La NASCAR Cup Series prépare une révolution technique pour 2026 avec l’introduction du package à 750 chevaux sur plusieurs circuits, y compris des pistes intermédiaires comme Dover, Nashville et Darlington. Cette mesure, débattue depuis des mois parmi les pilotes, vise à accroître la chute de performance des pneus et à favoriser les dépassements, dans un contexte où les voitures Next Gen peinent parfois à offrir du spectacle sur ces tracés. Inspiré des retours positifs observés à Darlington lors de la Goodyear 400, ce changement utilise un tapered spacer plus large pour booster la puissance sans modifier les moteurs internes.[1][2]
Joey Logano, champion en titre, s’est montré enthousiaste pour plus de « falloff », arguant que cela introduit des variables essentielles dans un peloton trop homogène. Des tests menés en janvier à North Wilkesboro ont permis à toutes les équipes chartrées d’évaluer ce package, confirmant son potentiel pour les short tracks et routes, mais aussi pour certains intermédiaires.[3]

Les arguments pour plus de puissance sur les intermédiaires
Joey Logano a réagi avec indignation à l’idée de limiter les 750 chevaux aux seuls short tracks : « Je veux plus de falloff. Plus de chute de performance signifie de meilleures courses, non ? » Il souligne que les châssis et suspensions sont standardisés, rendant les qualifications trop proches, avec des écarts de seulement un ou deux dixièmes. Plus de puissance forcerait les équipes à gérer leur usure, créant des opportunités de passes.
À Darlington, lors de la récente Goodyear 400, le package haute puissance et basse adhérence a augmenté les changements de leader et les passes sous drapeau vert, malgré un étalement du peloton. Les pilotes ont géré intelligemment pour éviter les crashes, prouvant que la variable puissance compense le manque de diversité technique.
Christopher Bell partage cet optimisme : « J’adore la direction prise. Plus de chevaux, et le ciel est la limite. » Pour les intermédiaires comme Kansas ou Charlotte, cela pourrait revitaliser les courses en accentuant le rôle du pilote sur l’aéro.
Les tests de 2026 à Bristol et North Wilkesboro ont validé cette approche, avec Goodyear développant des pneus à usure progressive. Les officiels NASCAR visent un équilibre entre puissance, drag et pneus pour des runs plus longs et stratégiques.[4]
Brad Keselowski, ancien coéquipier de Logano, nuance : « Nous avons un bon package actuel sur les intermédiaires, le meilleur jamais vu en Cup. » Pourtant, il admet que des pistes comme Indianapolis bénéficieraient des 750 chevaux, tandis que Kansas pourrait empirer.
Les réserves émises par les pilotes
William Byron, chez Hendrick, est franc : « Cela donnerait un avantage à notre équipe sur la durée, mais ce n’est pas le produit que veulent les fans en termes de proximité. » Plus de puissance signifierait moins de voitures au tour du leader et des top-5 plus espacés, favorisant les meilleures équipes.
Chase Briscoe abonde : « Plus de vitesse étale encore plus le champ. Les top teams s’envolent, les écarts en qualif grandissent avec les setups. » Égoïstement, il préfère les moteurs débridés à 900 chevaux, mais doute pour les mile-and-a-half.
Michael McDowell rappelle les leçons du passé : en 2018, le package 550 chevaux a packé le peloton mais créé un air sale. La Next Gen est un compromis, et les fans adoraient parfois les configs basse puissance comme les Mazda Miata. « Attention à ne pas ruiner une bonne chose. »
Les tests confirment des risques : plus de puissance sépare le field, avec des victoires par 10-15 secondes. Ricky Stenhouse Jr. note toutefois que les short tracks en avaient besoin, et les pneus Goodyear évoluent positivement.[3]
Les changements techniques confirmés pour 2026
NASCAR a officialisé les 750 chevaux pour les ovales de moins de 1,5 mile et les road courses, via un tapered spacer élargi. Cinq pistes passent du package intermédiaire au short-track : Bristol, Darlington, Dover, Nashville et Gateway.
Voici la liste des circuits concernés :
- Ovals courts/intermédiaires : Bowman Gray, Phoenix, Darlington, Martinsville, Bristol, Dover, Nashville, North Wilkesboro, Iowa, Richmond, New Hampshire, Gateway.
- Road courses : COTA, Watkins Glen, Sonoma, San Diego, Charlotte Roval (si maintenu).
Les règles 2026 ajoutent des A-post flaps obligatoires partout pour la sécurité, et un spoiler arrière de 3 pouces avec moins de strakes de diffuseur sur ces pistes.[2]
Les tests de janvier, avec 15 équipes à North Wilkesboro, ont porté sur setups, pneus et familiarisation. Chris Buescher a noté la puissance en fin de run, Chase Elliott l’usure accrue en chaleur.
En France, les observateurs comme US-Racing anticipent un avantage pour Larson, Bell ou Reddick, spécialistes de la glisse.[5]
Premiers retours et impacts sur la saison 2026
À Phoenix I 2026, avec les 750 chevaux, Ryan Blaney a remporté une course saluée comme la meilleure de l’ère Next Gen. Darlington a suivi avec Tyler Reddick vainqueur malgré des soucis techniques.
Pour PitStopInsight, ces tests intensifs avec Goodyear visent une dégradation prévisible, essentielle sur intermédiaires. Les données télémétriques via McLaren TAG-510 aideront à affiner.
Les spécialistes road comme SVG ou Bell devraient briller, mais les top teams comme Hendrick risquent de dominer. L’annonce officielle NASCAR insiste sur l’écoute des fans.[1]
Cette évolution pourrait redéfinir le championnat, en rendant les intermédiaires plus exigeants. Si les dépassements augmentent sans trop étaler le peloton, 2026 marquera un tournant positif pour la Cup Series. Les pilotes comme Logano l’espèrent, tandis que d’autres appellent à la prudence pour préserver l’équilibre actuel.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.