Pénalité Fourmaux qui place Sesks en tête au rallye WRC Arabie Saoudite : un retournement de situation spectaculaire
Le rallye d’Arabie Saoudite, dernière manche du championnat du monde WRC 2025, a offert un rebondissement inattendu ce vendredi soir. Adrien Fourmaux, qui semblait filer vers sa première victoire en WRC, a été frappé par une pénalité d’une minute pour pointage anticipé dans la zone technique. Cette sanction a instantanément renversé la hiérarchie et propulsé le Letton Martins Sesks en position de leader avant le “Super Saturday”.
Cette décision des commissaires sportifs intervient au terme d’une journée déjà marquée par le chaos. Les crevaisons se sont multipliées sur les épreuves spéciales, transformant le classement en véritable roller-coaster. Le pilote français, pourtant auteur d’une performance solide à bord de sa Hyundai i20 N Rally1, paie cash une erreur administrative qui pourrait lui coûter cher dans sa quête d’une première victoire au plus haut niveau.

Les circonstances de la pénalité qui coûte la tête à Fourmaux
L’erreur est survenue lors du pointage de contrôle TC14A, le dernier avant la zone technique du soir. Adrien Fourmaux et son copilote Alexandre Coria sont arrivés avec une minute d’avance, une infraction au règlement qui entraîne automatiquement une sanction de 60 secondes. Dans un sport où les marges se comptent souvent en dixièmes de seconde, cette pénalité représente une éternité.
Les conséquences sont immédiates et spectaculaires. Le pilote M-Sport, qui pointait à quelques secondes seulement de la tête, voit ses efforts de la journée partiellement anéillis. Le classement se recompose en sa défaveur : Sesks hérite de la première place, suivi de Thierry Neuville et Takamoto Katsuta. Fourmaux chute brutalement à la quatrième position, à 57,6 secondes du nouveau leader.
Cette sanction soulève des questions sur la gestion du timing par l’équipage. Dans la précipitation d’une journée marathon, où les crevaisons et les incidents se multiplient, la maîtrise des horaires reste pourtant un fondamental du rallye. L’expérience d’Alexandre Coria, copilote chevronné, rend cette erreur d’autant plus surprenante.
Le chaos des crevaisons perturbe le déroulement de la journée
La spéciale 13 avait déjà semé le trouble avec de nombreuses crevaisons. Mais la 14e spéciale, dernière de la journée, a vu la situation dégénérer pour de nombreux prétendants. Les rochers dissimulés sur le parcours ont transformé cette épreuve en véritable champ de mines, où la moindre erreur de trajectoire se payait au prix fort.
Martins Sesks a été l’une des premières victimes, crevant à mi-parcours et terminant l’épreuve au ralenti. Pour le pilote letton, cette crevaison aurait pu coûter cher, mais la pénalité de Fourmaux a finalement joué en sa faveur. Il conserve ainsi la tête du général avec seulement trois petites secondes d’avance sur Thierry Neuville.
Adrien Fourmaux et Sébastien Ogier ont également été touchés, mais heureusement dans les derniers kilomètres de la spéciale. Leur crevaison leur a coûté une vingtaine de secondes, un malus considérable mais limité par leur proximité de l’arrivée. Fourmaux, qui hésitait à s’arrêter, a finalement décidé de poursuivre les 2 kilomètres restants avec sa roue endommagée, un choix stratégique qui s’est avéré payant avant la pénalité.
Les implications pour le championnat du monde
Le rebondissement profite principalement à Thierry Neuville, qui grimpe sur la deuxième marche du podium provisoire. Le Belge, toujours en lice pour le titre mondial, se retrouve à seulement 3,4 secondes du leader Sesks. Takamoto Katsuta complète le podium provisoire à 41,5 secondes, tandis que la pénalité place Fourmaux en quatrième position.
Du côté des principaux candidats au titre, Sébastien Ogier occupe la sixième place à 1 minute et 12,8 secondes du leader. Malgré cette distance, le Français reste en position favorable pour décrocher son neuvième titre mondial. Dans la configuration actuelle, il l’emporterait par un point seul sur Elfyn Evans, sans compter les points bonus du Super Saturday et de la Power Stage finale. Son coéquipier chez Toyota, Kalle Rovanperä, se classe cinquième à 1 minute et 12,6 secondes.
Cette situation crée un scénario complexe pour la dernière journée. Les pilotes Toyota doivent à la fois surveiller leurs rivaux directs pour le championnat et gérer la menace posée par les leaders du rallye. Le Super Saturday, avec ses points supplémentaires, prend une importance capitale dans cette équation.
Le super samedi s’annonce décisif pour l’issue du rallye
La dernière journée de compétition se déroulera sur trois spéciales samedi matin, avec une configuration unique en WRC. Le “Super Saturday” offrira des points supplémentaires pour les positions au classement de cette journée exclusive, créant une opportunité pour les pilotes de revenir dans la course ou de consolider leur avance.
Pour Martins Sesks, leader inattendu, l’enjeu est de confirmer sa position et de décrocher une victoire qui constituerait un exploit majeur pour le pilote M-Sport. Le jeune Letton devra gérer la pression de devant avec prudence, sachant que Thierry Neuville le talonne de près et qu’Adrien Fourmaux, désormais libéré de la pression du leadership, pourrait attaquer sans retenue.
La Power Stage finale offrira des points bonus cruciaux pour le championnat et pourrait décider du titre mondial. Sébastien Ogier et Kalle Rovanperä devront tout donner pour maximiser leur récolte de points, tout en surveillant les positions d’Elfyn Evans, actuellement huitième à plus de trois minutes du leader.
Le départ en première position sur la route samedi donnera un avantage certain à Sesks, qui évoluera sur un parcours moins dégradé que ses poursuivants. Cette position privilégiée pourrait s’avérer décisive sur des spéciales où les pierres et les pièges restent omniprésents.
Le rebondissement de vendredi soir rappelle que le rallye se gagne aussi hors des spéciales. La maîtrise des temps de parcours, la gestion des horaires et la rigueur administrative sont des composantes essentielles de la victoire finale. Pour Adrien Fourmaux, cette pénalité constitue une amère leçon, mais le rallye n’est pas terminé et la lutte pour les points du Super Saturday pourrait encore modifier les positions. La tension sera à son comble samedi matin dans le désert saoudien, où le prochain champion du monde des pilotes sera couronné.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.