Nasser al-Attiyah s’impose une nouvelle fois comme l’élément imprévisible et décisif du Dakar. Avec six victoires à son actif, quatre constructeurs différents et trois copilotes successifs, le pilote qatari est le prince incontesté du désert. Son dernier triomphe, le quatrième en sept éditions disputées en Arabie saoudite au volant d’une Dacia copilotée par le Belge Fabian Lurquin, le place à seulement deux longueurs du record de Stéphane Peterhansel chez les autos (huit succès). Neuvième après la troisième étape, il a su remonter au classement avec maîtrise, démontrant une fois de plus son talent dans les rochers, le sable et sa finesse tactique.
Ce parcours exceptionnel confirme Al-Attiyah comme le facteur X du rallye-raid, capable de transformer une course en chef-d’œuvre stratégique. Profil officiel sur dakar.com.

2011 : la naissance du prince du désert avec Volkswagen
C’est en 2011 qu’Al-Attiyah signe sa première victoire sur le Dakar, lors de sa septième participation à 40 ans. Au volant du Volkswagen Touareg, copiloté par Timo Gottschalk, il devance ses équipiers Giniel de Villiers (à près de 50 minutes) et Carlos Sainz (1h20). Le podium est intégralement Volkswagen, preuve de la domination de l’équipe.
« Ma force, c’était d’avoir toujours le bon rythme, en toutes circonstances et sur tous les terrains », analysait-il à l’arrivée. Son expérience des dunes fait la différence sur les étapes clés arrivant à Chilecito et San Juan, où le sable domine. Il développe une technique personnelle de franchissement, gardant jalousement ses secrets.
Cette victoire pose les bases de sa légende. Al-Attiyah gère ensuite avec prudence, évitant les pièges pour sécuriser son succès. L’Amérique du Sud, avec ses défis variés, révèle son adaptabilité exceptionnelle.
Le pilote qatari passe d’un podium en 2010 (2e derrière Sainz) à la plus haute marche, marquant le début d’une ère.
2015 : un calme olympien au volant de la Mini
En 2015, après deux abandons et une 3e place, Al-Attiyah triomphe avec une Mini X-Raid, copiloté par Mathieu Baumel. Médaillé de bronze en skeet aux JO de Londres, il surmonte son mal des montagnes en Bolivie et remporte cinq des treize étapes.
Mathieu Baumel témoigne : « Nasser a une vision de la piste extraordinaire. Je sais que tout est sous contrôle et cela me permet de bien faire mon boulot de navigation. On communique beaucoup, il est toujours calme, souriant, gentil. »
Il devance à nouveau De Villiers (Toyota), tandis que Peugeot, de retour, peine (11e pour Peterhansel). Cette victoire consolide sa réputation de tacticien serein.
Al-Attiyah enchaîne quatre succès avec Baumel par la suite, Baumel étant aujourd’hui équipier de Guillaume de Mévius.
La Mini devient un symbole de sa polyvalence, alliant vitesse et fiabilité.
2019 : un sans-faute au Pérou avec Toyota
Chez Toyota, qui n’avait jamais gagné le Dakar, Al-Attiyah et Baumel prennent la tête après la 3e étape et ne lâchent plus jusqu’à Lima. Ils devancent Nani Roma (Mini) de 46’42” et Loeb (Peugeot) de près de deux heures.
Jean-Marc Fortin, team manager Toyota Overdrive, explique : « Au départ, on a établi une stratégie à 80 % sans faute. Nasser a super bien maîtrisé. Quand il est sous une bonne étoile, il est imbattable. »
Sébastien Loeb reconnaît : « Il est un peu moins rapide que nous, mais il n’a pas fait de faute et il est toujours à l’arrivée. Hyper constant, ça paie. »
Dernière édition sud-américaine, exclusivement péruvienne, cette victoire scelle le duo Al-Attiyah-Baumel.
Toyota trouve en lui la combinaison parfaite du succès.
2022 : à l’égal de Vatanen en Arabie saoudite
Premier Dakar saoudien complet, 2022 voit Al-Attiyah et Baumel leaders de bout en bout avec Toyota. Seulement trois étapes gagnées, mais un sans-faute total. Ils devancent Loeb (Prodrive) de 27 minutes, ce dernier pénalisé par une erreur de navigation et des pannes.
Al-Attiyah apprécie : « Mathieu a fait un boulot exceptionnel. Je suis content pour lui. »
Baumel ajoute : « Faire un sans-faute du début à la fin, c’est très gratifiant. Le travail de l’ombre compte énormément. »
Quatrième victoire, il égale Ari Vatanen. Dans le désert saoudien, Loeb ne trouve pas la recette pour le battre.
Ce succès marque le début de sa domination locale.
2023 : une victoire maîtrisée face à une armada
Opposé à Audi, Loeb (Prodrive) et ses coéquipiers Toyota (Moraes, De Villiers, Lategan), Al-Attiyah gère son avance après avoir pris la tête. Loeb freiné par des crevaisons dès le début, Audi hors jeu.
Baumel regrette un peu : « C’était frustrant, on devait juste suivre. On était les seuls à contrôler quand il le fallait. »
Deuxième victoire saoudienne consécutive, il démontre sa sagesse tactique.
La dernière en date : triomphe avec Dacia et Fabian Lurquin
Passé chez Dacia, Al-Attiyah remporte son sixième Dakar, quatrième en Arabie saoudite. Avec Lurquin, il oscille au classement – 9e après l’étape 3, leader après la 6e, 3e puis tête après la 10e – avant de gérer sereinement.
Adroit dans les rochers, impressionnant dans le sable, fin tacticien, il prouve son statut de prince du désert. Article L’Équipe sur sa performance récente.
À deux victoires du record Peterhansel (autos), Al-Attiyah reste le facteur X. Qu’en sera-t-il des prochaines éditions ? Sa polyvalence et son expérience en feront toujours un favori incontournable. Le Dakar n’a pas fini de trembler face au Qatari.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.