Mitch Evans a offert un spectacle mémorable lors de l’E-Prix de Miami, en remportant une victoire éclatante dans des conditions humides. Parti neuvième sur la grille, le pilote Jaguar TCS Racing a su gérer son énergie avec maîtrise avant de déployer ses modes d’attaque pour remonter au classement. Son dépassement décisif sur Nico Mueller au virage 13, au 28e tour, avec un switchback magistral, l’a propulsé en tête de course.
Cette performance marque le premier podium d’Evans cette saison après deux manches sans points. Il s’impose avec 3,151 secondes d’avance sur Mueller, devant son coéquipier Porsche Pascal Wehrlein. La pluie a rendu la piste glissante, favorisant les stratégies astucieuses et les erreurs des leaders initiaux.

Déroulement de la course
La course a débuté sous safety car en raison des conditions humides, sans séance préalable sur piste mouillée. Nico Mueller et Felipe Drugovich se sont disputé la tête en début de course, Drugovich prenant l’avantage grâce à un activation immédiate de son mode d’attaque. Evans, conservant son énergie, a patiemment grimpé dans le peloton.
Au tour 17, Antonio Felix da Costa s’est porté en tête avec son mode d’attaque, mais l’ordre a vite changé. Les activations croisées des boosts à 50 kW ont chamboulé les positions, Evans passant troisième après son premier mode d’attaque. La pluie s’est intensifiée, rendant les dépassements risqués mais décisifs.
Au 26e tour, un incident majeur a secoué la course : Drugovich a mal jugé son freinage au virage 13 et a percuté da Costa par l’arrière. Le Brésilien a dû rentrer aux stands pour changer son aileron avant endommagé, tandis que le Portugais continuait avec des dégâts mineurs. Cela a ouvert la voie à Joel Eriksson pour un meilleur résultat.
Evans a alors accéléré : au tour 27, il a feinté Mueller à l’extérieur avant de switcher à l’intérieur pour prendre la tête. Sa gestion parfaite de la batterie lui a permis de creuser l’écart malgré les contres des Porsche. Nyck de Vries et Edoardo Mortara, chez Mahindra, ont complété le top 6 en profitant des aléas.
La fin de course a vu Wehrlein activer son second mode d’attaque en premier, mais Evans a répondu idéalement pour s’envoler. Sur 41 tours, sa constance a été exemplaire, illustrant pourquoi il détient désormais le record absolu de 15 victoires en Formula E.
Cette manche tactique rappelle les courses pluvieuses historiques comme Berlin 2020, où la gestion des modes d’attaque avait été cruciale.
Moments forts et stratégies
Le switchback d’Evans sur Mueller reste le highlight de la course, un mouvement précis qui a surpris tout le monde. Parti de la dixième place effective après safety car, il a utilisé ses deux modes d’attaque pour passer de la dixième à la première position. Sa conservation d’énergie initiale a été payante dans le trafic.
Les Porsche ont brillé en duo : Mueller en tête longtemps, Wehrlein remontant grâce à son timing sur le second boost. Chez Envision Racing, Joel Eriksson signe son meilleur résultat en carrière, aidé par l’incident Drugovich-da Costa. Sébastien Buemi a également brillé en dépassant da Costa pour la septième place.
Pepe Marti, chez Cupra Kiro, confirme avec un nouveau top 10, son deuxième de la saison. Jake Dennis, champion 2022-23, sauve un point en dixième position pour Andretti. Ces performances montrent la compétitivité accrue des équipes moyennes en conditions mixtes.
La stratégie autour des modes d’attaque a été reine : activations instantanées pour Drugovich au début, mais son erreur a coûté cher. Evans a attendu le bon moment, évitant les pièges de la pluie. Cela évoque la victoire de Stoffel Vandoorne à Monaco 2023, où la patience avait primé.
Classement final de l’E-Prix de Miami
Voici le top 10 de cette manche disputée sur 41 tours :
- Mitch Evans (Jaguar TCS Racing) - 25 points (+0.000s)
- Nico Mueller (Porsche) - 18 points (+3.151s)
- Pascal Wehrlein (Porsche) - 15 points (+8.827s)
- Joel Eriksson (Envision Racing) - 12 points (+12.394s)
- Nyck de Vries (Mahindra Racing) - 10 points (+16.561s)
- Edoardo Mortara (Mahindra Racing) - 8 points (+17.525s)
- Sébastien Buemi (Envision Racing) - 6 points (+17.718s)
- Antonio Felix da Costa (Jaguar TCS Racing) - 4 points (+18.903s)
- Pepe Marti (Cupra Kiro) - 2 points (+20.576s)
- Jake Dennis (Andretti) - 1 point (+21.102s)
Nick Cassidy termine 16e pour Citroën, sans points, tandis qu’Oliver Rowland, tenant du titre, est 12e chez Nissan. Dan Ticktum abandonne après 25 tours.
Ce classement reflète la domination tactique de Jaguar et Porsche.
Implications pour le championnat
Cette victoire propulse Evans au sommet des stats historiques avec 15 succès, surpassant ses rivaux. Sans points auparavant, il se relance dans la course au titre. Porsche engrange un doublé précieux, étendant son avance constructeurs.
Cassidy conserve la tête des pilotes avec 40 points, mais Wehrlein n’est qu’à 2 unités (38 points). Rowland stagne, à la peine sur 12e place. Mahindra surprend avec un double top 6, signalant une montée en puissance.
Evans dépasse les 1000 points en carrière, un jalon important. La saison 2025/26 s’annonce disputée, avec des écarts minimes après trois manches.
Prochain rendez-vous : double-header à Djeddah
La Formula E file vers l’Arabie Saoudite pour un double-header les 13 et 14 février. Ce format intensif testera la régénération des batteries après Miami.
Evans arrive boosté, Wehrlein en chasseur. Cassidy, sous pression, visera des podiums pour creuser l’écart.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.