Nasser al-Attiyah a dominé le Dakar 2026 de bout en bout, remportant son sixième titre en catégorie autos au volant de sa Dacia. Accompagné de son copilote belge Fabian Lurquin, le pilote qatari a parcouru les 4800 km de spéciales sans encombre majeur, avec peu de crevaisons et aucun accident. Cette performance exemplaire l’a propulsé au sommet, à seulement deux titres de Stéphane Peterhansel, détenteur du record avec huit victoires.
Malgré une petite erreur de navigation en début de dernière étape, où il s’est égaré brièvement, al-Attiyah a géré son avance de 16 minutes avec intelligence et prudence. Inspiré par la mésaventure de Ricky Brabec en motos, il a préféré la sécurité à la vitesse folle, suivant d’autres voitures pour rentrer sans risque à Yanbu.

Une maîtrise totale du désert
Al-Attiyah a fait preuve d’une gestion impeccable tout au long du rallye. Au volant de sa Dacia, il a évité les pièges classiques du Dakar : dunes traîtresses, changements de surface et végétation trompeuse. Sa connaissance intuitive du sable, acquise dès ses débuts, lui a permis de lire le terrain comme personne. Peu de sueur versée, même lors des premières spéciales, où il contrôlait son rythme sans forcer.
Fabian Lurquin, son copilote depuis fin 2025, témoigne de cette maîtrise. « Tu sens juste que Nasser est le maître. Il sait comment il faut faire et il ne doute jamais », confie-t-il. Ancien navigateur de Sébastien Loeb, Lurquin avait longtemps admiré al-Attiyah de loin, se demandant comment il surpassait toujours les autres. À bord, il a découvert une mémoire topographique exceptionnelle : le Qatari se souvient des pistes passées, adaptant sa trajectoire en temps réel.
Cette saison, le duo a rebondi après l’échec au Rallye du Maroc en octobre 2025, où une pénalité pour excès de vitesse leur avait coûté le titre mondial. Au Dakar, al-Attiyah a lavé cet affront en égalant le record de 50 victoires en spéciale, partagé avec Ari Vatanen et Stéphane Peterhansel. Sa team manager chez Dacia, Tiphanie Isnard, souligne : « Il a acquis une énorme expérience et il sait parfaitement s’en servir ».
La stratégie de sécurité a payé. Sans prise de risque inutile, al-Attiyah a maintenu un rythme constant, roulant vite quand nécessaire mais toujours en contrôle. Sébastien Loeb, son rival, l’a salué à l’arrivée : « Nasser a prouvé qu’il était probablement le meilleur gestionnaire de tous ».
Le secret d’un intouchable
À 55 ans, Nasser al-Attiyah joue la carte de la sagesse. Sa barbe blanchissante symbolise un pilote mûr, rapide sans excès. « Je pense que je ne suis plus du tout le Nasser d’il y a dix ans », avouait-il lors de la journée de repos. « Maintenant, je gère jour après jour sans prendre de risque. Sur les cinq premières spéciales, je n’ai jamais transpiré. Seulement hier, quand je me suis mis à pousser. »
Cette maturité s’appuie sur une compréhension unique des reliefs désertiques. Formé sur le sable qatari, il anticipe les pièges invisibles et projette ses souvenirs sur les pistes actuelles. Même sur une trace de 2022, il ajusterait son allure. Cette mémoire hors norme, alliée à une vitesse pure, en fait un pilote complet.
Pour sa première avec Lurquin, al-Attiyah a imposé son rythme dès le début. Malgré la nouveauté de l’équipage, la Dacia a filé droit vers la victoire, surpassant Toyota, championne 2025. Le Qatari a remporté le rallye avec quatre constructeurs différents : Volkswagen en 2011, Mini en 2015, Toyota en 2019 et 2022, et maintenant Dacia.
Les observateurs comparent déjà al-Attiyah à une légende vivante. Loeb n’a pas hésité : « Jésus marche sur l’eau, Nasser vole au-dessus des cailloux ». Une image forte pour un pilote qui semble défier les lois de la physique en rallye-raid.
Records et perspectives
Avec six Dakar autos, seul Peterhansel (huit) le dépasse. Al-Attiyah égale aussi les 50 victoires en spéciale, un exploit partagé. Ces chiffres impressionnants soulignent sa longévité : à 55 ans, il reste au top, gérant mieux que quiconque l’usure mécanique et humaine.
- Victoires en Dakar autos : 6 (Peterhansel : 8)
- Victoires en spéciale : 50 (record partagé avec Peterhansel et Vatanen)
- Constructeurs vainqueurs : 4 (VW, Mini, Toyota, Dacia)
- Partenaire actuel : Fabian Lurquin (1er Dakar gagné ensemble)
Cette performance ouvre des horizons. Al-Attiyah n’entend pas s’arrêter là. Pour 2027, il vise Peterhansel et pourrait briguer un septième titre. Dacia, victorieuse en 2026, consolide sa place face à Toyota et Ford. L’Équipe détaille cette épopée.
Le Dakar 2026 confirme la domination qatarie. Al-Attiyah, intouchable, inspire la nouvelle génération. Son mélange de vitesse, intelligence et expérience redéfinit la gestion en rallye-raid. Reste à voir s’il égalera Peterhansel l’an prochain, mais une chose est sûre : le désert lui appartient toujours.
Pour plus de résultats officiels, consultez le site du Dakar. Avec cette sixième couronne, Nasser al-Attiyah entre un peu plus dans la légende, prouvant que l’expérience triomphe souvent de la fougue.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.