Oliver Solberg a créé la sensation en remportant le Rallye Monte-Carlo, première épreuve du Championnat du monde des rallyes (WRC) 2026. Le jeune pilote suédois de 24 ans, fraîchement signé chez Toyota Gazoo Racing, a mené la danse dès jeudi soir et n’a jamais été vraiment menacé malgré des conditions extrêmes. Avec son coéquipier Elliott Edmondson, il devient le plus jeune vainqueur de l’histoire en ère WRC, surpassant le record de Björn Waldegård datant de 1970.
Cette victoire historique place Toyota en pole position du championnat constructeurs avec un podium 100 % japonais : Solberg devant Elfyn Evans et Sébastien Ogier. Les routes enneigées, verglacées et boueuses des Alpes-Maritimes ont mis à rude épreuve tous les concurrents, mais Solberg a su allier vitesse et gestion parfaite.

Un début tonitruant jeudi soir
Dès les trois spéciales nocturnes de jeudi, Solberg a surpris tout le monde. Parti avec la Toyota GR Yaris Rally1, il a enchaîné les temps scratch pour prendre la tête avec 44,2 secondes d’avance au soir de la première journée.
Les conditions mixtes – neige, glace et pluie – ont piégé plusieurs favoris, mais le Suédois, habitué aux rallyes rapides comme l’Estonie qu’il a remporté en 2025, s’est imposé avec une maîtrise impressionnante. Toyota n’attendait pas un tel niveau de performance de son nouveau recrue sur ce terrain technique.
« C’était incroyable. L’objectif était de rester constant et d’éviter les problèmes », a déclaré Solberg après cette première journée. Son équipe a été dépassée par cette démonstration.
Cette entame a fixé le ton d’un rallye dominé par le pilote nordique, qui a rapidement creusé l’écart sur ses coéquipiers Evans et Ogier.
Vendredi : maîtrise des conditions évolutives
Le vendredi a vu Solberg étendre son avance à 1 minute 08,4 secondes sur Evans, malgré une crevaison lente à l’avant gauche qui lui a coûté du temps. Ogier, dix fois vainqueur à Monte-Carlo, se classait troisième à 6,5 secondes d’Evans.
Dans un mélange de routes mouillées, boueuses et enneigées, Solberg et Edmondson ont signé des top 3 dans toutes les spéciales de l’après-midi, remportant même la septième. Les conditions changeantes ont testé la Toyota, mais le duo a su survivre sans grosse erreur.
Adrien Fourmaux (Hyundai) occupait la quatrième place à plus de 5 minutes, handicapé par un frein à main HS et des soucis électroniques. Thierry Neuville a perdu du temps coincé dans un fossé, aidé par les fans pour repartir cinquième.
Jari-Matti Latvala, boss de Toyota, n’a pas caché sa surprise : « Pour moi, c’est une performance sensationnelle. Je ne m’attendais pas à ce niveau ici. Ce qui m’impressionne le plus, c’est sa relaxation. »
Samedi chaotique : survie et leadership intact
Samedi a été marqué par des chutes de neige overnight, transformant les spéciales en enfer glissant. Solberg a connu un gros moment de frayeur : sortie dans un champ lors d’une spéciale, mais il a remis les gaz à fond, contourné un fossé et gagné la spéciale de 1,9 seconde sur Evans !
Malgré la pluie torrentielle sur le circuit de Monaco raccourci, où il a levé le pied pour éviter l’aquaplaning, son avance s’est resserrée à 59,3 secondes sur Evans. Ogier reculait à 1 minute 25 secondes.
Les incidents se sont multipliés : Pajari out contre un arbre, Paddon sorti et repoussé par les spectateurs, Neuville et Fourmaux en dérapages incontrôlés. Evans qualifiait une spéciale de « pire de sa carrière » à cause de la boue et du slush.
Solberg restait zen : « Tout le monde est sorti. J’ai essayé de rouler propre, mais quand je suis allé dans le fossé, j’ai donné tout gaz pour remonter. Incroyable d’avoir gagné la spéciale quand même. »
Dimanche : gestion et sacre historique
Dimanche, Solberg a géré son avance malgré deux erreurs : un overshoot sur les épingles glacées de La Bollène-Vésubie, où il s’est retrouvé face au mur, mais il n’a perdu que quelques secondes. Sur le Power Stage du Col de Turini, il a assuré les points bonus.
Fourmaux a gagné deux spéciales, Neuville a crevé sur une roche. Toyota visait le triplé, réalisé avec Evans second à 51,8 secondes et Ogier troisième (+1:10,4 sur Evans).
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- Oliver Solberg / Elliott Edmondson (Toyota GR Yaris Rally1)
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- Elfyn Evans / Scott Martin (Toyota) +51,8 s
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- Sébastien Ogier / Vincent Landais (Toyota) +2:02,2 s (environ)
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- Adrien Fourmaux / Alexandre Coria (Hyundai i20 N Rally1)
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- Thierry Neuville / Martijn Wydaeghe (Hyundai)
En WRC2, Léo Rossel l’emporte. M-Sport Ford a subi un rallye noir avec des abandons.
Réactions : un prodige confirmé
Solberg, épuisé mais euphorique : « Je ne comprends pas encore. C’est le rallye le plus dur de ma vie, mon premier sur asphalte avec cette voiture, et on gagne. Merci Toyota pour la confiance. »
Ogier admettait : pas de réponse au rythme de ses équipiers. Evans : « Pas une surprise, Oliver est un prétendant au titre. »
Plus de détails sur la victoire. Toyota exauce ses rêves dès le début de saison, comme détaillé dans cet article.
Cette performance propulse Solberg en leader du championnat pilotes. Prochain rendez-vous : Rallye de Suède (12-15 février), terrain de prédilection du Suédois.
Avec cette victoire, Toyota marque les esprits et lance parfaitement sa campagne 2026. Solberg, passé de Rally2 à Rally1, confirme son talent brut. Hyundai et M-Sport devront réagir vite pour contrer la domination japonaise. Le WRC s’annonce passionnant.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.