Au Circuit of the Americas (COTA), les décisions majeures se prennent souvent au rez-de-chaussée du bâtiment abritant les stands, près de l’entrée de la pitlane. Dimanche dernier, peu avant la victoire parfaite de Marco Bezzecchi, les principaux décideurs du MotoGP tentaient de finaliser le cadre commercial pour les cinq prochaines années. Malgré une poignée de main symbolique espérée entre les constructeurs (MSMA) et MotoGP Sports Entertainment Group (MGPSEG, ex-Dorna), l’écart entre les positions rendait un accord impossible.
Les négociations, qui durent depuis plus d’un an, sont en suspens. Le contrat proposé lie toutes les équipes de la catégorie reine à Liberty Media, détenteur des droits, pour la période 2027-2031. Il définit droits et obligations, avec la finance comme principal point de friction.

Le contexte des négociations actuelles
Les équipes poussent pour un modèle inspiré de la Formule 1, avec un partage des profits. MGPSEG souhaite conserver la structure actuelle : un paiement fixe indépendant des revenus globaux. La dernière proposition avoisine les 8 millions d’euros, répartis en variables, soit une hausse d’environ 1 million par rapport à l’accord actuel qui expire fin 2026.
Les équipes jugent cette augmentation insuffisante. Elles l’ont signifié à Carmelo Ezpeleta (PDG MotoGP) et Carlos Ezpeleta (directeur sportif). Lors du GP d’Austin, elles ont aussi rencontré les dirigeants de Liberty Media, menés par Derek Chang. Cette réunion pourrait être un tournant dans ce processus enlisé, qui bloque déjà les annonces de signatures pilotes pour 2027.
Les constructeurs voient ce moment comme une opportunité unique. L’accord expire dans huit mois, et l’acquisition par Liberty Media change la donne. Jusqu’ici discret, le géant du divertissement pourrait s’impliquer plus dans les décisions quotidiennes une fois le contrat signé – l’équivalent MotoGP de l’Accord Concorde en F1.
La paddock murmure que Liberty Media pourrait imposer plus de contrôle. Les fabricants, conscients de cela, serrent les rangs pour imposer leurs demandes.
La réunion stratégique des constructeurs à Austin
La veille du rendez-vous clé, les membres MSMA se sont réunis pour un dîner. Initié par Ducati et organisé par Aprilia, il comptait Michele Colaninno (Piaggio), Claudio Domenicali (Ducati), Gottfried Neumeister (KTM), Yuzuru Ishikawa et Alberto Puig (Honda), Paolo Pavesio (Yamaha).
Ce sommet informel a défini la stratégie pour la rencontre du dimanche à 11h, qui a duré une heure. Peu après midi, juste avant la course MotoGP, les patrons se sont regroupés en paddock pour 20 minutes d’analyse. Le MSMA juge le projet actuel inacceptable au-delà des finances.
Outre l’argent, des clauses sur la propriété des slots d’équipes et le contrôle par des investisseurs posent problème. MGPSEG exige des équipes un renforcement des départements marketing et communication pour élargir l’audience.
Les équipes doivent embaucher plus de personnel et avoir des prototypes fonctionnels pour promotions. Sur le plan hospitality, surtout à l’étranger avec installations partagées, le niveau doit s’améliorer.
Les points de discorde au-delà des finances
Un proche des négociations confie : « La proposition actuelle offre une hausse de 1 million d’euros, mais ce qu’ils nous demandent coûte déjà bien plus. » Les équipes estiment que les exigences compensent et dépassent l’augmentation.
Les promoteurs, constructeurs et équipes indépendantes veulent un accord pour courir en 2027. Le MSMA signe d’abord avec MGPSEG, puis les indépendants suivent.
Malgré les tensions, l’intention commune existe. Les réunions d’Austin, sur le sol de Liberty Media, pourraient accélérer les choses.[1]
Pour en savoir plus sur les avancées potentielles, consultez cet article récent sur l’accord Concorde MotoGP.
Perspectives pour l’avenir du championnat
Si le statu quo persiste, des interventions de plus haut niveau pourraient être nécessaires. Les constructeurs unifiés via le MSMA exercent une pression maximale.
- Financier : Passage d’un fixe à un partage des profits.
- Opérationnel : Plus de promo et hospitality, mais coûts croissants.
- Stratégique : Contrôle des slots et investisseurs.
- Calendrier : Blocage des annonces 2027.
Liberty Media, avec son expertise F1, pourrait céder partiellement pour sécuriser l’engagement des marques. Les équipes, Honda, Yamaha, Ducati, KTM, Aprilia, visent la stabilité.
Ce que cela implique pour le MotoGP
Les négociations bloquent le marché des pilotes 2027, déjà partiellement bouclé. Une résolution rapide est cruciale pour l’élan du championnat.
Tous les acteurs partagent l’objectif de 2027. Reste à savoir si un compromis émergera à Austin ou si Liberty Media arbitrera. L’issue façonnera le MotoGP post-2026, entre croissance commerciale et équité financière.[2]
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.