Comme Indiana Jones récupérant son fedora sous une porte de pierre descendante, le timing d’Aston Martin a frôlé la catastrophe cette semaine lors de la semaine de shakedown à Barcelone. L’équipe est arrivée tardivement, le troisième jour sur cinq, et n’a réalisé qu’une poignée de tours l’après-midi du quatrième jour lorsque l’AMR26 est sortie du garage.[1][2]
Aston Martin avait admis discrètement qu’elle risquait d’être en retard et de manquer au moins une de ses trois journées autorisées. Cela était prévisible avec l’implication d’Adrian Newey, ingénieur emblématique connu pour repousser le développement afin d’arriver avec un package plus mature.

Les défis organisationnels d’une arrivée tardive
L’AMR26 a été assemblée ces derniers mois au milieu d’un tourbillon de bouleversements internes. L’équipe a dû faire face à des changements majeurs, comme le déplacement latéral d’Andy Cowell, ancien directeur technique, vers un rôle de liaison moteurs, et l’ajout de certaines de ses responsabilités au portefeuille de Newey.[1]
Mike Krack, ingénieur en chef piste, a souligné la situation unique après les premiers tours de l’AMR26 jeudi après-midi. « Nous sommes dans une situation un peu particulière », a-t-il déclaré. L’équipe a dû intégrer un nouveau partenaire moteur, Honda, tout en fabriquant sa propre boîte de vitesses pour la première fois depuis des années, après avoir acheté des ensembles propulseurs Mercedes.
Ces adaptations ont été compliquées par les nouvelles réglementations techniques 2026, qui imposent un châssis et une unité de puissance inédits. Aston Martin est passée d’un rôle de client à celui d’équipe usine complète.
Malgré le retard, Krack s’est montré fier : « Nous étions un peu en retard, mais nous avons réussi à participer à ce test. C’est une réalisation dont nous pouvons être fiers. »[1]
Lance Stroll a été le premier à piloter la monoplace, réalisant quelques tours seulement avant des interruptions techniques signalées.[3]
Remaniements internes et l’empreinte de Newey
L’arrivée d’Adrian Newey en tant que force créative a accéléré le développement, fidèle à sa réputation. Newey, qui deviendra directeur technique en 2026, a poussé les limites pour contrer les rivaux.
Enrico Cardile, nouveau directeur technique en chef venu de Ferrari, a également laissé sa marque. L’AMR26 présente des solutions distinctives, comme un airbox triangulaire avec des « cornes vikings » latérales, rappelant les Ferrari à effet de sol sous Cardile et la McLaren MP4-20 de 2005 conçue par Newey.
Ces éléments techniques montrent une fusion d’expériences : innovation historique de Newey et expertise récente de Cardile. Pour en savoir plus sur ces empreintes communes, l’article détaillé d’Autosport est une référence.
Les perturbations internes, incluant le remaniement de Cowell, ont ajouté de la pression, mais l’équipe a surmonté ces obstacles pour aligner la voiture à temps.
Newey a récemment confirmé un retard de quatre mois dans le programme soufflerie, mais promet une évolution rapide : « L’AMR26 qui courra à Melbourne sera très différente de celle vue à Barcelone. »[4]
Adaptation aux réglementations 2026 et défis techniques
Les nouvelles règles 2026 représentent un saut majeur : châssis actif, unités de puissance simplifiées et changements aérodynamiques. Aston Martin a dû repenser entièrement sa voiture.
Passer de Mercedes à Honda a nécessité une intégration profonde. Après des années d’achat clé en main, l’équipe a fabriqué sa propre boîte, modifiant les points de fixation de la suspension arrière.
Voici les principaux défis techniques :
- Nouveau moteur Honda : Projet entièrement neuf, avec une culture interne de talents jeunes lancés dans le grand bain.
- Boîte maison : Première depuis longtemps, adaptée aux specs Honda.
- Réglementations châssis/puissance : Tout est nouveau, qualifié de « pire ou meilleur cas » par Krack.
L’équipe a dû apprendre à collaborer avec Honda, dispersée après son départ temporaire de la F1 en 2021.
Krack est confiant : « Ils sont des pilotes, très ouverts. On peut les challenger, c’est agréable. »
Le nouveau partenariat avec Honda
Honda apporte une fraîcheur après Red Bull. Les ingénieurs responsables du dernier hybride ont été réaffectés, obligeant Aston Martin à rebâtir les relations.
« Quand on a une longue relation avec l’ancien partenaire, il faut connaître les nouvelles personnes, leurs attentes, responsabilités », explique Krack.
Les premiers sourires échangés lors du shakedown sont prometteurs. L’objectif est d’intégrer au maximum pendant les essais.
Ce partenariat usine marque un tournant pour Aston Martin, visant le haut de grille en 2026. L’annonce officielle du shakedown sur le site d’Aston Martin confirme deux jours de roulage.
Malgré les « maux de tête » initiaux,[2] Newey mise sur un potentiel de développement élevé.
Aston Martin a prouvé sa résilience en surmontant retards et changements massifs pour rejoindre le shakedown. Avec Newey, Cardile et Honda, l’AMR26 évoluera rapidement vers Melbourne. Ce début chaotique pourrait se transformer en atout compétitif si le développement suit. L’équipe est prête à défier les favoris en 2026.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.