Nouvelle attribution des points de superlicence IndyCar pour 2026 : ce qui change réellement pour les pilotes

F1

Le Conseil Mondial du Sport Automobile de la FIA a validé le 10 décembre 2025 une réforme majeure du système de points de superlicence pour le championnat IndyCar. Cette décision, longtemps attendue par les acteurs de la discipline américaine, redessine les perspectives pour les pilotes aspirant à rejoindre la Formule 1 et rééquilibre la hiérarchie entre les différentes filières de promotion.

Les modifications, qui entreront en vigueur dès le 1er janvier 2026, concernent l’ensemble des positions payantes du championnat IndyCar. Le barème historiquement critiqué pour sa parcimonie fait peau neuve, offrant désormais une visibilité accrue aux compétiteurs de l’élite américaine du sport automobile.

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Comprendre la nouvelle attribution des points de superlicence IndyCar pour 2026

Le système de superlicence FIA constitue le principal filtre d’accès à la grille de Formule 1. Tout pilote désirant s’engager dans le championnat du monde doit accumuler 40 points sur trois saisons consécutives dans des séries approuvées par la FIA. Jusqu’à présent, le championnat IndyCar distribuait des points selon un barème jugé disproportionné par rapport au niveau de compétition réel du plateau.

La nouvelle allocation répond directement à ces critiques. Les positions 3 à 9 reçoivent une augmentation significative, consolidant ainsi le statut de l’IndyCar comme seconde filière de promotion derrière la Formule 2. Le champion et le vice-champion conservent leurs 40 et 30 points respectifs, mais la répartition change radicalement pour les places d’accès.

Le détail du nouveau barème de points

La transformation du système concerne directement les positions suivantes :

  • 3e place : 25 points au lieu de 20 (+5)
  • 4e place : 20 points au lieu de 10 (+10)
  • 5e place : 15 points au lieu de 8 (+7)
  • 6e place : 10 points au lieu de 6 (+4)
  • 7e place : 8 points au lieu de 4 (+4)
  • 8e place : 6 points au lieu de 3 (+3)
  • 9e place : 3 points au lieu de 2 (+1)
  • 10e place : 1 point (inchangé)

Aucun point n’est attribué au-delà de la dixième position. Ce nouveau barème de 40-30-25-20-15-10-8-6-3-1 remplace l’ancien système de 40-30-20-10-8-6-4-3-2-1, en vigueur depuis plusieurs années.

Les justifications de la FIA pour cette revalorisation

La Fédération Internationale de l’Automobile justifie ces changements par la “croissance de la signification de la catégorie”. L’IndyCar s’est en effet transformée ces dernières années, attirant des pilotes de plus en plus expérimentés et offrant un spectacle compétitif souvent supérieur à celui des formules de promotion européennes.

Le débat sur la sous-valorisation de l’IndyCar n’est pas nouveau. Pato O’Hara, pilote de McLaren en IndyCar et réserviste F1, n’a cessé de souligner le paradoxe selon lequel un pilote terminant 4e dans l’une des séries les plus compétitives du monde ne recevait que 10 points, à peine plus qu’un 8e de F3. Ce nouveau barème corrige cette incohérence.

Le contexte du vote du Conseil Mondial

Cette décision a été adoptée lors de la dernière réunion du Conseil Mondial du Sport Automobile de 2025, tenue à Tashkent en Ouzbékistan. Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a présidé cette session qui a également verrouillé le cadre réglementaire de la F1 pour 2026 et approuvé de nombreuses innovations dans d’autres disciplines.

La mesure s’inscrit dans une politique plus large de rationalisation des passerelles entre séries. La FIA souhaite ainsi reconnaître la valeur réelle des championnats régionaux majeurs tout en maintenant la cohérence d’un système mondial de promotion vers la F1.

Impact concret sur les pilotes IndyCar actuels

L’analyse rétrospective des trois dernières saisons révèle les effets potentiels de cette réforme. Alex Palou, triple champion consécutif, aurait vu son total passer de 120 à 120 points (inchangé), Scott Dixon de 56 à 65 points, Pato O’Ward de 48 à 65 points, et Scott McLaughlin de 41 à 51 points.

Cependant, la FIA a pris soin de préciser que le nouveau système n’aurait pas débloqué de superlicence supplémentaire sur la période 2023-2025. Le cas le plus emblématique, Colton Herta, en aurait été le principal bénéficiaire. Le pilote américain, qui avait vu son transfert vers AlphaTauri en 2023 s’effondrer faute de points, aurait atteint les 40 points nécessaires avec le nouveau barème.

Les scénarios de qualification pour 2026

Pour la saison 2026, les pilotes visant une superlicence devront stratégiquement planifier leur parcours :

  1. Les titrés et podiums : Un top 3 sur trois ans garantit automatiquement la qualification
  2. Les outsiders : Les positions 4 à 6 deviennent stratégiquement plus importantes
  3. La constance : Accumuler des points sur plusieurs saisons reste la clé
  4. La diversification : Certains pilotes pourront combiner IndyCar et F2 pour maximiser leurs chances

Ces changements offrent également plus de sécurité aux équipes qui investissent dans des jeunes talents. Les pourparlers contractuels pour 2026 intègrent déjà cette nouvelle donne, les managers de pilotes ayant immédiatement recalculé les trajectoires possibles.

Réactions et perspectives d’avenir dans le paddock IndyCar

L’annonce a été accueillie avec soulagement par la majorité des acteurs de la série américaine. Roger Penske, propriétaire de l’IndyCar, avait régulièrement fait pression pour obtenir cette revalorisation. Pour lui, reconnaître la valeur du championnat passe par une juste rémunération en points de superlicence.

Les changements dans les stratégies de carrière

Les pilotes européens envisageant l’IndyCar comme alternative à la F2 pourraient se multiplier. La série américaine offre désormais un retour sur investissement compétitif en termes de points, combiné à une exposition médiatique significative et à un niveau de pilotage extrêmement élevé.

Les équipes de Formule 1, quant à elles, suivront de près les performances en IndyCar. Le nouveau barème rend les transferts plus prévisibles et moins dépendants d’exceptions ou de dérogations, comme ce fut le cas pour plusieurs pilotes ces dernières années.

Le directeur exécutif de la FIA, au sujet de ces changements, a déclaré que “l’objectif est de refléter la réalité compétitive de chaque discipline sans compromettre les standards d’excellence requis pour la Formule 1”. Cette philosophie devrait guider d’autres ajustements futurs du système de superlicence.

Cette revalorisation positionne définitivement l’IndyCar comme la série de référence pour les pilotes matures souhaitant une alternative crédible au tracé européen classique, tout en conservant la porte ouverte vers la F1 pour les plus performants. Les effets se feront sentir dès les premières courses de la saison 2026, où chaque place au championnat prendra une valeur nouvelle dans les calculs stratégiques des équipes et des pilotes.


La décision du Conseil Mondial du Sport Automobile marque une étape décisive dans la reconnaissance internationale de l’IndyCar. En alignant la rémunération en points sur la réalité du niveau de compétition, la FIA valide ce que les spécialistes savaient déjà : le championnat américain forme des pilotes prêts pour les plus hautes exigences du sport automobile mondial.

Pour les aspirants F1, la route passe désormais par une série de choix stratégiques où l’IndyCar figure en bonne place aux côtés de la F2. La nouvelle donne, applicable dès janvier 2026, redessine les trajectoires professionnelles et renforce la valeur sportive d’un championnat qui n’en finit pas de monter en puissance sur la scène internationale.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.