Après avoir terminé dernier du championnat des constructeurs en 2025, Alpine vise un rebond spectaculaire en Formule 1 l’an prochain. L’équipe française, basée à Enstone, aborde cette nouvelle ère avec un partenaire moteur inédit : Mercedes. Cette transition marque un tournant historique pour la marque Renault, qui n’utilisera plus ses propres moteurs pour la première fois. À quelques semaines du lancement de la saison à Barcelone, analysons les perspectives de l’écurie.
Le passage à Mercedes s’accompagne de changements dans l’effectif et les partenariats. Pierre Gasly, leader constant malgré les difficultés de 2025, portera les espoirs, tandis qu’Esteban Ocon reste une référence avec sa victoire en Hongrie 2021.

Les nouveautés chez Alpine
Le principal changement pour 2026 réside dans l’adoption des unités de puissance Mercedes, incluant moteurs et boîtes de vitesses jusqu’en 2030 au moins, comme annoncé officiellement par la FIA. Cette décision, impulsée par l’ancien PDG de Renault Luca de Meo, a suscité des remous au sein de la division moteurs de Viry-Châtillon. Historiquement, Enstone a déjà couru avec Mercedes en 2015 sous le nom Lotus, mais c’est une première pour une écurie détenue par Renault.
Alpine a perdu des sponsors majeurs, notamment Microsoft, qui a rejoint Mercedes. Côté pilotes, Jack Doohan a quitté le rôle de réserviste pour viser la Super Formula, laissant Paul Aron et Kush Maini. Seuls Aron est éligible à une superlicence pour le moment.
- Partenaires perdus : Microsoft migre vers Mercedes, impactant les ressources techniques.
- Réservistes : Paul Aron (Estonie) et Kush Maini (Inde), avec un focus sur la formation.
- Historique : Benetton a adopté Renault en 1995 ; Lotus-Mercedes en 2015.
Cette reconfiguration vise à stabiliser l’équipe avant les nouveaux règlements. Le shakedown initial est prévu bientôt, comme pour tester la synergie avec le bloc Mercedes. Les ingénieurs d’Enstone travaillent sur un châssis optimisé pour ces moteurs.
La saison de lancement à Barcelone permettra de juger les premiers retours. Gasly, performant en 2025 malgré seulement 22 points, attend des progrès concrets. “Nous avons arrêté le développement de l’A525 tôt pour nous concentrer sur 2026”, a rappelé l’équipe.
Le plus grand défi pour Alpine
Prouver la capacité à concevoir un châssis victorieux reste le talon d’Achille. La victoire d’Ocon en 2021 n’était pas représentative du rythme réel de la voiture. Depuis le succès de Kimi Raikkonen en Australie 2013, les moteurs ont souvent été pointés du doigt, masquant les faiblesses du châssis.
Dernier en 2025 avec 22 points contre 70 pour Sauber, Alpine doit rebondir sans excuses. Le développement précoce arrêté en mai dernier souligne la priorité aux nouvelles règles, mais expose les lacunes structurelles.
Les défis incluent :
- Châssis performant : Nécessité d’un package aérodynamique et mécanique compétitif.
- Stabilité équipe : Peu de changements, mais pression accrue sans moteurs maison.
- Concurrence : Mercedes équipe aussi d’autres clients potentiels.
Gasly, constant à haut niveau, risque l’impatience sans résultats. L’équipe n’aura “aucun endroit où se cacher” en 2026. Les essais hivernaux révéleront si le châssis exploite le potentiel Mercedes.
L’atout majeur d’Alpine
En 2026, le moteur Mercedes pourrait être l’arme fatale. Le motoriste allemand détient un avantage via une interprétation astucieuse des règles sur le ratio de compression de l’ICE. La FIA vise à clore ce débat avant le début de saison (article Autosport).
Si cette supériorité se confirme, Alpine aura toutes les cartes en main. Historiquement, Mercedes excelle dans les transitions réglementaires. L’accord complet, puissances et boîtes, optimise l’intégration (Formula1.com).
- Avantages Mercedes : Puissance supérieure, fiabilité prouvée.
- Intégration : Expérience passée à Enstone facilite l’adaptation.
- Règlements 2026 : Nouveaux carburants et électriques favorisent l’expertise allemande.
Ce partenariat compense les faiblesses passées. Les ingénieurs de Viry se recentrent sur d’autres projets. Alpine pourrait surprendre si le châssis suit.
Les objectifs pour la saison F1 2026
Alpine cible un top milieu de grille minimum, avec podiums visés. Gasly et Ocon forment un duo solide ; les réservistes assurent la profondeur. Le focus précoce sur les règles 2026 montre l’ambition.
Malgré 2025 décevant, la constance de Gasly inspire confiance. “Pierre a géré les difficultés avec maturité”, note l’équipe. Les 22 points soulignent la marge de progression.
Les étapes clés :
- Lancement Barcelone : Première vue sur la voiture vendredi.
- Essais Bahrain : Validation performances.
- Courses inaugurales : Melbourne pour benchmark.
Succès dépendra de l’exploitation du moteur Mercedes. Un gap de performance offrirait des opportunités.
Alpine entre dans une ère décisive avec Mercedes. Si le châssis progresse, 2026 pourrait marquer le retour au premier plan. Les fans attendent un rebond ; l’équipe, sous pression, a les outils pour y parvenir. Reste à transformer le potentiel en résultats concrets sur piste.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.