Les équipages du Championnat du monde des rallyes (WRC) se préparent à un Rallye Monte-Carlo 2026 qui s’annonce comme un “vrai Monte d’antan”, avec de la neige et des conditions hivernales qui vont bouleverser la donne. Contrairement aux éditions récentes, souvent disputées sur asphalte sec, cette ouverture de saison dans les Alpes françaises promet pluie, neige fondue et verglas. Basé à Gap dans les Hautes-Alpes, l’événement comptera 17 spéciales, mais les trois premières, jeudi soir, risquent d’être les plus piégeuses.
Les reconnaissances et le shakedown de mercredi se sont déroulés sous un ciel clair et sec. Mais les prévisions indiquent un changement radical dès jeudi, avec de la neige attendue. Le choix des pneus deviendra crucial, alors que les pilotes devront anticiper des conditions variables sur des routes sinueuses et montagneuses.

Prévisions météo et impact sur le rallye
Les rapports météo fluctuent, mais tout pointe vers un cocktail hivernal. Neige, pluie et neige fondue devraient rendre les routes imprévisibles, surtout lors des étapes nocturnes d’ouverture. Andrew Wheatley, directeur sportif de Hyundai Motorsport, anticipe un “vrai Monte”, avec des opportunités pour ceux qui gèrent bien les défis.
“Si les conditions sont cohérentes, ce ne sera pas un problème de décider des pneus, mais ça ne le sera pas”, explique Wheatley. “Je pense que jeudi soir en sera un bon exemple. Quand il y a des défis, il y a des opportunités.” Sébastien Ogier, champion en titre et neuf fois vainqueur à Monte-Carlo, abonde dans ce sens.
Ogier, originaire de la région, connaît les étapes comme sa poche. Pourtant, il redoute ces conditions : “Je souhaiterais pouvoir vous dire où sera la neige et qu’il n’y en aura pas tant que ça, car pour moi, en tant que première voiture sur la route, la neige rendra ça très difficile.” Les coins glacés pourraient tout faire basculer, comme il le dit : “Il suffit d’un virage glacé pour faire le Monte-Carlo.”
Pour en savoir plus sur le programme complet, consultez ce guide détaillé sur Motorsport.com.
Les étapes du jeudi soir s’étendent sur plusieurs heures, amplifiant l’incertitude. Avec 65 voitures au départ, la concurrence sera féroce sur ces routes étroites.
Le casse-tête du choix des pneus
Les équipages doivent nommer leur choix de pneus à 14h30, plus de deux heures avant la première spéciale et six heures avant la dernière de la journée. Hankook propose quatre options : slicks souples et super-souples, pneus hiver avec et sans crampons.
Cette contrainte pèse lourd. Jon Armstrong, rookie Rally1 chez M-Sport-Ford, confie : “Je n’ai jamais conduit dans ces conditions avec ce choix de pneus à l’avance. Personne n’aime ça, mais c’est le défi. Peut-être qu’on pourrait ramener les arrêts au milieu des étapes comme avant.”
Adrien Fourmaux (Hyundai) prévoit des “choix bizarres” : “On verra des mélanges étranges, un souple, un super-souple, un neige et un cramponné. Nos météorologues vont avoir la pression.” Sur slush, la voiture devient “passagère”, ajoute-t-il.
Les notes de reconnaissance, prises au sec, devront être adaptées en urgence. Hayden Paddon, de retour au WRC après huit ans chez Hyundai, note : “La reco était bonne, mais on ne reverra pas ça en rallye. Avec la météo inconnue, on conduira souvent à l’aveugle.”
Les équipes WRC scrutent les bulletins en continu pour minimiser les erreurs.
Les retours des pilotes et enjeux stratégiques
Ogier, avec Toyota, partira en tête, balayant la route. “Le jeudi soir sera la grande question, surtout l’ES2. La quantité de neige et sa durée dictera le choix de pneus. Ce sera une loterie.”
Paddon insiste sur l’adaptation : “Les notes gravier aident un peu, mais beaucoup restera inconnu.” Fourmaux rappelle l’équité : “Tout le monde a les mêmes pneus, on gère.”
Ces conditions pourraient favoriser les locaux ou les audacieux. Historiquement, Monte-Carlo a vu des surprises, comme en 2019 avec Ott Tänak vainqueur sous la pluie.
Les opportunités émergeront pour les outsiders si les leaders trébuchent.
Problème mécanique pour Neuville en shakedown
Thierry Neuville (Hyundai) a connu un début chaotique mercredi lors du shakedown. Son i20 N Rally1 a subi une casse de cardan, suivie d’une suspension avant droite.
À faible vitesse, la voiture a dévié brutalement : “C’était chaotique. Problème de cardan au début, puis suspension en sortant. Peut-être que le cardan a endommagé le bras de suspension. L’équipe analyse.” Les images montrent la voiture tirant dans le fossé.
Hyundai enquête. Neuville vise un bon départ malgré ça : “C’était une surprise à faible vitesse.”
Ce pépin ajoute de l’incertitude chez Hyundai, challenger de Toyota en 2026. Pour plus sur leurs ambitions, voir cet article sur AutoHebdo.
Perspectives pour la saison WRC 2026
Ogier vise un 10e titre WRC et un 11e Monte-Carlo. Les conditions extrêmes testeront les teams : Toyota dominant, Hyundai ambitieux, M-Sport avec son rookie.
Les choix stratégiques jeudi soir pourraient définir les leaders. Avec la neige potentielle même en fin de rallye, rien n’est joué.
Ce Rallye Monte-Carlo 2026 pourrait relancer l’intérêt pour les classiques hivernaux. Les fans attendent des rebondissements, rappelant pourquoi cette épreuve est légendaire. Suivez l’évolution pour voir qui tirera son épingle du jeu dans ce chaos blanc.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.