La 6e étape du Dakar 2026, disputée vendredi sur 326 kilomètres de pistes sablonneuses et de cordons de dunes dans la région de Qassim, a mis les équipages à rude épreuve. À l’arrivée à Riyad, pilotes et copilotes ont mimé les envolées spectaculaires de leurs véhicules, massant nuques et dos endoloris après plus de trois heures et demie de secousses intenses. Nasser Al-Attiyah a dominé cette spéciale, signant sa 49e victoire d’étape et s’emparant de la tête du classement général à mi-parcours.
Le Qatarien, au volant de sa Dacia, a profité de son terrain de prédilection pour distancer la concurrence, confirmant son retour en force après une gestion prudente des crevaisons en début de rallye. Cette performance place le quintuple vainqueur du Dakar à une longueur du record partagé par Ari Vatanen et Stéphane Peterhansel.

Les corps des pilotes à l’épreuve des dunes
Les dunes de Qassim ont transformé cette étape en un véritable calvaire physique. À peine descendus de voiture, les concurrents ont décrit des atterrissages brutaux, comme si leurs bolides avaient été lâchés d’une grande hauteur. Fabian Lurquin, copilote de Nasser Al-Attiyah, racontait à Sébastien Loeb : « J’avais le nez sur le road-book donc je n’ai rien vu venir et j’ai senti la caisse décoller puis claquer par terre comme si on l’avait lâchée de très haut à la verticale ».
Sébastien Loeb, lui, plaisantait sur sa taille réduite après les chocs : « Je me suis tellement fait tasser dans mon baquet que je pense avoir perdu quelques centimètres. Déjà que je ne suis pas bien grand ». L’Alsacien (1,71 m) mimait en pliant les genoux, soulignant que ces voitures hybrides acceptent tout, mais que les corps humains servent de fusibles.
Nani Roma, pilote Ford, a vécu un blackout temporaire : « J’ai pris une grosse cartouche dans l’herbe à chameau et je voyais carrément les étoiles, il m’a fallu un petit moment pour retrouver mes esprits ». Malgré cela, l’Espagnol a poursuivi, reprenant la tête de son équipe auprès de Mitch Guthrie et terminant 6e de l’étape, meilleur Ford au général en 3e position.
Ces anecdotes rappellent les exigences du Dakar, où les ostéopathes auront fort à faire lors de la journée de repos ce samedi à Riyad. Après cinq jours à user les pneus, c’était au tour des cervicales et des lombaires de morfler.
La masterclass de Nasser Al-Attiyah dans le sable
Nasser Al-Attiyah est parti de l’arrière du peloton mais a vite imposé sa loi. Dans un slalom au milieu des concurrents plus précoces, le pilote Dacia a étalé son talent incomparable dans les dunes. « Depuis le départ, j’ai bien géré ma course en limitant les crevaisons, mais aujourd’hui, le vrai Nasser a fait son retour », commentait-il. « Il y avait du sable et de la navigation, tout ce que j’aime. Donc j’ai pu me lâcher ».
Romain Dumas, impressionné après avoir été doublé, témoigne : « Quand il m’a doublé, j’ai essayé de le suivre mais je n’ai pas tenu plus de trois kilomètres car j’étais en apnée. Je ne sais pas comment il fait, physiquement déjà. Et puis il faut avoir du cran pour se lancer comme ça dans les dunes. J’avais l’impression que le train arrière était tout le temps en l’air et que sa voiture avançait seulement avec les roues avant au sol. C’était hallucinant ».
Cette 49e victoire d’étape le rapproche du record absolu. Pour plus de détails sur cette performance dominante, consultez l’article complet sur L’Équipe.
Henk Lategan (Toyota), moins à l’aise, a perdu près de dix minutes mais reste en embuscade au général. Sébastien Loeb a grimpé de la 8e à la 6e place, malgré un arrêt pour changer un pneu et un calage moteur.
Les autres performances notables
Nani Roma a offert un spectacle rappelant ses grandes heures de motard. Revenu sur Mitch Guthrie, l’ancien vainqueur 2014 en auto a pris les commandes : « Je crois que je n’ai jamais autant attaqué de toute ma vie. Je n’avais pas le choix car je savais que j’allais perdre beaucoup de temps en ouvrant si je ne prenais pas de risque ».
Loeb savourait le retour dans les dunes : « On s’est vraiment fait plaisir, je ne me souvenais plus à quel point on pouvait aller vite avec ces voitures. L’essentiel pour le moment est de rester dans le bon wagon et de reprendre du temps quand c’est possible. Mais on le voit depuis le départ, c’est difficile de faire de gros écarts car on roule tous à la même vitesse ».
Ces nouvelles montures hybrides permettent des attaques folles, mais les risques sont immenses. La mi-course approchée, Ford avec Roma en 3e, Toyota avec Lategan en chasse, et Dacia en tête avec Al-Attiyah et Loeb.
Le Dakar 2026 confirme sa difficulté, avec des étapes comme celle-ci qui départagent les spécialistes du sable. Pour le parcours détaillé de cette 6e étape, voir ici sur L’Équipe.
À mi-parcours, Nasser Al-Attiyah s’impose comme le favori logique, sa gestion et son attaque dans les dunes le plaçant en position idéale pour la seconde semaine. La journée de repos permettra de remettre les corps d’aplomb, avant un retour à la compétition acharnée. Reste à voir si la concurrence pourra combler l’écart dans les étapes à venir, mais pour l’instant, le Qatarien dicte sa loi. Un bon massage, et ça repart.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.