une situation qui place Andrea Stella et ses stratèges au cœur d’un dilemme cornélien : privilégier le titre de Norris ou laisser Piastri jouer sa chance ?

Les qualifications décryptées : domination implacable de Verstappen
Q1 et Q2 : les premiers signaux d’une soirée spéciale
Les températures de 25°C dans l’air et 29°C sur la piste ont créé des conditions optimales pour les qualifications nocturnes. Dès les premiers tours chronométrés, les écarts se sont révélés infimes, avec dix-huit voitures regroupées en moins de sept dixièmes en Q1. Max Verstappen a progressivement construit sa domination, alternant entre pneus usés et neufs avec une maîtrise impressionnante. Oscar Piastri s’est distingué en Q1 avec un excellent temps en 1’22”605, tandis que Lando Norris semblait moins à l’aise, à plus de six dixièmes de son coéquipier.
En Q2, George Russell a temporairement pris les commandes avec un 1’22”730, mais Verstappen est repassé devant malgré des gommes usées. Les McLaren ont montré de la constance, Piastri en quatrième et Norris en deuxième position. Les écarts restaient microscopiques : le quinzième et le huitième pilote étaient séparés par moins d’un dixième, témoignant du niveau exceptionnel de la grille 2025.
Q3 : le coup de maître final
Le dénouement est venu dans ces dernières minutes décisives. Max Verstappen a d’abord signé un tour remarquable en 1’22”295, aidé par une aspiration de son coéquipier. Les McLaren, en pneus usés, ont tenté de répondre mais se sont installés en deuxième et troisième position. Lors de la dernière tentative, le Néerlandais a encore amélioré son propre chrono, descendant à 1’22”207 et scellant une pole position autoritaire.
Lando Norris a terminé à deux dixièmes, Oscar Piastri à trois dixièmes. George Russell a failli rejoindre le trio de tête mais a perdu du temps à la sortie du dernier virage, se classant quatrième. Une performance qui aurait pu changer la donne stratégique pour McLaren, qui aurait préféré voir une Mercedes venir s’intercaler entre ses deux pilotes.
Analyse McLaren : entre triomphe et inquiétude
Les forces du week-end papaye
Les McLaren MCL39 se sont montrées ultra-compétitives tout au long du week-end. Lando Norris a dominé les essais libres, et le duo a su extraire le maximum de la voiture en qualification. Andrea Stella, le directeur de l’équipe, s’est montré satisfait : “Je pense qu’Oscar et Lando ont réussi à extraire tout ce qui était disponible dans la voiture. Le titre reste entre nos mains, mais nous devrons faire le job dimanche.”
Les points positifs pour McLaren sont nombreux :
- Un tir groupé en tête de grille avec les positions 2 et 3
- Deux pilotes en lice pour le titre, créant une redondance stratégique
- Une voiture performante sur les longs relais selon les données d’essais
- La capacité à jouer la carte de l’équipe contre un Verstappen isolé
La pression montante sur Norris
Lando Norris, leader du championnat avec 12 points d’avance, a assumé sa déception tout en maintenant le cap. “Nous avons fait tout ce que nous pouvions. Mon tour était plutôt bon, j’étais assez satisfait. Nous n’étions tout simplement pas assez rapides, et nous allons essayer d’inverser la tendance en course”, a-t-il déclaré. Le Britannique sait qu’un podium suffirait à couronner sa saison, mais il ne veut pas se contenter d’une gestion conservatrice.
La pression psychologique est immense. Nico Rosberg, consultant et champion du monde 2016, a salué son travail : “La pression a dû être insensée, mais il a fait un travail incroyable.” Pourtant, la statistique du poleman invaincu depuis dix ans pèse lourd. Norris devra également gérer la présence de son coéquipier en troisième position, potentiellement plus ambitieux que son rôle d’appoint ne le permettrait.
Piastri : l’outsider aux portes du rêve
Une situation paradoxale
Oscar Piastri se retrouve dans une position fascinante. Troisième du championnat à 16 points de Norris, il reste mathématiquement en lice. Son excellente qualification – à seulement trois dixièmes de Verstappen – démontre qu’il a la vitesse pour jouer les trouble-fête. “Les choses se sont plutôt bien passées, mon tour en Q1 était bon et j’étais content d’enfin trouver du rythme”, a commenté l’Australien.
L’histoire pourrait se répéter : en 2010, Sebastian Vettel était troisième à 15 points de Fernando Alonso avant la dernière course. Il avait décroché la pole et remporté le titre. Piastri n’a pas la pole, mais il a la vitesse pure et la possibilité de créer le chaos dont il a besoin.
Le dilemme des “papaya rules”
La question brûlante concerne les consignes d’équipe. Zak Brown, le big boss de McLaren, a enterré les règles papaye traditionnelles pour ce week-end. Andrea Stella reste évasif : “Ce sera une course complexe, mais une course où nous devrons faire le meilleur travail possible pour permettre à Lando et Oscar d’avoir leurs chances.”
Les scénarios possibles pour Piastri :
- Jouer le rôle de garde du corps pour protéger Norris des menaces Russell et Leclerc
- Être laissé libre de tenter l’exploit, au risque de mettre en danger le titre de l’équipe
- Servir d’appât stratégique pour contraindre Verstappen à une gestion de course défensive
Les enjeux stratégiques du dimanche
La course parfaite de Verstappen
Max Verstappen n’a plus les cartes en main, mais il garde un moral d’acier. “La seule chose qu’on peut contrôler, c’est de maximiser tout ce qu’on a sur la voiture. Il faudra un peu de chance”, a-t-il reconnu. Son plan est simple : gagner la course et espérer un incident impliquant Norris.
Pour y parvenir, il devra :
- Imposer un rythme infernal dès le départ pour éviter toute bataille en première ligne
- Profiter de l’avantage du pneu medium si McLaren opte pour une stratégie plus défensive
- Espérer que Russell ou Leclerc puis menacer Norris en début de course
- Compt sur une erreur de son rival sous pression
La gestion McLaren
McLaren détient la clé du championnat avec deux voitures en lice. Leur avantage numérique leur permet de :
- Utiliser Piastri comme écran contre les attaques externes
- Opter pour des stratégies divergentes pour couvrir tous les scénarios
- Forcer Verstappen à défendre plutôt qu’attaquer
- Assurer une redondance si l’une des voitures rencontre un problème
Leur principal risque réside dans une collision entre les deux coéquipiers, qui aurait des conséquences catastrophiques. Leur gestion du départ sera cruciale : Norris doit absolument conserver sa deuxième place face à Piastri, sans pour autant céder l’aspiration à Verstappen.
Ce que signifie cette pole pour le championnat
La pole position de Verstappen redonne un soupçon de suspense à un championnat que Norris semblait avoir en main. Les bookmakers ont rééquilibré leurs cotes, mais le favori reste le Britannique de McLaren. Pour gagner, il lui suffit de finir troisième, même si Verstappen l’emporte.
Cependant, la Formule 1 a prouvé que les statistiques sont faites pour être brisées. La pression sur les épaules de Norris, la soif de revanche de Verstappen, l’audace de Piastri et la capacité de McLaren à gérer une situation inédite créent un cocktail explosif. Andrea Stella le résume parfaitement : “Le titre reste entre nos mains, mais nous devrons faire le job dimanche.”
Dimanche soir, soit McLaren célèbrera un doublé historique avec un nouveau champion du monde, soit Verstappen réaliserait l’exploit inespéré d’un cinquième titre consécutif volé sur le fil. Une chose est certaine : la course s’annonce légendaire.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.