NASCAR Cup Series 2025: Le duel Hendrick Motorsports vs Joe Gibbs Racing à Phoenix

Le championnat NASCAR Cup Series 2025 arrive à son dénouement le plus palpitant depuis des années. Pour la première fois depuis l’introduction de la Next Gen en 2022, ni Team Penske ni aucune autre équipe extérieure ne viendra perturber le duel historique qui se profile au Phoenix Raceway. Ce dimanche, deux géants du sport automobile américain, Hendrick Motorsports et Joe Gibbs Racing, s’affronteront dans une bataille à deux contre deux pour déterminer qui remportera le titre tant convoité. Cette confrontation marque non seulement la fin du règne de trois ans de Team Penske, mais aussi le retour au sommet des deux écuries les plus titrées de l&#039histoire moderne de NASCAR.

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Qui gagnera entre Hendrick Motorsports et Joe Gibbs Racing au Phoenix Raceway : analyse des forces en présence

Les quatre pilotes qualifiés pour cette finale représentent un éventail fascinant de profils et d’expériences. Du côté de Joe Gibbs Racing, Denny Hamlin incarne le paradoxe du champion sans couronne. Avec six victoires cette saison, il domine largement ses trois adversaires et participe à sa cinquième finale du Championship 4. Pourtant, malgré ses 19 participations consécutives aux playoffs, record absolu dans la discipline, le titre suprême continue de lui échapper. Sa meilleure performance reste cette deuxième place en 2010 face au légendaire Jimmie Johnson.

À ses côtés, Chase Briscoe vit sa première saison sous les couleurs de JGR après avoir quitté Stewart-Haas Racing. Avec trois victoires à son actif cette année, dont un triomphe mémorable à Phoenix en 2022 alors qu’il pilotait encore pour son ancienne équipe, Briscoe représente la nouvelle vague de talents que Joe Gibbs a su attirer. Son adaptation rapide aux méthodes de travail de JGR démontre la profondeur organisationnelle de cette écurie.

Hendrick Motorsports oppose à ce duo expérimenté deux pilotes tout aussi redoutables. Kyle Larson, champion en 2021, cherche à rejoindre le cercle très fermé des champions multiples actuellement en activité. Seuls Joey Logano et Kyle Busch peuvent se targuer de plusieurs titres parmi les pilotes actuels à temps plein. Ce qui impressionne particulièrement chez Larson, c’est sa régularité à Phoenix : 10 top-cinq sur ce circuit, le meilleur ratio de sa carrière sur n’importe quelle piste du calendrier.

William Byron complète ce quatuor redoutable. Double vainqueur consécutif du Daytona 500, il participe à sa troisième finale consécutive du Championship 4. Cette constance au plus haut niveau témoigne de sa maturité et de la fiabilité de l’équipe Hendrick qui l’entoure. Son triomphe au printemps 2023 à Phoenix dans l’ère Next Gen constitue un atout psychologique non négligeable.

L’historique de Phoenix Raceway dans la bataille entre Hendrick et JGR

L’analyse des performances passées à Phoenix révèle un équilibre troublant entre les deux écuries. Depuis l’introduction des voitures Next Gen en 2022, Joe Gibbs Racing affiche un léger avantage avec deux victoires signées Christopher Bell, au printemps 2024 et 2025. Hendrick Motorsports compte une victoire grâce à Byron au printemps 2023. Cette statistique suggère que JGR a peut-être trouvé la formule magique pour dompter ce circuit d’un mile dans sa configuration actuelle.

La course du printemps dernier offre un aperçu fascinant de ce qui pourrait se produire dimanche. Bell et Hamlin ont livré un finish époustouflant, séparés par quelques centimètres sur la ligne d’arrivée, avec Larson complétant le podium. Byron terminait sixième tandis que Briscoe était victime d’un accident. Les voitures JGR ont mené 108 tours contre 83 pour Hendrick, suggérant un léger avantage en termes de rythme de course pour l&#039équipe de coach Gibbs.

L’examen des moyennes de classement sur l’ensemble des participations à Phoenix révèle une égalité presque parfaite entre trois des quatre pilotes. Hamlin affiche une moyenne de 10,6, Larson 10,7 et Byron 10,8. Cette proximité statistique souligne à quel point cette bataille sera serrée. Toutefois, l’expérience supérieure de Hamlin avec 40 départs à Phoenix et ses quatre victoires sur ce tracé constituent des facteurs différenciants majeurs.

Chase Briscoe représente l’inconnu de l&#039équation. Sa victoire en 2022 démontre qu’il possède les compétences pour triompher, mais son accident lors de la dernière visite printanière soulève des questions sur sa capacité à gérer la pression dans ce contexte particulier. La nervosité inhérente à une finale de championnat peut transformer les points forts en faiblesses et vice versa.

Les données de menage de course apportent un éclairage supplémentaire. Hamlin a mené 143 tours lors de sa victoire à l’automne 2019 et 61 lors de son succès du printemps 2012. Larson a dominé 107 tours lors de son triomphe en 2021 pour le titre. Ces chiffres indiquent que le contrôle de la course sera crucial, et que les deux équipes possèdent les ressources techniques pour imposer leur rythme.

Les stratégies techniques pour déterminer qui gagnera entre Hendrick Motorsports et JGR à Phoenix

L’un des éléments clés de cette finale réside dans la gestion des pneumatiques. Des rapports récents font état de défaillances inhabituelles de pneus lors des séances d’essais à Phoenix. Cette problématique pourrait complètement bouleverser les calculs stratégiques et favoriser les équipes capables d’adapter rapidement leurs réglages. La profondeur technique de Hendrick Motorsports, avec ses quatre équipes partageant constamment des données, pourrait représenter un avantage considérable dans ce domaine.

Joe Gibbs Racing n’est toutefois pas en reste. L’organisation fondée en 1992 par le légendaire entraîneur de football américain a développé une culture d’excellence basée sur la précision et la préparation minutieuse. Les deux victoires récentes de Bell à Phoenix témoignent d’une compréhension approfondie des subtilités de ce circuit. L’équipe a manifestement identifié une configuration de voiture qui fonctionne particulièrement bien sur cet ovale d’un mile.

La session complète d’essais programmée le vendredi représente une opportunité cruciale pour affiner les réglages. Contrairement à de nombreuses courses où le temps de piste est limité, cette séance extensive permettra aux équipes de tester différentes configurations et de collecter des données précieuses. L’équipe qui exploitera le mieux cette fenêtre d’opportunité s’offrira un avantage significatif pour la qualification du samedi et surtout pour la course dominicale.

La stratégie de ravitaillement constituera également un facteur déterminant. Phoenix étant un circuit relativement court d’un mile, les arrêts au stand se succèdent rapidement et les écarts peuvent se creuser ou se combler en quelques tours. Les chefs d&#039équipe devront faire preuve d’adouceur tout en gérant judicieusement le risque. Un pari stratégique payant peut offrir plusieurs positions, tandis qu’une erreur de timing peut reléguer un prétendant hors de contention.

Les communications radio entre pilotes et ingénieurs prendront une importance capitale. La capacité à interpréter rapidement les retours du pilote et à ajuster la voiture lors des arrêts séparera les prétendants des spectateurs. Les tensions passées au sein de JGR montrent que même les meilleures organisations peuvent connaître des frictions, mais ces expériences forgent aussi la résilience nécessaire pour triompher dans les moments cruciaux.

L’aspect psychologique dans la confrontation Hendrick vs JGR au Phoenix Raceway

La dimension psychologique de cette finale ne peut être sous-estimée. Pour Denny Hamlin, c’est probablement sa dernière chance réaliste de décrocher le titre qui lui échappe depuis le début de sa carrière. À 44 ans, le temps commence à presser, et la pression d&#039effacer cette lacune de son palmarès sera immense. Paradoxalement, cette pression peut soit le paralyser, soit libérer une détermination capable de déplacer des montagnes.

Rick Hendrick, propriétaire de Hendrick Motorsports, a récemment plaisanté en déclarant : “La plus grosse erreur que j’ai faite en course fut d’aider Joe Gibbs.” Cette boutade fait référence au fait qu’Hendrick a fourni des moteurs à JGR dans les années 1990, aidant ainsi son futur rival à s&#039établir dans le sport. Au-delà de l&#039humour, cette remarque souligne le respect mutuel profond entre ces deux légendes du sport automobile.

Joe Gibbs a commenté cette finale avec son franc-parler habituel : “J’aurais préféré affronter quelqu&#039un qui n’est pas très bon. Le problème, c’est que ça n’arrive pas en NASCAR. Arriver au Final Four est déjà si difficile. Nous savons maintenant contre qui nous sommes, quelqu’un de vraiment, vraiment bon. Deux voitures pour eux, deux pour nous.”

Pour William Byron, cette troisième participation consécutive à la finale représente une opportunité de prouver qu’il appartient à l&#039élite absolue du sport. Ses deux victoires au Daytona 500 ont établi sa réputation, mais un championnat validerait définitivement son statut de superstar. L’absence de pression liée à une carrière entière sans titre pourrait paradoxalement jouer en sa faveur.

Kyle Larson porte sur ses épaules le poids d’attentes légèrement différentes. Champion en 2021, il sait ce qu’il faut pour franchir cette ultime marche. Toutefois, sa saison 2025 des playoffs se distingue par l’absence de victoire, ce qui est inhabituel pour un pilote de son calibre. Gagner le titre sans victoire en playoffs renforcerait l&#039idée que la consistance prime sur les performances éclatantes, un débat philosophique au cœur du format actuel des playoffs NASCAR.

Les enjeux manufacturiers et technologiques de la finale Phoenix

Au-delà du duel entre équipes, cette finale représente également une confrontation entre Toyota et Chevrolet. Les deux constructeurs ont remporté deux victoires chacun lors des cinq dernières courses à Phoenix, illustrant un équilibre compétitif remarquable. Pour Toyota, qui fournit les moteurs de JGR, un titre viendrait couronner des années d’investissements massifs dans le programme NASCAR et justifierait la stratégie de concentration sur un nombre limité d’équipes partenaires.

Chevrolet, de son côté, équipe à la fois Hendrick Motorsports et Richard Childress Racing, ce qui élargit sa base de données techniques. Cette approche plus diversifiée permet de croiser les informations et potentiellement d’identifier des solutions innovantes plus rapidement. L’avantage numérique de Chevrolet dans le peloton global pourrait se traduire par des insights stratégiques durant la course elle-même, les équipes non qualifiées pouvant servir d’éléments tactiques.

L’ère Next Gen a redistribué les cartes en matière de développement technique. Contrairement aux générations précédentes où les équipes disposaient d’une latitude considérable pour développer leurs châssis, les spécifications actuelles sont beaucoup plus standardisées. Cette évolution place l’accent sur l’optimisation des réglages et la préparation méticuleuse plutôt que sur les innovations révolutionnaires. Dans ce contexte, l’expérience accumulée et la méthodologie de travail deviennent des différenciateurs majeurs.

Les simulations informatiques jouent désormais un rôle prépondérant dans la préparation. Les ingénieurs de Hendrick et de JGR ont sans doute modélisé des centaines de scénarios de course, testant différentes stratégies de pneumatiques, d’arrêts aux stands et de positionnement en piste. La qualité de ces modèles prédictifs et la capacité à les ajuster en temps réel pendant la course distingueront probablement le champion du dauphin.

L’aérodynamique à Phoenix, bien que moins critique que sur les superspeedways, reste un facteur déterminant. La capacité à suivre une voiture dans les virages et à effectuer des dépassements en fin de relais dépend largement de l’équilibre aérodynamique. Les équipes qui parviendront à maintenir un bon appui aérodynamique tout en préservant leurs pneus bénéficieront d’un avantage substantiel dans les phases décisives de la course.

Les facteurs externes pouvant influencer le résultat de Hendrick vs JGR

L’élément humain imprévisible représenté par les 32 autres voitures en piste constitue une variable cruciale. Le champion en titre Joey Logano, bien que non qualifié pour le Championship 4 cette année, a remporté quatre courses à Phoenix dont celle de l’an dernier qui lui a valu son troisième titre. Son équipe Team Penske reste pleinement motivée pour terminer la saison sur une victoire, ce qui pourrait interférer avec les calculs des prétendants au titre.

Christopher Bell, coéquipier de Hamlin et Briscoe chez JGR mais non qualifié pour la finale, représente un autre facteur d’incertitude fascinant. Vainqueur des deux dernières courses printanières à Phoenix, il possède manifestement le rythme pour gagner. La question éthique de savoir s’il doit aider ses coéquipiers ou chercher sa propre victoire ajoutera une dimension stratégique supplémentaire. Les ordres d’équipe, bien que controversés, font partie intégrante du sport automobile et pourraient jouer un rôle dimanche.

Kyle Busch chez Richard Childress Racing cherche désespérément à remporter sa première course depuis deux saisons. Avec trois victoires historiques à Phoenix, il connaît parfaitement ce circuit et pourrait bien jouer les trouble-fêtes. Son désir de prouver qu’il reste compétitif malgré une saison difficile pourrait le pousser à prendre des risques qui impacteraient les prétendants au titre.

Les conditions météorologiques du désert de l’Arizona en novembre offrent généralement un temps stable, mais les variations de température entre les qualifications du samedi et la course du dimanche peuvent affecter significativement le comportement des voitures. L’équipe qui anticipera le mieux ces changements et ajustera ses réglages en conséquence s’offrira un avantage potentiellement décisif.

Les incidents de course, inhérents à tout événement NASCAR, représentent la plus grande inconnue. Une sortie de piste malheureuse, un contact entre concurrents ou une défaillance mécanique imprévue peuvent anéantir des mois de préparation en quelques secondes. La capacité à éviter les ennuis tout en restant compétitif demandera un dosage parfait d’agressivité et de prudence.

Verdict : qui remportera la bataille entre Hendrick Motorsports et Joe Gibbs Racing ?

En analysant l’ensemble des facteurs, cette finale s’annonce comme l’une des plus indécises de l&#039histoire récente du NASCAR. L’équilibre des forces entre les quatre pilotes et leurs équipes respectives est remarquable. Toutefois, plusieurs éléments penchent légèrement en faveur de Joe Gibbs Racing. Les récentes victoires de Christopher Bell à Phoenix démontrent que l’organisation a déchiffré le code de ce circuit dans l’ère Next Gen. Cette connaissance technique partagée entre les équipes JGR pourrait s’avérer déterminante.

Denny Hamlin représente probablement le candidat le plus dangereux individuellement. Ses six victoires cette saison, son expérience inégalée à Phoenix avec 40 départs, et sa motivation de mettre fin à son statut de meilleur pilote sans titre créent une combinaison redoutable. Son finish quasi-victorieux au printemps dernier, où quelques centimètres seulement l’ont séparé de Bell sur la ligne, prouve qu’il possède le rythme nécessaire.

Cependant, sous-estimer Hendrick Motorsports serait une erreur monumentale. L’organisation dirigée par Rick Hendrick a remporté 14 championnats pour une raison : l’excellence opérationnelle et la capacité à performer sous pression. Kyle Larson, avec ses 10 top-cins à Phoenix, dispose des statistiques les plus impressionnantes sur ce circuit. Si quelqu’un peut gagner un championnat sans victoire en playoffs, c’est bien lui, grâce à une consistance impeccable.

William Byron, souvent sous-estimé par rapport à ses coéquipiers vedettes, possède le sang-froid des grands champions. Ses victoires au Daytona 500 ont prouvé qu’il ne craque pas sous la pression des plus grands événements. Sa victoire à Phoenix en 2023 lui confère également la confiance psychologique cruciale d’avoir déjà triomphé sur ce circuit dans la configuration Next Gen.

Chase Briscoe constitue le véritable joker de cette finale. Nouvelle recrue chez JGR mais déjà vainqueur à Phoenix, il combine l’expérience du circuit avec l’absence de pression qui accable Hamlin. S’il parvient à canaliser cette liberté psychologique, il pourrait créer la surprise la plus retentissante de la saison.

La dimension humaine et le respect mutuel entre Rick Hendrick et Joe Gibbs ajoutent une couche émotionnelle à cette confrontation. Quel que soit le vainqueur, il aura mérité son titre face à une opposition d’élite. La fin du règne de Team Penske marque potentiellement le retour à une domination alternée entre ces deux géants historiques du NASCAR.

Pour les fans et observateurs du sport automobile, cette finale représente exactement ce que le format des playoffs NASCAR cherche à produire : quatre pilotes de talent égal, représentant deux organisations légendaires, se battant sur 312 tours pour déterminer qui mérite de soulever le trophée. La réponse définitive à la question “qui gagnera entre Hendrick Motorsports et Joe Gibbs Racing au Phoenix Raceway” ne sera connue que dimanche soir, mais une chose est certaine : nous assisterons à un spectacle mémorable qui incarnera l’essence même de la compétition NASCAR au plus haut niveau.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.