La saison 2025 de l’IndyCar Series restera dans les mémoires comme une année de transition et de domination sans précédent. Avec l’arrivée de Fox Sports aux commandes de la diffusion, la mise en place d’un système de charters révolutionnaire et l’émergence de nouveaux talents, la compétition a offert des moments d’anthologie que les fans n’oublieront pas. Voici les cinq performances qui ont marqué cette saison exceptionnelle.

La domination écrasante d’Álex Palou vers un quatrième titre
Álex Palou a écrit un nouveau chapitre de sa légende en 2025 en remportant son quatrième championnat avec une régularité époustouflante. Le pilote espagnol de Chip Ganassi Racing a signé huit victoires sur dix-sept courses, totalisant 711 points et devançant de 196 points son dauphin Pato O’Ward. Cette performance place Palou parmi les plus grands de l’histoire de la discipline.
Dès les premières courses, Palou a imposé son rythme. À Saint-Pétersbourg, il a remporté la première victoire de la saison grâce à une stratégie de pneus impeccable. Puis, sans discontinuer, il a enchaîné les succès au Thermal Club, à Alabama et à Indianapolis Road Course. Le plus impressionnant reste sa capacité à transformer des situations difficiles en points précieux, accumulant treize top 10 au total.
Palou ne s’est pas contenté de dominer les courses standards. Lors des freinés initiales à l’Iowa Speedway, il a brillamment géré sa consommation de carburant pour signer un doublé qui a définitivement scellé son avance au championnat. Sa capacité à maintenir un niveau de performance élevé sur toutes les configurations - circuits urbains, ovales et circuits routiers - a été la clé de sa supériorité indiscutable.
La révélation Kyle Kirkwood chez Andretti
Parmi les contre-performances réjouissantes de la saison, Kyle Kirkwood s’est imposé comme la grande révélation chez Andretti Global. Le pilote américain a signé trois victoires éclatantes, dont son premier succès sur ovale à Gateway, prouvant sa capacité à évoluer sur tous les types de circuits.
Son triomphe à Long Beach a été particulièrement spectaculaire. Parti en pole position, Kirkwood a résisté à la pression constante d’Alex Palou durant toute la course, sans aucune intervention de la voiture de sécurité. Cette victoire a mis fin à la série de victoires de Palou et a montré qu’Andretti pouvait rivaliser avec Chip Ganassi Racing.
La saison de Kirkwood a atteint son apogée lors de la victoire à Detroit, où il a dû piloter avec un aileron avant endommagé suite à plusieurs accrochages sous les drapeaux jaunes. Malgré des conditions chaotiques et une course ponctuée de huit neutralisations, il a su garder son sang-froid pour signer la troisième victoire d’une carrière en plein essor, accumulant 433 points au final.
Le doublé historique d’Iowa pour Palou et O’Ward
Le weekend double-header à Iowa Speedway a livré l’un des plus beaux spectacles de la saison. Sous le nouveau titre de sponsor Sukup Manufacturing, les deux courses ont offert des scénarios diamétralement opposés mais tout aussi passionnants.
Le samedi, Pato O’Ward a mis fin à onze courses de disette pour Honda en signant une victoire de haute volée. Après que Josef Newgarden ait dominé les 232 premiers tours, O’Ward a profité d’une stratégie agressive pour devancer Newgarden lors des deux derniers redémarrages. Son succès par 0,2 seconde a relancé ses ambitions au championnat.
Le lendemain, Álex Palou a répondu avec une démonstration de maîtrise totale. Parti en pole, il a contrôlé la course malgré les interruptions causées par les crevaisons de pneus de ses rivaux. Cette victoire a porté son total à sept succès, renforçant son avantage insurmontable au championnat avec 129 points d’écart sur O’Ward à ce stade de la saison.
L’Indianapolis 500 : la consécration manquée puis acquise
La 109e édition des 500 miles d’Indianapolis a réservé son lot de drames et d’exclusions. Les qualifications ont été marquées par la disqualification technique des deux Team Penske de Josef Newgarden et Will Power, retrouvés en infraction et partis dernière grille. Cette décision a provoqué un séisme au sein de l’écurie américaine.
Robert Shwartzman, recrue chez Prema, a surpris tout le monde en décrochant la pole position - première pour un rookie depuis 1983. Malheureusement, l’Israélien a abandonné prématurément après un contact avec le mur. La course s’est finalement jouée entre Marcus Ericsson et Álex Palou, qui a signé sa première victoire à Indianapolis en dépassant le Suédois à 14 tours de l’arrivée.
Cette victoire était particulièrement émouvante pour Palou, qui avait échoué à trois reprises dans les dernières phases de la course mythique. Devenir le premier pilote depuis Dario Franchitti en 2010 à remporter à la fois l’Indy 500 et le championnat dans la même saison constitue un accomplissement historique qui restera gravé dans les annales.
La victoire surprise de Christian Rasmussen à Milwaukee
Le Milwaukee Mile a offert l’une des plus belles surprises de la saison lors de l’avant-dernière course. Christian Rasmussen, le pilote danois d’Ed Carpenter Racing, a profité d’une averse légère à une quinzaine de tours de l’arrivée pour réaliser une remontée fulgurante et signer sa première victoire en IndyCar.
Parti quinzième sur la grille, Rasmussen a adopté une stratégie différente sous le cinquième drapeau jaune, rentrant au stand pour chausser des pneus neufs. Ce choix audacieux lui a permis de remonter comme une fusée, dépassant Scott McLaughlin puis Alex Palou à 16 tours du but pour une victoire improbable mais méritée.
Cette performance a non seulement offert à Rasmussen sa première victoire, mais a également confirmé le potentiel des jeunes pilotes de la promotion 2025. Avec seulement six Top 10 avant cette course, le Danois a montré que la persévérance et l’audace stratégique pouvaient payer dans la série reine du sport automobile américain.
L’impact de la saison 2025 sur l’avenir de l’IndyCar
La saison 2025 a marqué un tournant décisif pour la discipline. La domination sans précédent d’Álex Palou l’a établi comme le nouveau standard de l’IndyCar moderne. Avec 1530 points au classement des motoristes, Honda a confirmé sa suprématie technique face à Chevrolet (1280 points), malgré les victoires éparses des pilotes Chevy.
Le nouveau système de charters a stabilisé le plateau à 27 voitures et garanti la sécurité économique des équipes, tandis que le passage à Fox Sports a généré une augmentation de 28% de l’audience moyenne, atteignant 1,2 million de téléspectateurs - les meilleures audiences depuis 2012. L’Indy 500 a lui seul a attiré son plus grand public en 17 ans.
Pour les pilotes, la saison a confirmé l’ascension de talents comme Kyle Kirkwood et Christian Rasmussen, tout en laissant des interrogations sur l’avenir de champions comme Josef Newgarden, victime d’une saison difficile avec seulement une victoire à Nashville pour salver son honneur. La saison 2025 restera ainsi comme celle d’une nouvelle ère, portée par la génération Palou et des jeunes loups prêts à défier le roi.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.