Oscar Piastri traverse actuellement une période délicate de sa saison de Formule 1. Après avoir dominé une grande partie du championnat 2025, le pilote australien a vu son avance fondre lors des dernières manches. Alors que le cirque de la F1 s’apprête à débarquer à Interlagos pour le Grand Prix du Brésil, le jeune talent de McLaren doit impérativement trouver les solutions pour inverser la tendance et reprendre le contrôle de sa campagne de titre. Cette course sprint au Brésil représente une opportunité cruciale pour remettre sa saison sur les rails et répondre aux doutes qui commencent à émerger.
La situation est d’autant plus préoccupante que son coéquipier Lando Norris a pris les commandes du championnat avec une avance d’un point après une performance dominante au Mexique. Pour la première fois depuis Zandvoort, Piastri se retrouve en position de chasseur, une posture inconfortable qui nécessite une réaction immédiate et déterminée.

Ce que Oscar Piastri doit ajuster dans son style de pilotage pour stopper sa mauvaise passe
L’analyse technique fournie par Andrea Stella, le directeur de l’écurie McLaren, révèle un problème fondamental dans l’approche de pilotage de Piastri. Sur les circuits à faible adhérence comme Austin et Mexico, l’Australien doit adopter un style de conduite qui va à l’encontre de ses instincts naturels. Contrairement à Norris qui excelle lorsque les pneus glissent et que l’adhérence diminue, Piastri privilégie une conduite plus propre et plus précise qui limite les glissements.
Cette différence de philosophie s’est traduite par un écart de performance stupéfiant de 0,588 seconde entre les deux pilotes McLaren lors des qualifications au Mexique. “La voiture la plus rapide est aussi une voiture qui doit être pilotée d’une certaine manière”, a expliqué Stella. “Lando est le pilote qui excelle sur faible adhérence : en fin de relais, quand les pneus sont bien usés et que l’adhérence est faible, c’est là que nous voyons Lando faire secteur vert, secteur vert, secteur vert.”
Pour Piastri, l’apprentissage consiste à accepter que le glissement n’est pas nécessairement un signe de perte de contrôle, mais plutôt une technique nécessaire pour extraire les derniers dixièmes de performance de la MCL39. Cette voiture exigeante récompense ceux qui osent la pousser au-delà de ses limites apparentes, une approche qui ne vient pas naturellement au pilote de 24 ans.
Le défi est d’autant plus complexe que Piastri n’en est qu’à sa troisième saison en Formule 1. “Oscar est plus un pilote de haute adhérence, c’est là qu’il peut exploiter son incroyable talent”, a souligné Stella. Chaque session représente donc une opportunité d’apprentissage pour calibrer ses sensations et comprendre ce qui constitue un tour rapide dans ces conditions spécifiques qui favorisent davantage son coéquipier britannique.
L’Australien lui-même a reconnu cette difficulté après le double rendez-vous nord-américain : “Pour une raison quelconque, les deux derniers week-ends ont nécessité une manière très différente de piloter, et ce qui a bien fonctionné pour moi lors des 19 premières courses a nécessité quelque chose de très différent ces deux derniers week-ends. Essayer de comprendre pourquoi a été un peu une lutte.”
Comment Oscar Piastri peut optimiser son setup McLaren au GP du Brésil
La question du châssis et de la configuration de la voiture a été au cœur des spéculations concernant la baisse de forme de Piastri. Après avoir endommagé son châssis d’origine à Bakou lors d’un week-end cauchemardesque qui s’est soldé par un abandon coûteux, l’Australien a dû passer à une nouvelle monocoque. Ce changement forcé a alimenté les théories selon lesquelles quelque chose ne tournait pas rond avec son équipement.
Andrea Stella a catégoriquement écarté ces suppositions. “Toutes les preuves, toutes les pièces de données, toutes les mesures indirectes d’information dont nous disposons nous disent qu’il n’y a pas de problème avec la voiture, et nous n’avons aucune raison de soupçonner que ce soit le cas”, a affirmé le patron d’équipe italien. Il a même ajouté qu’il changerait d’autres composants que le châssis, comme le fond plat ou l’aileron avant, mais que dans la réalité, il existe une rotation des pièces, donc ce ne sont pas toujours les mêmes éléments sur la voiture.
Pour Interlagos, Oscar Piastri doit se concentrer sur l’optimisation de son setup pour exploiter pleinement le potentiel de la MCL39. Le circuit brésilien présente des caractéristiques uniques avec son asphalte vallonné, ses différences d’élévation importantes et sa surface relativement lisse qui peut causer du graining sur les pneus. Ces conditions devraient théoriquement mieux convenir à Piastri que les circuits poussiéreux et glissants d’Austin et Mexico.
La clé résidera dans la capacité de l’équipe et du pilote à trouver la fenêtre de fonctionnement optimale des pneus Pirelli. Pour ce Grand Prix sprint, le manufacturier italien a opté pour des composés plus durs qu’en 2024, avec les C2, C3 et C4 plutôt que les C3, C4 et C5. Cette décision pourrait jouer en faveur de Piastri si McLaren parvient à gérer efficacement la température des gommes et à éviter le graining excessif qui a parfois handicapé l’équipe cette saison.
L’expérience acquise lors des deux dernières courses devrait permettre à Piastri et à ses ingénieurs d’affiner leur approche. Comme l’a souligné Stella, “même s’il a perdu des points face à Verstappen, je pense qu’Oscar a beaucoup appris de ce week-end. Et c’est un investissement que vous faites pour vous assurer d’être compétitif dans toutes les conditions lors de la dernière partie de la saison.”
L’objectif pour Piastri sera de retrouver la confiance dans sa voiture dès les premières sessions, en particulier lors du format sprint qui laisse moins de temps pour les ajustements. Une approche méthodique et progressive, session après session, permettra de construire un setup cohérent qui maximise ses points forts plutôt que d’exposer ses faiblesses.
Le Grand Prix du Brésil représente un tournant décisif dans la bataille pour le championnat 2025. Pour Oscar Piastri, l’enjeu va au-delà de la simple récupération de points : il s’agit de démontrer qu’il possède la maturité et les compétences nécessaires pour surmonter l’adversité et rester dans la course au titre. Les explications techniques fournies par McLaren concernant ses difficultés récentes sont rassurantes et laissent entrevoir une amélioration potentielle sur les circuits restants.
L’Australien dispose de tous les outils nécessaires pour inverser la tendance. Son talent brut n’a jamais été remis en question, et son apprentissage accéléré de nouvelles techniques de pilotage démontre sa capacité d’adaptation. Avec le soutien indéfectible de son équipe et une approche mentale renouvelée, Piastri peut transformer cette période difficile en un tremplin vers une fin de saison triomphante. Le défi est lancé, et la réponse de l’Australien à Interlagos dira beaucoup sur sa capacité à devenir champion du monde dès sa troisième saison en Formule 1.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.