La saison 2025 de MotoGP et la blessure d Marc Marquez : diagnostic, récupération et perspectives 2026

La saison 2025 de MotoGP restera marquée par le septième titre mondial de Marc Marquez, mais aussi par une blessure à l’épaule droite qui a brutalement interrompu son parcours triomphal. Le pilote espagnol de Ducati, qui avait survolé le championnat avec onze victoires en Grand Prix, a vu sa campagne se terminer prématurément après une chute lors du Grand Prix d’Indonésie. Cette blessure et le processus de récupération qui s’ensuit soulèvent de nombreuses questions sur la nature exacte de la lésion, les défis de la convalescence, et les perspectives pour l’avenir du champion catalan.

L’incident de Mandalika et ses conséquences immédiates ont rappelé la fragilité des pilotes MotoGP, même pour ceux qui semblent invincibles. Pour Marquez, qui avait déjà traversé des épreuves médicales majeures par le passé, cette nouvelle blessure représente un obstacle supplémentaire, bien que d’une nature différente. La gestion prudente de sa récupération par l’équipe Ducati et les médecins témoigne de l’importance accordée à un retour complet et sûr pour la saison 2026.

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La blessure épaule Marc Marquez : diagnostic et gravité de la lésion MotoGP

L’accident qui a provoqué la blessure à l’épaule de Marc Marquez s’est produit dès le premier tour du Grand Prix d’Indonésie, le 5 octobre 2025, sur le circuit de Mandalika. Déséquilibré par Marco Bezzecchi lors d’un contact de course, le pilote Ducati a chuté violemment sur le bitume indonésien. Les premiers examens réalisés sur place ont rapidement révélé la gravité de la situation.

Le diagnostic officiel, communiqué par Ducati, a identifié une fracture à la base du processus coracoïde, accompagnée de lésions ligamentaires importantes à l’épaule droite. Le processus coracoïde est une petite saillie osseuse située à l’avant de l’omoplate, servant de point d’ancrage à plusieurs muscles et ligaments essentiels à la mobilité et la stabilité de l’épaule. Une fracture à cet endroit, combinée à des dommages ligamentaires, représente une blessure complexe nécessitant une attention médicale particulière.

Dans un premier temps, l’équipe médicale avait opté pour un traitement conservateur, avec une immobilisation complète du bras. Cette approche initiale visait à permettre aux tissus de commencer à guérir naturellement avant d’envisager toute intervention chirurgicale. Cependant, après une semaine d’observation et de nouveaux examens approfondis, la décision a été prise de procéder à une opération.

L’intervention chirurgicale s’est déroulée au Ruber Internacional Hospital de Madrid, un établissement spécialisé dans la traumatologie sportive qui avait déjà suivi Marquez lors de précédentes blessures. Selon le communiqué de Ducati, l’opération “s’est bien déroulée”, permettant au pilote de regagner son domicile le jour même pour poursuivre sa convalescence. Cette décision d’opérer témoigne de la complexité de la lésion et de la nécessité d’une stabilisation chirurgicale pour garantir une récupération optimale.

Il est important de noter que Ducati a expressément exclu tout lien entre cette blessure à l’épaule droite et la fracture de l’humérus droit dont avait souffert Marquez en 2020. Cette précision vise à rassurer sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une complication ou d’une fragilité résiduelle de ses précédentes blessures, mais bien d’un traumatisme indépendant lié à l’accident de Mandalika. La zone anatomique touchée est différente, même si elle concerne le même membre supérieur.

Récupération sérieuse Marc Marquez MotoGP : protocole médical et délais

Le protocole de récupération établi pour Marc Marquez après son opération de l’épaule droite suit des étapes strictes et progressives. Selon les informations communiquées par Ducati, le pilote espagnol doit d’abord passer quatre semaines avec le bras complètement immobilisé. Cette phase d’immobilisation totale est cruciale pour permettre la consolidation osseuse de la fracture du coracoïde et la cicatrisation des tissus ligamentaires réparés chirurgicalement.

Durant cette première phase, Marquez reste à domicile sous surveillance médicale, avec des consultations régulières pour suivre l’évolution de la guérison. L’immobilisation stricte empêche tout mouvement qui pourrait compromettre le travail chirurgical ou ralentir la consolidation. Pour un athlète de haut niveau habitué à l’activité physique intense, cette période représente un défi psychologique autant que physique.

La deuxième phase du protocole de récupération consiste en la rééducation fonctionnelle, qui ne pourra débuter qu’après la levée de l’immobilisation. Cette étape sera progressive et supervisée par des kinésithérapeutes spécialisés en traumatologie sportive. Les premiers exercices viseront à restaurer la mobilité de l’épaule, puis progressivement la force musculaire et la proprioception, essentielles pour un pilote de MotoGP qui doit pouvoir contrôler une machine de 160 chevaux dans des conditions extrêmes.

Le délai total de récupération, bien que non précisé exactement par l’équipe médicale, rend impossible tout retour en compétition pour la fin de la saison 2025. Ducati avait initialement laissé entendre qu’un retour pourrait être envisageable pour la dernière course à Valence mi-novembre, mais cette hypothèse a finalement été écartée. La décision, communiquée le 23 octobre, confirme que “il est donc impossible d’envisager son retour à la compétition cette année”.

Cette approche prudente contraste avec certains retours précipités que Marquez avait tentés par le passé, notamment après sa fracture de l’humérus en 2020 où il était revenu trop tôt, aggravant sa blessure et nécessitant plusieurs opérations supplémentaires. L’expérience de ce parcours douloureux semble avoir enseigné à l’équipe et au pilote l’importance de respecter les délais de guérison. Comme l’a déclaré Marquez lui-même : “Cela ne doit pas occulter ni nous faire oublier le grand objectif que nous avons atteint cette année : redevenir champions du monde.”

La priorité absolue est désormais d’arriver en pleine forme pour la préparation de la saison 2026. Les tests hivernaux, généralement organisés en février, représentent la première échéance cruciale. D’ici là, la gestion prudente de sa récupération permettra à Marquez de retrouver l’intégralité de ses capacités physiques, sans précipitation qui pourrait compromettre son avenir en MotoGP.

Impact sur la fin de saison MotoGP et remplacement par Michele Pirro

L’absence de Marc Marquez pour les quatre dernières courses de la saison 2025 a nécessité une réorganisation rapide au sein de l’équipe Ducati Lenovo. Le champion du monde, déjà sacré fin septembre au Japon, manque ainsi les Grands Prix d’Australie, de Malaisie, du Portugal et de Valence. Son remplaçant, Michele Pirro, a été appelé pour assurer l’intérim dans ces circonstances particulières.

Michele Pirro, 39 ans, n’est pas un inconnu pour Ducati. Pilote essayeur officiel de la marque italienne depuis de nombreuses années, il possède une connaissance approfondie des machines et travaille régulièrement sur le développement des motos lors des tests privés. Sa participation ponctuelle à certains Grands Prix en tant que wildcard lui confère également une expérience de la compétition, même s’il n’évolue pas à temps plein dans le championnat.

Le choix de Pirro s’explique par sa disponibilité immédiate et sa familiarité avec l’équipe. Contrairement à un pilote externe qui nécessiterait un temps d’adaptation important, Pirro connaît parfaitement les procédures de l’écurie, les ingénieurs et les caractéristiques techniques de la Desmosedici GP25. Cependant, son rôle n’est pas de rivaliser pour les victoires mais plutôt d’assurer une présence honorable et de continuer à collecter des données pour Ducati.

Pour l’équipe Ducati, l’impact sportif de l’absence de Marquez reste limité puisque le titre constructeur était déjà quasiment assuré avant l’accident. Les onze victoires accumulées par le pilote espagnol en début de saison avaient creusé un écart considérable au championnat, permettant à Ducati de dominer largement la hiérarchie. Néanmoins, l’absence de leur champion lors des dernières courses prive l’équipe de la possibilité de célébrer dignement le titre sur la piste.

D’un point de vue stratégique, cette période permet également à Ducati de se projeter sur 2026. Les courses restantes servent de terrain d’essai pour des évolutions techniques et permettent aux ingénieurs de continuer à développer la moto sans la pression des résultats. Pirro, dans son rôle de testeur, apporte un retour précieux sur les nouvelles pièces et configurations qui pourraient être utilisées la saison prochaine.

L’absence de Marquez offre aussi une opportunité aux autres pilotes Ducati du plateau de briller. Avec moins de pression de la part du champion, des coureurs comme Enea Bastianini ou les pilotes des équipes satellites peuvent ambitionner des podiums supplémentaires. Cette redistribution des cartes en fin de saison crée une dynamique différente dans les courses, même si elle ne change rien au classement final du championnat.

Les précédents et la gestion des blessures dans la carrière de Marc Marquez

La carrière de Marc Marquez en MotoGP a malheureusement été ponctuée de plusieurs blessures graves, faisant de lui l’un des pilotes ayant le plus souffert physiquement dans l’ère moderne du championnat. La fracture de l’humérus droit survenue en juillet 2020 à Jerez reste la plus emblématique et la plus traumatisante de sa carrière. Lors d’une chute pendant le premier Grand Prix de la saison, Marquez s’était fracturé l’humérus et avait tenté un retour précipité quelques jours plus tard.

Cette décision de revenir trop rapidement s’était avérée catastrophique. Lors des essais libres du Grand Prix d’Andalousie sur le même circuit, la plaque qui avait été posée pour stabiliser la fracture s’était rompue sous l’effort, nécessitant une deuxième opération immédiate. Ce qui devait être une absence de quelques semaines s’est transformé en calvaire de près de trois ans, avec au total quatre interventions chirurgicales et une longue période de doute sur sa capacité à retrouver son niveau.

Durant cette période difficile, Marquez n’a pas participé à l’intégralité de la saison 2020 et a connu deux saisons 2021 et 2022 en demi-teinte, alternant retours prometteurs et rechutes douloureuses. Les complications incluaient une infection osseuse, des problèmes de consolidation et une perte significative de la masse musculaire du bras droit. Son retour au sommet en 2023, puis son titre mondial en 2025, témoignent d’une résilience exceptionnelle.

Au-delà de l’humérus, Marquez a aussi subi d’autres traumatismes tout au long de sa carrière. En 2011, alors qu’il courait en Moto2, il avait été victime d’une diplopie (vision double) suite à une chute violente. Cette blessure neurologique avait nécessité plusieurs semaines de repos et soulevé des inquiétudes sur sa capacité à continuer la compétition. Il avait finalement récupéré complètement et remporté le titre Moto2 cette année-là.

En 2019, Marquez avait également connu une luxation de l’épaule gauche lors d’un accident de motocross pendant l’intersaison. Cette blessure, bien que moins grave que celles qui allaient suivre, avait déjà montré sa vulnérabilité à ce type de traumatisme articulaire. Les luxations d’épaule sont particulièrement préoccupantes pour les pilotes car elles fragilisent l’articulation et augmentent le risque de récidive.

L’expérience douloureuse de 2020-2022 a visiblement influencé l’approche actuelle de Marquez et de son équipe face à la blessure de 2025. La décision de ne pas précipiter le retour, de suivre scrupuleusement le protocole médical et d’accepter de manquer la fin de saison démontre une maturité acquise au prix fort. Marquez sait désormais que la prudence à court terme garantit la longévité à long terme, et qu’un titre mondial vaut moins qu’une carrière entière en bonne santé.

Perspectives pour la saison 2026 et préparation physique

Malgré la fin prématurée de sa saison 2025, Marc Marquez peut déjà se projeter sur 2026 avec une certaine sérénité. Le septième titre mondial acquis avant sa blessure lui permet d’aborder la convalescence sans la pression d’un championnat inachevé. L’objectif principal est désormais d’arriver aux tests de pré-saison en février 2026 avec une épaule complètement rétablie et une condition physique optimale.

Le calendrier de récupération établi par les médecins prévoit une guérison complète dans les mois à venir. Les quatre semaines d’immobilisation seront suivies d’une phase intensive de rééducation qui devrait s’étendre jusqu’en décembre 2025. Durant cette période, Marquez travaillera avec son kinésithérapeute habituel, qui l’avait déjà accompagné lors de sa précédente convalescence après la fracture de l’humérus. Cette collaboration éprouvée garantit une compréhension parfaite des besoins spécifiques du pilote.

La préparation physique d’un pilote MotoGP nécessite une attention particulière à plusieurs aspects. Au-delà de la récupération de l’épaule elle-même, Marquez devra maintenir sa condition cardiovasculaire, sa force globale et sa souplesse durant la période où il ne pourra pas piloter. Des exercices adaptés pour le bas du corps et le tronc permettront de conserver une base physique solide, tandis que la rééducation de l’épaule progressera parallèlement.

Un aspect crucial de la récupération concerne la confiance psychologique. Après une blessure significative, de nombreux sportifs éprouvent une appréhension naturelle qui peut affecter leurs performances. Pour Marquez, qui a déjà surmonté des épreuves bien plus difficiles avec sa fracture de l’humérus, cette dimension psychologique devrait être plus facile à gérer. Son expérience passée lui a appris à faire confiance au processus de guérison et à ne pas forcer les étapes.

Les premiers tests sur moto, probablement prévus pour janvier 2026 si la récupération se déroule comme prévu, constitueront un jalon important. Ces sessions privées permettront d’évaluer le niveau de confort de Marquez sur la moto, de tester la résistance de l’épaule aux contraintes spécifiques du pilotage, et d’identifier d’éventuels ajustements nécessaires. La position de pilotage en MotoGP sollicite intensément les épaules, particulièrement lors des freinages violents et des changements de direction.

Ducati a tout intérêt à ce que son champion revienne dans les meilleures conditions. L’équipe italienne dominera le plateau en 2026 avec l’objectif de remporter un huitième titre consécutif dans la catégorie constructeur et de permettre à Marquez de défendre sa couronne individuelle. La concurrence s’annonce féroce, avec des rivaux comme KTM et Aprilia qui progressent constamment, rendant indispensable un Marquez à 100% de ses capacités.

L’hiver 2025-2026 sera donc consacré à une préparation méticuleuse, alliant récupération médicale, renforcement physique et mise au point technique. Si le calendrier est respecté et qu’aucune complication ne survient, Marc Marquez devrait se présenter au premier Grand Prix de 2026 dans une forme équivalente, voire supérieure, à celle dont il disposait avant son accident de Mandalika. Cette perspective rassurante permet déjà aux fans du champion espagnol d’envisager une nouvelle saison passionnante, où le pilote le plus titré de sa génération continuera d’écrire l’histoire du MotoGP.


La blessure à l’épaule droite de Marc Marquez en fin de saison 2025 représente un tournant dans la gestion de sa carrière. Contrairement à ses précédentes mésaventures médicales, cette fois l’approche adoptée par le pilote et son équipe privilégie clairement la prudence et le long terme. Le choix d’une immobilisation prolongée, d’une intervention chirurgicale appropriée et d’un forfait assumé pour la fin de saison témoigne d’une maturité acquise au fil des épreuves.

Pour les passionnés de MotoGP, l’absence du champion lors des dernières courses de 2025 est regrettable, mais elle garantit de le retrouver au sommet de sa forme en 2026. Avec sept titres mondiaux à son actif et la volonté d’en conquérir d’autres, Marc Marquez démontre une fois de plus que la patience et le respect du corps sont les clés d’une longévité exceptionnelle dans le sport de haut niveau. La récupération sérieuse qu’il entreprend actuellement constitue un investissement pour les années à venir, et l’histoire du MotoGP n’a probablement pas fini de s’écrire avec ce champion hors du commun.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.