Le procès antitrust NASCAR opposant 23XI Racing et Front Row Motorsports contre NASCAR représente bien plus qu’un différend contractuel : c’est une confrontation qui pourrait redéfinir l’avenir économique et structurel de la série phare du stock-car américain. Depuis le dépôt de la plainte en octobre 2024, cette affaire a captivé l’attention de l’industrie du sport automobile, mettant en lumière les tensions entre les écuries et l’organe directeur de la discipline.
Les origines du procès antitrust NASCAR opposant 23XI Racing et Front Row Motorsports contre NASCAR trouvent ses racines dans les négociations tumultueuses autour du nouvel accord des chartes pour la période 2025-2031. Le 2 octobre 2024, les deux équipes ont officiellement déposé une plainte devant le tribunal fédéral de Charlotte, en Caroline du Nord, accusant NASCAR et son président Jim France de violer les lois antitrust américaines.
Au cœur de ce différend se trouve le système des chartes, mis en place en 2016 pour garantir aux équipes une place dans chaque course et une part des revenus télévisuels. Lorsque NASCAR a présenté son offre finale le 6 septembre 2024, donnant aux équipes jusqu’à minuit pour signer, 13 des 15 organisations de la Cup Series ont accepté les termes. Seules 23XI Racing et Front Row Motorsports ont refusé de parapher l’accord, estimant que les conditions proposées étaient inéquitables et que la clause de non-poursuite judiciaire incluse dans le contrat violait les principes de la concurrence.
Les équipes plaignantes affirment que NASCAR exerce un contrôle monopolistique sur le “stock-car racing de premier niveau”, possédant non seulement la série elle-même mais aussi la majorité des circuits (20 des 38 épreuves de la Cup Series). Cette concentration de pouvoir, selon leur argumentaire juridique, empêche toute véritable concurrence et place les équipes dans une situation où elles n’ont d’autre choix que d’accepter des conditions défavorables.
La décision de poursuivre NASCAR en justice n’a pas été prise à la légère. Michael Jordan a déclaré avant la course de Talladega en octobre 2024 : “Je l’ai fait pour les petites équipes également. Ce n’est pas seulement pour moi. Je pense que tout le monde devrait avoir l’opportunité de réussir dans n’importe quelle activité.” Cette déclaration illustre la dimension systémique du procès antitrust NASCAR opposant 23XI Racing et Front Row Motorsports contre NASCAR, qui vise à transformer l’ensemble de l’écosystème du championnat.
Le procès antitrust NASCAR opposant 23XI Racing et Front Row Motorsports contre NASCAR repose sur plusieurs piliers juridiques complexes. Les équipes plaignantes, représentées par l’avocat de renom Jeffrey Kessler, avancent que NASCAR exerce un contrôle anticompétitif sur trois aspects cruciaux du sport.
Premièrement, les équipes contestent la propriété par NASCAR de la majorité des circuits qui accueillent les courses de la Cup Series. Cette situation crée un conflit d’intérêts où NASCAR agit simultanément comme organisateur de la série, propriétaire des infrastructures et arbitre des revenus. Les clauses contractuelles interdisent aux circuits d’organiser des événements de stock-car concurrents sans l’autorisation de NASCAR.
Deuxièmement, le contrôle exercé par NASCAR sur les fournisseurs exclusifs de pièces pour les voitures Next Gen constitue un point central de l’argumentation. Les équipes sont contraintes d’acheter leurs composants auprès de fournisseurs agréés par NASCAR.
Troisièmement, la clause de “release of claims” est au centre du débat. Cette clause stipule que les équipes renoncent à leur droit de poursuivre NASCAR pour des pratiques anticoncurrentielles passées ou futures. Le juge Kenneth Bell avait initialement estimé que cette clause violait probablement les lois antitrust, accordant une injonction préliminaire, puis celle-ci a été annulée en appel en 2025.
NASCAR défend que le nouveau contrat augmente la part des revenus télévisuels allouée aux équipes à environ 50%, contre 37% dans l’accord précédent, et que le marché du sport doit être vu dans son ensemble plutôt que limité au stock-car racing de premier niveau.
L’évolution du procès a été marquée par des décisions contrastées des tribunaux et des développements économiques sur le terrain, avec des épisodes comme l’injonction préliminaire accordée puis annulée, et des débats sur la valeur des chartes et le futur du système de charte.
Les implications économiques du procès soulèvent des questions sur la viabilité du modèle d’affaires des équipes et sur la répartition des revenus, notamment autour du contrat de droits télévisés et de la valeur des chartes. Des déclarations telles que celles de Richard Childress et Tyler Reddick illustrent les tensions entre nécessité économique et investissement dans la compétition.
Le procès pourrait ouvrir la voie à des remèdes radicaux, tels que la dissolution du système des chartes ou l’autorisation des équipes à concourir dans des événements non-NASCAR, ou encore des garanties de participation à long terme pour les équipes à charte. Le juge Kenneth Bell a promis de rendre des décisions sur les requêtes en jugement sommaire et plusieurs audiences restent prévues autour du procès prévu pour le 1er décembre 2025.
Les phases médiatiques et les débats publics autour du conflit montrent une NASCAR sous pression, avec des textes internes révélant des échanges sur le futur du système et des déclarations de figures emblématiques du sport et des équipes. Des personnalités telles que Joe Gibbs et Justin Marks ont commenté le sujet, reflétant une industrie en plein questionnement sur son modèle.
Le compte à rebours vers le procès du 1er décembre 2025 est lancé, et avec lui l’espoir d’une résolution qui servira les meilleurs intérêts de tous ceux qui font vivre la passion du stock-car racing.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.