La polémique autour du ratio de compression des moteurs pour la saison 2026 de Formule 1 continue de faire des vagues, même avant le premier tour de roue. Les concurrents de Mercedes soupçonnent l’équipe allemande d’exploiter une zone grise réglementaire, permettant un ratio supérieur au limite fixée à 16:1 en conditions réelles d’exploitation. Sous les anciennes règles, ce ratio était de 18:1, mais il a été abaissé pour faciliter l’arrivée des nouveaux venus.[1][2]
Audi, Ferrari et Honda ont uni leurs forces en adressant une lettre commune à la FIA pour demander des clarifications. Une réunion initiale des experts techniques a eu lieu le 22 janvier, suivie d’autres discussions, dont celle du comité consultatif des unités de puissance jeudi dernier. Malgré ces échanges, aucune décision ferme n’a été prise pour l’instant.

Le ratio de compression au cœur des débats
Le ratio de compression mesure le volume du cylindre avec le piston en bas de course par rapport à sa position haute. Pour 2026, la FIA a fixé cette limite à 16:1 afin de démocratiser la technologie pour les nouveaux constructeurs comme Audi. Cependant, des rumeurs indiquent que Mercedes respecte cette limite lors des tests statiques à température ambiante, mais pourrait dépasser ce seuil une fois le moteur chaud et en marche.[1]
Cette astuce repose sur l’expansion thermique des matériaux, qui modifierait légèrement les dimensions internes du moteur sous charge. Les tests actuels, menés à froid, ne captureraient pas cette variation. Les rivaux craignent un avantage significatif en puissance pour Mercedes et ses clients.
La FIA n’a pas réagi immédiatement après la première réunion, mais les discussions se sont intensifiées. Le comité consultatif a remis le sujet à l’ordre du jour avec tous les acteurs impliqués. Les fabricants explorent des méthodes de mesure alternatives pour contrer cette potentielle faille.
Parmi les idées proposées :
- Effectuer les tests après un préchauffage du moteur pour simuler des conditions réelles.
- Installer des capteurs pendant les essais en piste pour monitorer le ratio en temps réel.
- Adapter les procédures de contrôle pour inclure des vérifications dynamiques.
Ces changements pourraient égaliser les chances, mais leur mise en œuvre reste incertaine.
Red Bull a également été mentionné dans les rumeurs, mais sa position semble nuancée. L’équipe autrichienne pourrait soutenir une intervention si ses propres gains sont inférieurs à ceux de Mercedes.
Les rivaux s’unissent contre Mercedes
Audi, Ferrari et Honda ont été les premiers à alerter la FIA via une lettre commune. Ils craignent que cette optimisation donne un edge décisif à Mercedes en 2026, une année charnière avec l’arrivée de nouveaux acteurs. Mattia Binotto, chez Audi, a exprimé des inquiétudes sur un possible déficit de performance si la réglementation n’évolue pas.[3]
Ferrari prépare déjà des réponses substantielles, y compris pour 2027, anticipant que la FIA pourrait valider l’approche de Mercedes. Honda, partenaire de Aston Martin, rejoint le chœur des critiques pour préserver l’équité.
Les réunions récentes, incluant le comité des unités de puissance, ont permis d’exposer toutes les positions. Cependant, les rivaux insistent sur des mesures plus représentatives, comme des tests à chaud.
Cette offensive collective met la pression sur la FIA, mais le temps presse avec l’homologation prévue le 1er mars.
Le rôle pivotal de Red Bull et la supermajorité requise
Pour toute modification réglementaire, une supermajorité est nécessaire : quatre des cinq fabricants, plus la FIA et Formula One Management doivent approuver. Red Bull Ford Powertrains détient une carte maîtresse, ayant été lié aux mêmes soupçons initiaux.[1]
Christian Horner a récemment nuancé les rumeurs, affirmant la légalité de leur unité de puissance, tout en surveillant les concurrents. Si Red Bull perçoit un avantage moindre que Mercedes, elle pourrait basculer en faveur d’une intervention.
La FIA et F1 votent généralement d’une seule voix sur les questions techniques. Initialement réticente, la fédération réévalue après les dernières réunions. Un porte-parole indique que le dossier est encore en discussion interne.
Cette dynamique rend l’issue imprévisible. Une approbation unanime semble difficile, mais la pression monte.
Les enjeux pour l’homologation et la saison 2026
L’homologation des moteurs 2026 est fixée au 1er mars, laissant peu de marge pour des ajustements. Toute révision des méthodes de mesure pourrait bouleverser les développements, nécessitant des délais longs pour les moteurs.
Toto Wolff, patron de Mercedes, a balayé les critiques lors du lancement de la saison : « Je ne comprends pas que certaines équipes se concentrent plus sur les autres que sur elles-mêmes. […] Le moteur est légal, conforme aux règlements et aux procédures de contrôle. »[4]
Wolff a ajouté : « Just get your shit together. » Une sortie cash qui illustre les tensions.
Si la faille persiste, elle pourrait marquer la nouvelle ère 2026 dès le grand prix d’Australie. Inversement, une intervention tardive risquerait des protestations.
Les changements proposés, comme les capteurs embarqués, pourraient devenir standard, renforçant la surveillance FIA.
Perspectives et réactions des acteurs
La controverse met en lumière les luttes intestines avant 2026. Pour plus de détails sur la polémique, consultez cet article Autosport. En France, des sites comme F1i.fr analysent les implications.
La FIA vise une résolution avant le début de saison, mais l’absence de décision ferme laisse planer le doute.
Cette affaire rappelle les débats passés sur les ailerons flexibles ou les fond plat, où la technologie pousse les limites réglementaires. Pour 2026, elle pourrait définir les hiérarchies dès les essais.
Reste à voir si l’équité l’emportera ou si Mercedes conservera son avance perçue. Les prochaines semaines seront cruciales avant l’homologation. La saison s’annonce explosive, avec ou sans intervention.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.