Le championnat du monde de Formule 1 2025 va se conclure de manière spectaculaire ce week-end à Abu Dhabi, avec trois pilotes encore en lice pour le titre. Pour la première fois depuis 2010, la finale de la saison réunit trois prétendants légitimes : Lando Norris, Max Verstappen et Oscar Piastri. Cette configuration unique place McLaren dans une situation délicate mais historique, avec ses deux pilotes séparés par seulement 16 points au classement général.
La question des ordres d’équipe McLaren F1 Abu Dhabi 2025 Norris Piastri domine les discussions dans le paddock depuis plusieurs jours. L’écurie wokingaise, leader du championnat des constructeurs, doit gérer la rivalité saine entre ses deux pilotes tout en maximisant ses chances de décrocher le titre pilotes. Zak Brown, patron de McLaren, a tranché en confirmant que l’écurie n’hésiterait pas à donner des instructions si la situation l’exigeait pendant la course.

Les ordres d’équipe McLaren F1 Abu Dhabi 2025 Norris Piastri : une position claire de la direction
Zak Brown confirme la stratégie de l’écurie
Dans une interview exclusive accordée à Sky Sports F1, Zak Brown a levé toute ambiguïté sur la position de McLaren. “Oui, bien sûr. Nous sommes réalistes. Nous voulons gagner ce championnat des pilotes”, a-t-il déclaré sans détour. Le dirigeant américain a précisé que si la course révélait qu’un seul de ses pilotes avait une chance réelle de titre, l’écurie agirait en conséquence.
Brown a justifié cette position par la nature même du sport automobile de haut niveau : “C’est un sport d’équipe. Nous essayons de gagner le championnat des constructeurs en tant qu’équipe et nous essayons de gagner le championnat des pilotes en tant qu’équipe”. Cette déclaration marque un tournant dans la communication de McLaren, qui avait jusqu’ici prôné une égalité parfaite entre ses deux pilotes.
Les “papaya rules” mises à l’épreuve
Tout au long de la saison 2025, McLaren a appliqué ses célèbres “papaya rules”, un règlement interne qui autorise les pilotes à se battre librement sur piste, à une seule condition : éviter tout contact. Cette approche, saluée par les fans pour les spectaculaires duels qu’elle a permis, montre ses limites dans ce contexte de finale à trois.
Andrea Stella, directeur de l’écurie, a tenté de rassurer tout en maintenant une certaine flexibilité : “Nous voulons être équitable avec nos pilotes, nous voulons courir avec intégrité, et nous voulons courir d’une manière qui ne surprend pas nos pilotes”. Il a cependant promis des discussions supplémentaires avant la course pour définir clairement l’approche retenue.
Scénarios de championnat pour Norris et Piastri
Les calculs précis pour chaque pilote
Avant le départ du Grand Prix d’Abu Dhabi, la situation au championnat est la suivante :
- Lando Norris : 408 points
- Max Verstappen : 396 points
- Oscar Piastri : 392 points
Le championnat sera extrêmement serré, avec plusieurs scénarios possibles :
Norris champion si :
- Il termine sur le podium (quel que soit le résultat des autres)
- Il finit 4e ou 5e et Verstappen ne gagne pas
- Il finit 6e et ni Verstappen ni Piastri ne gagnent
- Il finit 7e-8e et Piastri ne gagne pas avec Verstappen 3e maximum
- Il finit 9e et Piastri ne gagne pas avec Verstappen hors podium
- Il finit 10e avec Piastri 3e maximum et Verstappen hors podium
- Il ne marque pas avec Piastri 3e maximum et Verstappen hors podium
Verstappen champion si :
- Il gagne et Norris finit 4e maximum
- Il finit 2e, Piastri ne gagne pas et Norris finit 8e maximum
- Il finit 3e, Piastri ne gagne pas et Norris finit 9e maximum
Piastri champion si :
- Il gagne et Norris finit 6e maximum
- Il finit 2e, Verstappen hors podium et Norris 10e maximum
Quand Piastri devrait-il céder sa place ?
La situation la plus délicate pour McLaren surviendrait si Max Verstappen menait la course et qu’Oscar Piastri, alors deuxième, réalise que ses chances de titre sont quasiment nulles. Dans ce cas, l’ordre d’équipe serait clair : le jeune australien devrait céder sa place à Norris, qui pourrait alors s’assurer du titre en montant sur le podium.
Zak Brown a abordé ce scénario précis : “Nous ne allons pas laisser tomber le championnat parce que nous essayons de protéger une 3e et une 4e place, ou une 6e et une 7e”. Cette déclaration laisse peu de doute sur la volonté de l’écurie d’intervenir si nécessaire.
Les réactions des pilotes face aux ordres d’équipe
L’ambivalence de Lando Norris
Lando Norris, leader du championnat, a adopté une position nuancée lors de la conférence de presse jeudi. “Je ne vais pas demander de l’aide à mon coéquipier, mais j’adorerais la recevoir”, a-t-il lâché avec un sourire en coin. Cette déclaration reflète la difficulté pour un pilote de demander explicitement un avantage, même lorsque la situation l’exigerait.
Le Britannique semble conscient que la victoire avec l’aide de son coéquipier pourrait entacher sa couronne, mais il préfère probablement un titre acquis avec de l’aide plutôt qu’une défaite de justesse. Son attitude prudente s’explique par le risque de critique médiatique et de la part des fans si le titre découlait d’un ordre d’équipe.
La réponse mesurée d’Oscar Piastri
Oscar Piastri, quant à lui, a préféré rester évasif : “L’équipe n’a pas encore discuté de l’utilisation d’ordres d’équipe, donc je n’aurai pas de réponse avant de savoir ce qui est attendu”. Cette réponse diplomatique cache probablement une réalité plus complexe : le jeune pilote sait qu’il devra faire preuve de fair-play si ses chances disparaissent, mais il ne veut pas s’engager publiquement avant la course.
L’Australien de 23 ans sait qu’une désobéissance aux ordres d’équipe serait “un suicide professionnel chez McLaren”, comme l’a souligné un ancien pilote de F1 dans un article récent. Sa carrière chez l’écurie papaya ne fait que commencer, et contester une instruction majeure dans une telle situation pourrait compromettre sa relation avec la direction.
Précédents et légitimité des ordres d’équipe
McLaren peut se référer à des précédents récents pour justifier une éventuelle intervention. Zak Brown a lui-même rappelé les courses sprint de Sao Paulo et Qatar en 2024, où les pilotes avaient déjà échangé leurs positions sur instruction de l’écurie. “Nous avons déjà vu cela l’année dernière, non ? Vous avez vu cela dans la sprint à Brésil et je pense que c’était Qatar”, a-t-il souligné.
Ces précédents établissent une norme au sein de l’écurie : les intérêts collectifs priment sur les ambitions individuelles lorsque le championnat est en jeu. De plus, l’histoire de la F1 regorge d’exemples célèbres d’ordres d’équipe dans des finales serrées, de Ferrari à Red Bull en passant par Mercedes. McLaren n’invente donc rien, mais s’inscrit dans une tradition où la gestion stratégique des pilotes fait partie du jeu.
Implications pour le championnat et au-delà
Le Grand Prix d’Abu Dhabi 2025 s’annonce comme un tournant décisif pour McLaren. Si l’écurie parvient à remporter le titre des pilotes, ce serait son premier depuis Lewis Hamilton en 2008, mettant fin à une disette de 17 ans. Cette perspective justifie pleinement, aux yeux de la direction, une intervention stratégique si la course l’exige.
La décision de McLaren de confirmer publiquement sa volonté d’utiliser des ordres d’équipe a le mérite de la transparence. Contrairement à certaines écuries qui agissent dans la discrétion, Zak Brown pose les bases d’une intervention potentielle qui ne surprendra personne, ni les pilotes, ni les observateurs.
Quelle que soit l’issue de cette finale à trois, cette situation posera les fondations de la relation entre Norris et Piastri pour les années à venir. Si l’ordre d’équipe est donné et respecté, il faudra veiller à ce que le pilote lésé ne garde pas de rancune, car la compétitivité de McLaren dépend de la qualité de cette relation interne. L’abnégation d’aujourd’hui pourrait être récompensée demain, dans un sport où les rôles peuvent s’inverser d’une saison à l’autre.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.