Nasser al-Attiyah, le facteur X du Dakar

Nasser al-Attiyah s’impose une nouvelle fois comme l’élément imprévisible et décisif du Dakar. Avec six victoires à son actif, quatre marques différentes et trois copilotes, le pilote qatari n’est plus qu’à deux longueurs du record de Stéphane Peterhansel en autos (huit succès). Son dernier triomphe, le quatrième en sept éditions saoudiennes, au volant d’une Dacia copilotée par Fabian Lurquin, illustre parfaitement son statut de prince du désert. Neuvième après la troisième étape, il prend la tête à la sixième, oscille ensuite avant de dominer jusqu’au bout.

Plus habile dans les rochers, impressionnant dans le sable et tacticien avisé, al-Attiyah a bâti sa légende sur une régularité bluffante. Comme lors de ses cinq précédents succès, il a su transformer l’expérience en or. Cette maîtrise, particulièrement évidente lors du Dakar 2022, en fait le facteur X du rallye-raid.

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2011 : le prince du désert

Après un podium en 2010 derrière Carlos Sainz, Nasser al-Attiyah signe son premier Dakar à 40 ans, lors de sa septième participation. Au volant du Volkswagen Touareg, copiloté par Timo Gottschalk, il devance Giniel de Villiers de près de 50 minutes et Sainz de 1h20. Le podium est 100 % Volkswagen, signe d’une domination.

« Ma force, c’était d’avoir toujours le bon rythme, en toutes circonstances et sur tous les terrains », analyse-t-il à chaud. Son expérience des dunes fait la différence sur les étapes clés à Chilecito et San Juan. Il développe une technique personnelle de franchissement, gardant ses secrets.

Cette victoire en Amérique du Sud marque l’émergence du Qatari. Face à des ténors, il gère parfaitement la seconde partie, évitant les pièges.

Al-Attiyah combine vitesse et prudence, une recette qu’il affinera par la suite. Cette édition sud-américaine révèle son potentiel dans le sable argentin.

Son succès propulse Volkswagen au sommet, avant l’arrêt du programme.

2015 : d’un calme olympien

Après deux abandons et une troisième place, al-Attiyah triomphe avec une Mini X-Raid, copiloté par Mathieu Baumel. Médaillé de bronze en skeet aux JO de Londres, il surmonte son mal des montagnes en Bolivie et remporte cinq des treize étapes.

Il devance De Villiers (Toyota) et Peterhansel (11e avec Peugeot). Baumel loue sa vision : « Nasser a une vision de la piste extraordinaire. Il est toujours calme, souriant, gentil. »

Ce calme permet une navigation précise. La communication en course est fluide, malgré la vitesse.

La Bolivie teste les pilotes, mais al-Attiyah excelle. Son passage chez X-Raid après Volkswagen paie.

Cette victoire consolide sa réputation de tacticien, loin des erreurs des favoris.

2019 : un sans-faute

Chez Toyota, pour sa première victoire avec la marque japonaise, al-Attiyah et Baumel prennent la tête dès la troisième étape du Dakar péruvien. Ils ne lâcheront plus, devançant Nani Roma (Mini) de 46’42” et Loeb (Peugeot) de deux heures.

Jean-Marc Fortin, team manager Toyota : « On a établi une stratégie à 80 %, sans faute. Nasser a super bien maîtrisé. » Loeb concède : « Il est hyper constant, ça paie. »

Le tracé exclusivement péruvien, désertique, convient parfaitement au Qatari. Pas d’erreurs mécaniques pour lui.

Toyota brise sa malédiction au Dakar grâce à lui. Cette constance devient sa marque de fabrique.

2022 : l’égal de Vatanen

Leader de bout en bout du premier Dakar saoudien, al-Attiyah et Baumel gagnent trois étapes malgré une concurrence féroce. À 27 minutes devant Loeb (Prodrive), stoppé par navigation et mécanique, ils égalent Ari Vatanen avec quatre succès.

« Mathieu a fait un boulot exceptionnel », apprécie al-Attiyah. Baumel : « Faire un sans-faute, c’est gratifiant. Le travail de l’ombre compte. »

Dans le désert saoudien, sa maîtrise du sable brille. Loeb ne trouve pas la recette pour le battre.

Cette édition marque son adaptation parfaite au Moyen-Orient. Toyota Gazoo Racing domine avec le GR DKR Hilux T1+.

Al-Attiyah devient le seul Arabe vainqueur sur sol arabe. Un jalon historique.

2023 : une victoire trop facile

Face à Audi, Loeb (Prodrive) et Toyota interne, al-Attiyah gère après crevaisons des rivaux. Deuxième victoire saoudienne consécutive, il contrôle en seconde semaine.

Baumel regrette le manque de suspense : « C’était frustrant, on devait suivre. On contrôlait quand il fallait. »

Le Qatari priorise la gestion, évitant les risques. Audi hors jeu, Loeb retardé.

Cette constance renforce son aura. Toyota enchaîne les succès grâce à lui.

Son avance gérée avec précision illustre le facteur X : savoir lever le pied.

Ses victoires en un coup d’œil

Voici la liste de ses six triomphes au Dakar :

  • 2011 : Volkswagen Touareg, copilote Timo Gottschalk (Amérique du Sud).
  • 2015 : Mini X-Raid, copilote Mathieu Baumel (Amérique du Sud).
  • 2019 : Toyota Hilux, copilote Mathieu Baumel (Pérou).
  • 2022 : Toyota GR DKR Hilux T1+, copilote Mathieu Baumel (Arabie Saoudite).
  • 2023 : Toyota, copilote Mathieu Baumel (Arabie Saoudite).
  • Récent : Dacia Sandrider, copilote Fabian Lurquin (Arabie Saoudite).

Quatre marques, preuve de son adaptabilité.

Nasser al-Attiyah incarne le Dakar : imprévisible, résilient, maître du désert. À deux victoires du record Peterhansel, il reste le favori des sables. Son facteur X – régularité, calme, expérience – pourrait encore briller lors des prochaines éditions. Le prince qatari continue d’écrire l’histoire du rallye-raid.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.