Pedro Acosta : une année 2025 perdue en MotoGP sans première victoire
La saison 2025 de MotoGP a tiré sa révérence sur le circuit de Valence, laissant derrière elle des souvenirs contrastés pour Pedro Acosta. Malgré une année marquée par une régularité impressionnante et des performances qui ont fait de lui l’un des rookies les plus prometteurs de l’histoire, l’Espagnol n’a pas décroché la première victoire tant espérée. Son bilan, aussi franc que décevant, résume parfaitement sa saison : “C’est comme une année perdue dans ma vie, voilà ce que c’est.”

Une saison de constance mais sans podium ultime
Pedro Acosta a traversé l’année 2025 avec une maturité surprenante pour un pilote de seulement 20 ans. Chaque week-end, il a livré des performances solides, se maintenant régulièrement dans le top 5. Cette constance lui a permis de terminer à la quatrième place du championnat, un résultat honorable pour une première saison complète en catégorie reine.
Cependant, cette régularité cache une frustration profonde. Le pilote Red Bull KTM a touché à plusieurs reprises les barres transversales, comme il le dit lui-même, sans jamais voir le ballon rentrer au fond. Les opportunités de victoire se sont présentées, notamment lors des dernières courses de la saison, mais chaque fois, un élément a manqué pour passer la ligne en tête.
La faute à une KTM RC16 qui peine à rivaliser sur l’ensemble des circuits. La mote autrichienne montre des points forts indéniables, mais aussi des faiblesses criantes. Dans un championnat où sept pilotes différents ont remporté des courses, la marge de manœuvre est mince et chaque défaut technique se paie cash.
Les déboires de Valence, dernière chance manquée
Le Grand Prix de Valence représentait la dernière chance pour “El Tiburón” de conclure sa saison sur une note positive. Chez lui, devant son public, tout semblait possible. Pourtant, la course a viré au cauchemar dès le premier tour. Acosta a commis une erreur technique en n’ayant pas désengagé le device avant, puis a désactivé celui de derrière par mégarde.
(“C’était la pagaille au début de la course parce que je n’ai pas désengagé le device avant, puis je ne sais pas pourquoi mais j’ai désactivé celui de derrière”, explique-t-il avec frustration. Ce cafouillage l’a relégué en cinquième position, alors qu’il était déjà aux basques du leader lors du sprint samedi.
Malgré un rythme de milieu de course encourageant, Acosta a constaté ses limites. Les deux Aprilia de tête étaient irrattrapables. Il a réussi à prendre l’avantage sur Álex Márquez, vite apparu en délicatesse avec son pneu arrière, mais le retour en force de Fabio Di Giannantonio dans les derniers tours lui a coûté le podium. (“Mon rythme en milieu de course était plutôt bon, mais ensuite il me manquait encore beaucoup de traction par rapport aux Ducati”, constate-t-il.
Les défis techniques de la KTM RC16 en 2025
Des problèmes de grip récurrents
L’analyse du pilote espagnol révèle des problèmes structurels sur la moto. Le manque de grip, particulièrement en sortie de virage, est le principal handicap de la RC16. (“Le problème, c’est que notre niveau de grip est déjà plus faible que celui de nos adversaires. Ensuite, à la fin de la course il est plus ou moins pareil. Il faut peut-être qu’on gère plus les pneus.”)
Cette faiblesse se manifeste dès le début des courses. La moto peine à trouver de la traction quand les pneus sont frais, ce qui empêcheAcosta d’attaquer immédiatement. (“Au final, ça n’est pas mal du tout mais le problème c’est qu’on a beaucoup de mal à être rapides au début des courses parce qu’on manque beaucoup de grip arrière.”)
Des erreurs stratégiques coûteuses
Les difficultés techniques s’accompagnent de choix stratégiques parfois contestables. Acosta a perdu de nombreux tours à tenter de rester proche de Márquez, s’épuisant à maintenir un écart de vingt mètres. (“C’est très difficile de se battre pour une position quand on est si loin au freinage.”)
Le pilotage à distance, sans pouvoir profiter de l’aspiration au freinage, épuise les pneus et les pilotes. La KTM souffre particulièrement de ce point faible, rendant chaque dépassement une épreuve de force. Ces choix stratégiques, imposés par les limitations de la moto, ont coûté cher à Acosta tout au long de la saison.
Un bilan amer malgré la régularité
Une 4e place au championnat sans saveur
Malgré sa quatrième place au classement général, Acosta ne célèbre pas. (“Dès le premier jour, j’ai dit à KTM que je ne venais pas ici pour ça”, rappelle-t-il. Son ambition était de se battre pour le titre, pas pour figurer dans le haut du tableau. Cette constatation amère résume toute sa déception.
La saison a débuté de manière chaotique, avec des chutes et des résultats en dents de scie. Acosta a dû réapprendre à gérer sa fougue naturelle pour accorder sa conduite avec les exigences de la MotoGP. Cette adaptation lui a permis de réduire les erreurs et d’améliorer sa régularité, mais au prix de sensibilité.
Les progrès individuels d’Acosta
Le pilote reconnait toutefois ses progrès personnels. (“Je pense que j’ai fait de gros progrès depuis le milieu de l’année, je suis devenu plus régulier, je sais mieux lire les courses, je sais comment m’accrocher à la moto, alors qu’avant j’avais beaucoup de chutes…”)
Cette évolution technique et mentale constitue le seul véritable point positif de sa saison. Acosta a appris à gérer la pression, à lire les courses et à tirer le maximum d’une moto imparfaite. Ces acquis seront précieux pour l’avenir, même s’ils ne suffisent pas à masquer la frustration d’une année sans victoire.
Perspectives 2026 : vers une meilleure KTM ?
Les tests de Valence et les améliorations aéro
Le test de Valence, deux jours après la course, a offert un premier aperçu de la KTM 2026. Acosta a pu essayer un nouveau package aérodynamique qui apporte plus de stabilité à la moto. (“J’ai fait une comparaison avec le package de base et j’ai noté une amélioration. Ça rend essentiellement la moto plus stable.”)
Le développement se poursuit dans le bon sens, mais le pilote reste mesuré. (“L’objectif n’est pas atteint parce qu’on n’a pas été cinq dixièmes plus rapides. Ça le sera uniquement à ce moment-là.”) Il attend le test de Malaisie, en début d’année prochaine, pour juger du véritable potentiel de la nouvelle machine.
Les attentes de “El Tiburón” pour l’année prochaine
Acosta ne s’attend pas à un miracle immédiat. (“Cette moto n’est pas encore suffisante. Cela dit, on ne pouvait pas s’attendre à un miracle dès aujourd’hui, sinon il aurait déjà eu lieu dimanche.”) Son pragmatisme témoigne de sa maturité. Il sait que le développement prend du temps et que KTM travaille activement à combler le gap avec ses concurrents.
L’objectif pour 2026 est clair : disputer des victoires et se battre pour le championnat. L’expérience acquise en 2025, malgré son caractère frustrant, servira de base solide. Acosta a compris ce qu’il fallait améliorer sur la moto et sur son pilotage. La pression sera plus forte que jamais, mais “El Tiburón” semble prêt à relever le défi.
La saison 2025 restera comme une année d’apprentissage brutale mais nécessaire. Pour Acosta, elle restera “perdue”, mais pour le futur de KTM en MotoGP, elle pourrait s’avérer fondamentale. Le véritable test commence maintenant.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.