Lewis Hamilton décevant au Grand Prix de Las Vegas 2025 sans aucun point : une désillusion ferrariste sous les néons
L’histoire se répète, mais jamais de la même façon. Pour Lewis Hamilton, la troisième édition du Grand Prix de Las Vegas restera comme l’un des points les plus bas de sa carrière. Sous les lumières éblouissantes du Strip, le septuple champion du monde a vécu un cauchemar éveillé, terminant une course dévorée par les problèmes mécaniques et les mauvais choix stratégiques. Le résultat ? Zero pointé. Une performance qui résume à elle seule la saison 2025 de Ferrari, marquée par l’impuissance et la frustration.

Les pièges de Las Vegas : un circuit qui punit les hésitations
Le tracé de Las Vegas ne pardonne pas. Avec ses 6,201 km de longues lignes droites, ses zones de freinage risquées et son asphalt froid, le circuit est une bête différente du reste du calendrier. Les températures nocturnes proches du zéro degré mettent les pneumatiques à rude épreuve, créant une fenêtre de performance si étroite qu’une seconde d’hésitation peut coûter plusieurs positions.
L’an dernier pourtant, Mercedes s’était montrée impériale sur ce tracé. George Russell avait décroché la victoire avec une maîtrise exemplaire, tandis que Hamilton, alors encore en argent, avait suivi derrière pour fêter un doublé historique. Les souvenirs de cette performance contrastent cruellement avec la réalité 2025, où le même Hamilton, désormais vêtu de rouge, a été incapable de tirer le meilleur d’une monoplace qui ne répond plus.
Une voiture en décalage constant
Les problèmes de la Ferrari SF-25 ne datent pas d’hier. Depuis le début de la saison, la Scuderia peine à trouver le bon compromis aérodynamique. Après la disqualification de Hamilton et Leclerc en Hongrie, l’équipe a dû relever la hauteur de caisse, sacrifiant ainsi une partie de sa performance en ligne droite. Las Vegas, avec ses longs dégagements à vitesse monégasque, a mis en lumière cette faiblesse structurelle.
Les simulations avaient pourtant montré que la Ferrari pourrait être compétitive ici. Le froid de la piste devait avantager le châssis de la SF-25, censé être doux et préserver ses gommes. La réalité a été tout autre. Dès les premiers tours de roue jeudi soir, Hamilton a signalé des problèmes de température des pneus, incapable de les maintenir dans la fenêtre optimum.
> “Je me réveille en pensant à ça. Je m’endors en y pensant, et j’y pense même pendant mon sommeil.” - Lewis Hamilton, avant la course
De la pole à la poussière : le parcours du combattant
La qualification avait déjà laissé entrevoir les difficultés. Hamilton n’a pu décrocher que la 12ème position sur la grille, à plus de huit dixièmes de son coéquipier Charles Leclerc, pourtant lui-même en difficulté. Ce décalage, inhabituel pour un pilote de la trempe de Hamilton, révélait déjà les limites du package ferrariste sur ce tracé exigeant.
Les événements de la course en chiffres :
- Tour 1 : Hamilton perd deux positions au départ, victime d’un patinage excessif sur la ligne droite
- Tour 7 : Première alerte moteur, la puissance chute temporairement de 30 chevaux
- Tour 14 : Premier arrêt aux stands, passage sur les mediums C4, mais la voiture peine à chauffer les pneus
- Tour 23 : Contact avec Oscar Piastri au virage 12, aileron avant endommagé
- Tour 31 : Second arrêt obligatoire, changement d’aileron, passage en fond de grille
- Tour 42 : Abandon technique final, problème hydraulique confirmé par l’équipe
Une stratégie en décalage avec la réalité
La décision de Ferrari d’attaquer en deux arrêts s’est révélée désastreuse. Pirelli avait pourtant prévenu : les C4 mediums souffriraient de granulation si les pilotes poussaient trop tôt. L’équipe italienne a ignoré ces avertissements, espérant un rythme de course suffisant pour compenser. Le résultat : des gommes détruites en huit tours seulement, une perte moyenne de 1,2 seconde par tour par rapport aux leaders.
Le directeur de course de Ferrari, Frédéric Vasseur, assumait la responsabilité après la course : “Nous avons sous-estimé la difficulté de chauffer ces pneus sur ce tracé. Nous avons pris des risques calculés, mais les calculs étaient faux.”
L’héritage d’une saison cauchemardesque
Cette course sans point s’inscrit dans une année 2025 désastreuse pour Hamilton chez Ferrari. Avec 21 courses disputées, le Britannique n’a décroché aucune victoire, aucun podium. Son dernier top 3 remonte justement à Las Vegas 2024, lorsqu’il portait encore les couleurs de Mercedes. La boucle est bouclée, mais de la pire des manières.
Les statistiques alarmantes :
- 0 podium en 2025 (première saison blanche depuis sa première année en F1)
- 8 abandons au total, dont 3 pour raisons mécaniques
- 12 qualifications en Q2 seulement, contre 7 en Q3
- 47 points au classement pilotes, soit 66 de moins que Leclerc
La comparaison avec ses prédécesseurs chez Ferrari est cruelle. Fernando Alonso et Sebastian Vettel, malgré leurs échecs dans la lutte pour le titre, avaient au moins remporté des victoires. Hamilton, lui, n’a même pas pu se frotter au champagne cette année.
Les raisons d’un échec collectif
La débâcle ne relève pas d’un seul facteur, mais d’une accumulation de dysfonctionnements. John Elkann, président de Ferrari, avait déclaré après le double abandon du Brésil : “Nous avons des pilotes qui doivent se concentrer sur la conduite et moins parler.” Des propos qui avaient créé une tension palpable dans le paddock.
Mais la réalité technique est plus complexe. La SF-25 souffre de trois maux chroniques :
- Un concept aérodynamique obsolescent : La voiture peine à générer du downforce dans les vitesses moyennes, fragilisant les pilotes dans les virages de Las Vegas
- Un moteur en retrait : La puissance du V6 Ferrari est estimée 15 chevaux en dessous du meilleur moteur Mercedes
- Une fiabilité perfectible : Les problèmes hydrauliques d’Hamilton à Vegas sont la troisième défaillance de ce type cette saison
Le paradoxe des attentes
L’arrivée de Hamilton à Ferrari était censée relancer la Scuderia. Un champion aux 103 victoires, 104 poles, sept titres. Le mariage était parfait sur le papier. Las Vegas 2025 a montré le fossé entre les espérances et la réalité.
À 40 ans, Hamilton fait face à sa première saison sans podium. L’âge, les voitures de l’ère ground effect qui ne lui conviennent pas, une voiture décevante : le mélange explosif est là. Pourtant, son engagement n’est pas en cause. Ses données de télémétrie montrent un pilote qui pousse à 100%, mais sans résultats affichés.
Les conséquences pour le championnat
L’abandon d’Hamilton à Las Vegas scelle mathématiquement la quatrième place du championnat constructeurs pour Ferrari. À 36 points de Mercedes à trois courses de la fin, la lutte pour la deuxième position semble perdue. Pour le championnat pilotes, Hamilton est relégué à une anonyme 9ème place, derrière des rookies comme Oliver Bearman.
Les répercussions financieres sont significatives : la différence de prize money entre la 2ème et 4ème place est estimée à 25 millions d’euros. De quoi financer plusieurs mois de développement pour 2026.
Quel avenir pour Hamilton à Ferrari ?
Le Grand Prix de Las Vegas 2025 marque un tournant. Avec les nouveaux règlements de 2026 qui approchent, Ferrari doit décider si Hamilton reste le pilote capable de mener la Scuderia vers le succès. Son contrat de 50 millions par an jusqu’en 2026 semble lourd à porter pour des résultats aussi maigres.
Pourtant, dans l’ombre des néons aveuglants de Las Vegas, une vérité s’impose : le problème n’est pas Hamilton. C’est la voiture. C’est la structure. C’est la capacité de Ferrari à transformer un champion légendaire en un simple figurant. Après 21 courses, 8 abandons et zéro point à Las Vegas, la question n’est plus de savoir si Hamilton peut gagner avec Ferrari, mais si Ferrari peut construire une voiture digne de Hamilton.
L’icône britannique a encore soif de victoires. Les tifosi ont encore soif de gloire. Mais à Las Vegas 2025, sous les feux de la scène, leur union n’a produit que de la poussière et des regrets.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.