J’ai grandi en Afrique du Sud dans les années 1980. À l’époque, attendre une nouvelle saison revenait à vivre dans un vide informationnel total. Si une signature apparaissait dans la rubrique brève d’un journal ou à la radio sportive, il fallait s’en contenter. Les infos sur les essais, si elles existaient, finissaient directement à la poubelle des rédactions. Une semaine ou deux avant la première course, la presse locale assemblait un supplément avec le calendrier et les pilotes, truffé de points d’interrogation et d’erreurs. Autosport proposait une vraie preview, mais elle arrivait à Cape Town avec deux mois de retard, après la course.
Les temps ont changé. Aujourd’hui, même les fans MotoGP de neuf ans ne connaissent plus ce frisson du mystère. Avant que la saison de 22 manches ne démarre à Buriram, tout semble déjà révélé par les essais pré-saison sur le même circuit, il y a quelques jours seulement.[1]

Repenser les essais pré-saison à l’ère numérique
Rien de neuf dans le fait que les équipes testent au circuit d’ouverture. C’est une tradition en sport moto international, y compris en MotoGP, remontant à plus d’une décennie avec Losail. Les avantages logistiques sont évidents : efficacité des voyages et préparation solide.
Mais le paysage médiatique a explosé. La couverture est omniprésente, avec des lives des essais et des écrans de chronos accessibles à tous. Même sans regarder, les news vous poursuivent via mobile. Internet exige un flux constant de titres, et les podcasts dissèquent les données en direct.
Tout cela est gratuit, sans barrières. Les journalistes font leur boulot : si eux ne analysent pas, d’autres le feront. Mais autoriser la presse dans le paddock des jours avant la saison ruine le buzz du premier GP. Les simulations course à Buriram, juste avant le GP à Buriram, ne laissent aucune place à l’intrigue.
Avec un plateau stable et peu de surprises attendues, quelques mystères auraient aidé. Les rookies, qui auraient dû découvrir la piste, partent maintenant en experts grâce aux tests.
Les anecdotes off-track ? Épuisées aussi. Les rumeurs 2027 sont déjà des secrets de polichinelle après Sepang et Buriram. Pour le premier event, il ne reste que les courses à briller.
Les leçons des tests de Buriram 2026
Les essais à Buriram, du 21 au 22 février 2026, ont confirmé la domination attendue. Marco Bezzecchi (Aprilia) a battu le record du tour à 1’28.668 le dernier jour, devant Ai Ogura.[2] Alex Marquez a brillé en journée 1, tandis que Fabio Quartararo peinait en 17e position sur Yamaha.[3]
Ces chronos et simulations ont été analysés à l’infini. Jorge Martin, absent à Sepang pour blessure, visait un retour à Buriram, comme rappelé dans notre analyse dédiée. La KTM RC16 2026, dévoilée avec Viñales et Acosta, a aussi été testée là-bas en vue des manches futures découvrez les détails ici.
Pour 2027, le problème persiste. La Thaïlande est confirmée au calendrier jusqu’en 2031, potentiellement opener à nouveau avec l’ère 850cc.[4] Les signatures précoces, comme celles évoquées par Joan Mir sur une silly season trop hâtive, sont déjà digérées.
Historiquement, Losail offrait moins de spoilers grâce à son caractère atypique. Buriram, trop révélateur, amplifie le mal.
Quelles solutions pour raviver le mystère ?
Changer les règles d’essais est complexe : les équipes s’opposent farouchement, priorisant performance sur spectacle.
Idéalement, limiter à un test hors opener asiatique. Qatar, en route vers l’est, poserait plus de questions qu’il n’en résout – parfait pour le narratif, nul pour les ingénieurs. Ou un circuit non-course, comme Bahreïn si sécurisé.
- Exclure la presse des gros tests pré-saison : normal dans d’autres sports (rugby, golf). Le paddock 22 dates suffit.
- Couper les chronos officiels : stopwatches seulement, comme avant.
- Pas de TV live : rétro, mais essentiel contre l’over-information.
Ces mesures créeraient du suspense, surtout avec rookies et livrées neuves. L’article Autosport résume parfaitement l’enjeu.
Pour 2027, une réforme pourrait coïncider avec les nouveaux moteurs. Les équipes doivent réaliser que mystère = buzz = valeur.
Vers un équilibre entre préparation et spectacle
Les essais à Buriram 2026 ont tué l’anticipation pour le GP thaïlandais, et le pattern risque de se répéter en 2027 si rien ne bouge. Le championnat, avec son calendrier étiré à 22 dates et rumeurs épuisées, a besoin de ce frisson originel.
Les fans méritent des questions ouvertes : qui sera rapide ? Quelles surprises ? Sans cela, même un plateau inchangé stagne en intrigue. MotoGP doit adapter ses tests à l’ère numérique pour préserver la magie du départ. L’avenir du spectacle en dépend.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.