Depuis le premier championnat du monde en 1950, plus de 70 circuits, certains avec plusieurs configurations, ont accueilli des Grands Prix de Formule 1. Des pistes éphémères comme Pescara, la plus longue de l’histoire avec ses 16 miles, n’ont servi qu’une fois, tandis que d’autres sont des piliers du calendrier depuis des décennies. Notre sélection des dix meilleurs ne repose pas seulement sur la qualité pure pour les pilotes, mais aussi sur leur rôle dans l’histoire de la F1, les moments inoubliables qu’ils ont abrités et leur capacité à favoriser de belles courses.
La longévité compte énormément : les six circuits les plus utilisés figurent tous dans ce top 10. Ces lieux ont vu des triomphes légendaires, des drames tragiques et des duels intenses, façonnant le sport tel que nous le connaissons aujourd’hui. Pour en savoir plus sur les Grands Prix immortels de la F1 à l’occasion de son 75e anniversaire, consultez cet article détaillé.[1]

10. Brands Hatch
Brands Hatch, avec son circuit Grand Prix ondulant, a accueilli 14 courses de championnat du monde de F1, débutant en 1964. Il a alterné avec Silverstone pour le Grand Prix de Grande-Bretagne jusqu’en 1986, plus deux Grands Prix d’Europe et un Race of Champions de 1965 à 1983. Les virages comme Paddock Hill Bend, Hawthorns et Dingle Dell en faisaient un tracé redouté et respecté par les pilotes.
Parmi les moments mémorables, Jack Brabham a manqué de carburant à l’avant-dernier tour en 1970, offrant la victoire à Jochen Rindt. Emerson Fittipaldi a brillé en 1972, Carlos Reutemann a surpassé Niki Lauda en 1978, et Nigel Mansell y a décroché son premier succès en 1985, coïncidant avec le premier titre d’Alain Prost. Ces instants ont marqué l’histoire.
Mais Brands Hatch a aussi connu des heures sombres, comme la mort de Jo Siffert lors d’une course non-championnat en 1971. L’absence d’espaces d’échappement était criante, surtout avec des vitesses dépassant 170 mph avant Paddock Hill Bend. Un accident au départ en 1986 a mis fin à la carrière de Jacques Laffite.
Aujourd’hui, les F1 modernes ont dépassé les limites de Brands Hatch, mais son statut de grand circuit perdure. Sa configuration compacte et technique reste un défi pour les catégories inférieures.
9. Circuit Gilles-Villeneuve (Montréal)
Avec 44 Grands Prix, Montréal surpasse bien des rivaux comme Adelaide. Ce circuit wallon offre un mélange de secteurs rapides et de zones piégeuses sans échappatoire, réclamant une précision chirurgicale. La chicane finale, surnommée « Mur des Champions », a piégé nombre de leaders.
Les courses y sont souvent folles : en 1989, Mansell et Alessandro Nannini ont démarré depuis les stands ; en 2008, la collision Hamilton-Raikkonen en pitlane a permis à Robert Kubica de gagner ; Jenson Button a remporté une course hallucinante en 2011 après deux accrochages.[2]
Gilles Villeneuve y a triomphé en 1978 devant son public, suivi d’un duel épique avec Alan Jones en 1979. Jean Alesi y a signé son unique victoire en 1995. Martin Brundle regrette d’y avoir échappé de peu.
Le circuit reste populaire pour son ambiance et ses défis. Bien que Gilles Villeneuve soit parti, son héritage perdure dans chaque tour.
8. Kyalami (configuration originale)
Kyalami original, dès 1967, totalise 18 Grands Prix plus deux sur la version ultérieure. Long de 2,5 miles, il était ultra-rapide : pole de Mansell en 1985 à 147,2 mph contre 126,3 mph en 1992. Les virages comme Crowthorne et Barbeque exigeaient bravoure et vitesse.
Des tragédies ont marqué le lieu : mort de Peter Revson en tests 1974, accident fatal de Tom Pryce en 1977 avec un marshal. L’apartheid a exclu le GP des années 1980.
Pourtant, des exploits brillent : John Love frôla la victoire en 1967 en privateer ; Jackie Stewart remonta de 16e en 1973 ; Prost récupéra un tour en 1982 après la grève des pilotes. Découvrez les 10 meilleures équipes de F1 sur 75 ans, souvent héroïques sur ces pistes historiques.
L’Afrique mérite un retour en F1, même sans les défis originels de Kyalami.
7. Interlagos
Interlagos cumule 42 Grands Prix sur ses versions principales depuis 1973. L’original de 4,9 miles avait des virages rapides ; la version 2,7 miles de 1990 s’est imposée. Les Senna Esses sont iconiques.
Fittipaldi et Carlos Pace ont gagné chez eux tôt ; Senna a triomphé en 1991 malgré une boîte coincée, et en 1993 sous la pluie. Fin de saison en 2004, 2008 (Hamilton vole le titre à Massa au dernier virage), 2012 (Vettel champion).
Les pluies imprévisibles et les opportunités de dépassement en font un favori : Hamilton en 2021, Verstappen en 2016 et 2024. Interlagos produit toujours du spectacle.
6. Suzuka
Suzuka, dès 1987, compte 35 Grands Prix. Conçu par John Hugenholtz, il est instantanément devenu culte avec ses S-curves et Degner. Mansell crash en qualifs 1987, première victoire Ferrari de Berger, remontée de Prost.
Senna y gagna son premier titre en 1988 malgré un ralenti ; collisions Prost-Senna en 1989-90 décidèrent des championnats. Hakkinen titra deux fois, Schumacher en 2000 ; Raikkonen vola la victoire en 2005 depuis la 17e place.
130R reste rapide, mais le dirty air complique les dépassements. Verstappen domina en 2025 via la pole. Les règles 2026 pourraient raviver les courses.
5. Monaco
Monaco, 71 Grands Prix depuis 1950 (sauf pauses), est incontournable malgré sa folie. Peu de dépassements pour la tête depuis 1985 (Alboreto sur Prost), mais tous les pilotes rêvent d’y gagner. Senna six fois, Hill cinq, Prost quatre.
Qualifs mythiques, précision absolue entre les barrières. Clark et Mansell dominèrent sans gagner. Drames : 1982 chaotique, Senna crash 1988, Panis victorieux depuis 14e en 1996 pour Ligier.
Monaco teste la concentration. Son prestige transcende les courses ternes occasionnelles.
4. Monza
Monza, 75 Grands Prix (sauf 1980), ouvert en 1922, est le temple des tifosi. Anciennement banking, vitesses folles : pole Verstappen 2025 à 164,5 mph, moyenne course 155,8 mph. Batailles slipstream pré-chicanes 1972.
Tragédies : von Trips 1961 (15 morts), Rindt 1970, Peterson 1978. Exploits : Clark 1967, Stewart titre 1973, Andretti pole Ferrari 1982, Leclerc 2024.
Monza doit rester Italien chaque année.
3. Silverstone
Silverstone, 60 Grands Prix, berceau du championnat 1950. Anciennement le plus rapide, Maggotts/Becketts sublimes. Moments : Stewart-Rindt 1969, Mansell dummy sur Piquet 1987, Hamilton 2008 pluie.
Évolution 1991-2010, mais défi intact. Favori fans, double GP 2020 COVID. Relation tendue passée avec Ecclestone, solide aujourd’hui.
2. Spa-Francorchamps
Spa, 58 Grands Prix, favori pilotes pour ses sweeps ardennais. Versions 8,8 miles (1950-70) et 4,3 miles (depuis 1983). Clark gagna quatre fois malgré haine (morts 1960).
Rodriguez 150 mph 1970 ; retour 1983. Schumacher 1995-97, Hakkinen triple dépassement 2000, Button 2012. Meilleurs : Schumacher 6, Senna/Hamilton 5.
Météo changeante récompense les grands.
1. Nürburgring Nordschleife
Le Nordschleife, 22 Grands Prix jusqu’à 1976, est le plus grand défi : 14,2 miles, undulations, narrow. Nuvolari 1935 légendaire pré-championnat ; Fangio 1957, Moss 1961, Stewart pluie 1968.
Dangereux : Marimon 1954, Collins 1958, Lauda 1976 presque fatal. Lauda le lappa sous 7 min, critiqua sa sécurité. « Green Hell » domine seul, GP circuit non compté.
Ces circuits rappellent les racines de la F1. Bien que la sécurité prime, leur esprit perdure. Avec les évolutions 2026, espérons plus de racing comme autrefois sur ces légendes.[3]
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.