La poursuite antitrust NASCAR 23XI et Front Row Motorsports et le jugement sommaire

La bataille juridique entre NASCAR et deux équipes majeures du championnat Cup Series s’est intensifiée cette semaine avec une audience cruciale portant sur les demandes de jugement sommaire. 23XI Racing, l’écurie copropriété de la légende du basketball Michael Jordan et du pilote Denny Hamlin, ainsi que Front Row Motorsports, poursuivent l’instance dirigeante pour violation des lois antitrust. Cette confrontation légale, qui dure depuis plus d’un an, a franchi une nouvelle étape décisive jeudi 23 octobre 2025 devant le tribunal du district ouest de Caroline du Nord.

Après deux jours infructueux de médiation pour parvenir à un règlement à l’amiable, les parties se sont affrontées sur plusieurs réclamations de jugement sommaire déposées au cours du mois précédent. Le juge Kenneth D. Bell, qui supervise ce dossier complexe, a entendu des arguments contradictoires pendant plus de trois heures, soulevant des questions fondamentales sur la nature du marché automobile et les pratiques commerciales de NASCAR. L’enjeu est colossal : l’issue de cette affaire pourrait redéfinir complètement l’écosystème du sport automobile américain.

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La poursuite antitrust NASCAR 23XI Front Row Motorsports et les enjeux du jugement sommaire

Le jugement sommaire représente une décision judiciaire préalable au procès complet lorsqu’il n’existe aucun litige sur des faits matériels essentiels. Dans ce contexte, un juge peut statuer sur le bien-fondé d’une partie de l’affaire sans intervention du jury, sur la base des preuves présentées par les deux parties. Cette procédure permet potentiellement d’accélérer la résolution du conflit et d’éviter un procès long et coûteux.

Lors de l’audience, plusieurs motions ont été examinées. NASCAR a demandé au juge Bell de rejeter purement et simplement les réclamations de 23XI et Front Row Motorsports, arguant d’un manque de preuves et invoquant la prescription. De leur côté, les équipes ont sollicité un jugement sommaire pour écarter les allégations selon lesquelles Curtis Polk, investisseur de 23XI, aurait orchestré une stratégie de menaces, de coercition et d’extorsion envers NASCAR durant les négociations du renouvellement des accords charter.

Les deux parties ont également débattu sur la définition du marché pertinent et sur l’entité détenant l’autorité commerciale. NASCAR soutient que le marché englobe l’ensemble du sport automobile, incluant IndyCar, Formule 1 et IMSA. À l’inverse, 23XI et Front Row affirment que le marché se limite aux “courses de stock-car de premier plan”, où NASCAR détient un monopole absolu avec une part de marché de 100%.

Le juge Bell a manifesté une certaine réticence à émettre un jugement sommaire afin de ne pas influencer le jury avant le procès prévu pour débuter le 1er décembre 2025. Néanmoins, il a accepté d’examiner minutieusement les arguments des deux camps, posant des questions incisives qui ont révélé les failles potentielles dans certaines positions juridiques avancées.

Les accusations de cartel et la controverse autour de Curtis Polk dans la poursuite

L’un des points les plus litigieux de cette poursuite antitrust NASCAR 23XI Front Row Motorsports jugement sommaire concerne les accusations portées contre Curtis Polk. NASCAR prétend que ce partenaire commercial de longue date de Michael Jordan a tenté de coordonner un processus de négociation collective illégal avec les autres propriétaires d’équipes lors des discussions sur l’extension des accords charter.

L’argumentation juridique de NASCAR repose sur le principe que toutes les équipes de course sont des “concurrents horizontaux” et ne peuvent donc pas négocier collectivement. Selon l’instance dirigeante, les équipes ne peuvent pas s’entendre sur les salaires à verser à leurs pilotes, chefs d’équipe ou mécaniciens, et encore moins se positionner pour négocier collectivement avec l’organisme de sanction.

NASCAR a présenté devant le tribunal des preuves issues de la phase de découverte, notamment des messages textuels de Polk révélant ses intentions. Dans l’un de ces échanges, Polk déclarait : “(Jim France) réalisera que NOUS sommes unis, NOUS sommes organisés, NOUS avons un plan et il verra que sans nous donner quelque chose de significatif, le manque d’harmonie finira par lui nuire.” Dans un autre message adressé au président de Joe Gibbs Racing, Dave Alpern, Polk affirmait : “Je pensais que l’objectif était de montrer (sans le dire directement) que vous pouvez avoir toutes les réunions individuelles que vous voulez. Ces 16 équipes sont ensemble et elles veulent que le processus de renouvellement des Charter soit traité d’une certaine manière…”

Des notes manuscrites de Polk révélaient également sa stratégie : “Nous devons rester unis et ne pas nous faire éliminer un par un… nous pouvons fournir des éléments de langage… Aucune décision ne sera prise sans revenir vers ce groupe.” NASCAR a également produit un message texte du 17 novembre 2022 dans lequel Polk expliquait à Jordan qu’ils devaient “éduquer” les petites équipes sur les raisons pour lesquelles accepter certains accords ne fonctionnerait pas pour l’ensemble.

Cependant, le juge Bell a contesté à plusieurs reprises ces éléments comme constituant des preuves de comportement anticoncurrentiel ou de conspiration illégale. Il a souligné que NASCAR n’a jamais été empêché de négocier individuellement avec les équipes et a effectivement conclu des accords avec 13 d’entre elles. De plus, NASCAR avait régulièrement négocié conjointement avec toutes les équipes depuis le premier accord charter ratifié en 2016, le tout via la Race Team Alliance (RTA).

La définition du marché pertinent au cœur de la poursuite antitrust NASCAR

L’une des questions fondamentales soulevées lors de l’audience sur le jugement sommaire concerne la définition précise du marché. Pour 23XI et Front Row Motorsports, le marché se limite exclusivement aux “courses de stock-car de premier plan”, un secteur où NASCAR détient effectivement un monopole incontesté. Jeffrey Kessler, l’avocat représentant les deux équipes, a souligné que lors de témoignages sous serment, Steve Phelps et Lesa France-Kennedy n’ont pu identifier aucun autre acheteur potentiel d’équipements de courses de stock-car de premier plan.

“Il ne fait aucun doute qu’il existe une part de marché de 100% et qu’elle est durable”, a déclaré Kessler au tribunal. L’avocat a insisté sur le fait que tous les investissements de ses clients concernent spécifiquement les stock-cars. “Leur personnel et leur équipement sont destinés aux stock-cars. Rien de tout cela n’est utilisable en IndyCar ou en F1”, a-t-il argumenté. Pour illustrer son propos, Kessler a même évoqué Michael Jordan directement : “Nos clients ne sont pas dans le secteur de la course automobile en général. Michael Jordan, si vous pointez un pistolet sur sa tête et dites ‘tu dois aller en IndyCar’, tu as intérêt à avoir un gros pistolet. Il ne veut pas être en Indy. Il veut être en NASCAR.”

À l’opposé, NASCAR défend l’idée que le marché englobe l’ensemble du sport automobile haut de gamme, incluant IndyCar, Formule 1 et même les séries inférieures comme Xfinity et Truck. Christopher Yates, l’avocat principal de NASCAR, a cité l’exemple de propriétaires comme Chip Ganassi et Roger Penske, qui ont possédé des voitures dans plusieurs disciplines. Le fait que Ganassi ait vendu son opération NASCAR à Trackhouse Racing puis étendu ses opérations IndyCar et INDY NXT démontre selon lui une “substitution et un mouvement” entre ces différentes catégories.

Le juge Bell a posé des questions perspicaces pour tester les limites de chaque argument. Dans un échange qui a provoqué des rires dans la salle d’audience, il a demandé si le thé chaud et le café chaud appartenaient au même marché. Bell a confié qu’il appréciait le café chaud mais ne boirait jamais de thé chaud. Yates a répondu qu’ils faisaient tous deux partie du marché des “boissons”. Plus tard, Bell a interrogé Yates sur la raison pour laquelle NASCAR exclut spécifiquement les courses en monoplaces dans ses clauses de non-concurrence si IndyCar et F1 font partie du même marché. La réponse de l’avocat fut que “NASCAR ne veut pas que quelqu’un copie son identité.”

Dans une remarque finale ironique, le juge Bell a déclaré : “Quand je vais sur ESPN.com, les onglets affichent ‘NFL’, ‘MLB’, ‘NCAA’, ‘NHL’, ‘NBA’, ‘NASCAR’, ‘IndyCar’ et ‘F1’. Peut-être qu’ils ont besoin d’un économiste.” Cette observation subtile faisait référence au fait que les deux parties ont présenté des experts économistes contradictoires parvenant à des conclusions diamétralement opposées sur la définition du marché.

Les questions de prescription et d’autorité commerciale dans le jugement sommaire

Un autre aspect crucial de cette poursuite antitrust NASCAR 23XI Front Row Motorsports jugement sommaire concerne la question de la prescription. NASCAR soutient que toute action antérieure à 2021 est prescrite et donc inadmissible pour évaluer les dommages ou l’examen juridique. Cette position exclurait de l’analyse des comportements prétendument anticoncurrentiels comme l’acquisition formelle par NASCAR de l’ARCA Racing Series ou sa fusion avec la société sœur International Speedway Corporation.

Les deux équipes plaignantes contestent vigoureusement cette interprétation, arguant que le préjudice anticoncurrentiel est continu et que l’horloge se réinitialise constamment. Selon leur raisonnement juridique, les clauses de non-concurrence imposées par NASCAR, les accords concernant la voiture NextGen, les accords d’exclusivité avec les circuits, les accords de transfert de charter et la clause d’abandon de poursuites restent tous pertinents et actionnables. Ces éléments constituent selon eux une chaîne ininterrompue d’actions anticoncurrentielles qui perdure jusqu’aujourd’hui.

Cette question de prescription revêt une importance capitale car elle détermine quelles preuves et quels comportements peuvent être examinés par le jury. Si le juge Bell accepte l’argument de NASCAR, une portion significative des allégations des équipes pourrait être écartée avant même le début du procès. À l’inverse, si les équipes obtiennent gain de cause, l’historique complet des relations entre NASCAR et ses équipes pourrait être scruté, potentiellement révélant un schéma systématique de comportements monopolistiques.

Durant l’audience, le juge Bell a également questionné les deux parties sur la notion d’autorité commerciale et de pouvoir de marché. NASCAR a tenté de démontrer qu’elle ne peut pas être un monopsone – situation où il n’existe qu’un seul acheteur de services imposant des conditions moins favorables que dans un marché concurrentiel – parce que les équipes ont obtenu des augmentations de revenus entre l’accord charter de 2016 et celui de 2025. Selon Christopher Yates, cette augmentation prouve que le système fonctionne de manière compétitive.

Jeffrey Kessler a vigoureusement contesté cette affirmation lors de sa réfutation, soulignant que les augmentations suivent à peine l’inflation et que l’argument de NASCAR est trompeur. Il a insisté sur le fait que le véritable test d’un comportement anticonurrentiel n’est pas de savoir si NASCAR a subi un préjudice, mais si la concurrence elle-même a été endommagée. Le juge Bell a d’ailleurs rappelé à l’équipe juridique de NASCAR que leur objectif ne devrait pas être de prouver que la tactique a nui à NASCAR, mais plutôt qu’elle a nui à la concurrence. “Il n’est pas illégal pour une partie d’obtenir de meilleures conditions, mais c’est une violation de la loi antitrust de nuire à la concurrence”, a précisé le magistrat.

Les déclarations des propriétaires d’équipes et l’impact potentiel sur l’industrie

L’affaire a pris une dimension supplémentaire avec les déclarations officielles soumises par plusieurs propriétaires d’équipes NASCAR influents. Rick Hendrick, Roger Penske, Richard Childress et Joe Gibbs ont tous exprimé leur soutien au système de charter actuel et leur inquiétude quant aux conséquences potentielles d’une victoire des plaignants. Ces témoignages, bien que favorables à NASCAR en apparence, révèlent également la dépendance critique des équipes vis-à-vis du système établi.

Joe Gibbs a déclaré dans sa déposition : “La chose la plus importante pour moi est que cette poursuite soit résolue à l’amiable, rapidement et d’une manière qui préserve le système de Charter et la viabilité à long terme de notre sport incroyable. Cela doit se produire pour assurer la santé, le bonheur et la prospérité de nos nombreuses centaines d’employés et de leurs familles. Rien n’a plus d’importance pour moi.” Rick Hendrick a pour sa part souligné : “L’accord Charter est essentiel à la stabilité de l’écosystème NASCAR - les équipes, les entreprises qui nous soutiennent et NASCAR lui-même. Sans ce cadre en place, je m’interroge sur la viabilité à long terme des équipes, y compris Hendrick Motorsports, et je ne crois pas que nous serions en mesure de survivre.”

Ces déclarations mettent en lumière un paradoxe central de l’affaire. Jeffrey Kessler, l’avocat de 23XI et Front Row, a rapidement souligné que ces témoignages soutiennent en réalité la position de ses clients. “Mes clients ne cherchent pas, et n’ont jamais cherché, à éliminer le système de charter. Ils ont soutenu les charters parce que les équipes ne peuvent pas survivre sans eux”, a-t-il déclaré. Cette reconnaissance par les propriétaires d’équipes de leur dépendance absolue vis-à-vis du système charter pourrait en fait renforcer l’argument selon lequel NASCAR détient un pouvoir monopolistique sur le marché.

Le juge Bell avait précédemment averti en août 2025 que si les plaignants l’emportaient au procès, le tribunal disposerait d’une vaste gamme de mesures correctives. “Il y aura probablement des ventes de circuits. Les clauses de non-exclusivité seront effacées. Les clauses de non-concurrence seront effacées. Il y aura des changements concernant l’utilisation des voitures. Le système de charter lui-même pourrait être examiné. Même si personne ne demande au tribunal de l’examiner, le tribunal n’est pas limité aux recours suggérés par les parties”, avait-il expliqué.

Ces perspectives ont créé une incertitude considérable dans le paddock NASCAR. Les sponsors, pilotes et diffuseurs ne savent pas à quoi ressemblera la saison 2026 si les plaignants obtiennent gain de cause. Cette incertitude elle-même devient un argument pour NASCAR, qui plaide que la stabilité du sport nécessite un rejet rapide de la poursuite. Pourtant, comme l’a souligné le juge Bell, si les plaignants ne l’emportent pas, “tout le monde aura la certitude” que rien ne changera dans leur modèle commercial.

Les tentatives de médiation infructueuses et les perspectives de procès

Les deux jours de conférences de règlement judiciaire qui ont précédé l’audience sur le jugement sommaire se sont soldés par un échec complet. Malgré la supervision du juge Kenneth D. Bell et les efforts des représentants légaux des deux parties, aucun accord n’a pu être trouvé. Le magistrat a ouvert la session du jeudi en remerciant néanmoins tous les participants pour leurs efforts de bonne foi, reconnaissant que “tout le monde a agi de bonne foi pour régler cette affaire”, même si ces tentatives se sont révélées vaines.

Cette incapacité à parvenir à un règlement amiable signifie que l’affaire se dirige désormais vers un procès devant jury prévu pour commencer le 1er décembre 2025. Ce procès pourrait durer deux semaines ou plus, mobilisant des ressources considérables des deux côtés et exposant publiquement les rouages internes du modèle commercial de NASCAR. Le juge Bell a clairement exprimé son désir de voir les parties résoudre leurs différends, comparant à plusieurs reprises cette affaire au fait de “brûler la maison au-dessus de la tête de tout le monde” et se décrivant lui-même comme un “pompier” tentant d’encourager les deux parties à envisager un règlement.

Dans une métaphore révélatrice, le juge a déclaré lors de l’audience : “J’essaie de comprendre quelle doit être la taille de la lance à incendie.” Cette remarque illustre son intention de se préparer à gérer les conséquences potentiellement explosives du procès. Bell a également indiqué qu’il ne prévoyait pas d’utiliser un “chronomètre d’échecs” durant le procès, signalant sa volonté de donner aux deux parties suffisamment de temps pour présenter leurs arguments. “Je me sens assez confiant dans ma capacité à contrôler les avocats”, a-t-il ajouté avec une pointe d’humour.

Le juge a précisé qu’il entendait rendre sa décision sur les motions de jugement sommaire, si nécessaire, dans les deux prochaines semaines. Il pourrait choisir de statuer sur toutes les motions, de rendre un jugement partiel, ou de n’en accepter aucune. Cette décision façonnera considérablement les contours du procès à venir, en définissant quelles questions seront soumises au jury et quelles preuves seront admissibles.

NASCAR, dans sa requête officielle déposée début octobre, avait déclaré que le procès “devrait prendre fin (comme le garage le souhaite)” et que cela permettrait de “ramener l’attention sur des courses passionnantes sur la piste pour le reste de 2025 et de commencer la planification d’une saison 2026 cruciale”. L’instance a affirmé que “cette poursuite ne concerne pas l’antitrust ; c’est simplement une tentative de renégocier un accord qui a été signé et qui est honoré par toutes les autres équipes de course.” Cette position est contestée par [les écuries qui estiment que leurs droits fondamentaux dans le sport automobile] sont en jeu, une problématique qui rappelle d’autres tensions historiques entre organisateurs et participants dans le monde de la compétition automobile.


La poursuite antitrust NASCAR 23XI Front Row Motorsports jugement sommaire représente bien plus qu’un simple différend contractuel entre un organisme de sanction et deux équipes mécontentes. Elle soulève des questions fondamentales sur la structure même du sport automobile américain, l’équilibre des pouvoirs entre promoteurs et participants, et la définition juridique des marchés monopolistiques dans l’industrie du divertissement sportif. Après l’audience marathon du 23 octobre, il apparaît de plus en plus probable que cette affaire se réglera devant un jury en décembre, à moins qu’une percée inattendue ne survienne dans les négociations.

Les enjeux dépassent largement les intérêts immédiats de 23XI Racing et Front Row Motorsports. Une victoire des plaignants pourrait entraîner une refonte complète du système de charter, l’élimination de nombreuses clauses restrictives, et potentiellement même la vente forcée de certains circuits appartenant à NASCAR. À l’inverse, une victoire de NASCAR consoliderait le statu quo et pourrait dissuader de futures contestations du modèle commercial établi. Quelle que soit l’issue, cette bataille juridique marquera un tournant historique pour NASCAR et servira probablement de precedent pour d’autres litiges dans le sport automobile mondial. Les six semaines à venir détermineront si le monde de la course automobile américaine restera inchangé ou connaîtra sa transformation la plus radicale depuis des décennies.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.