Les vainqueurs de championnats et les voitures aux multiples victoires accaparent souvent les projecteurs lorsqu’il s’agit des plus grandes machines de l’histoire de la Formule 1. Pourtant, certaines monoplaces exceptionnelles ont frôlé la gloire suprême sans jamais l’atteindre. Dans le dernier épisode d’Autosport Retro, le journaliste Maurice Hamilton et l’animateur Kevin Turner débattent des 10 meilleures F1 qui n’ont pas décroché de titre pilotes ou constructeurs, en se basant sur leur performance pure, leur proximité du succès et les circonstances de leur échec.[1][2]
Ces machines méritent une reconnaissance particulière, car elles ont souvent dominé les chronos – mesurés ici via les « supertimes », qui convertissent les tours les plus rapides en pourcentages, le meilleur étant à 100 % – tout en étant trahies par la malchance, la fiabilité ou des drames extra-sportifs. Lotus 78 et Williams FW14 de 1991 sont exclus, la première ayant contribué au doublé Lotus en 1978 avant la 79, la seconde étant trop proche de la version B victorieuse en 1992. Pour en savoir plus, consultez l’article complet sur Autosport.

1. McLaren MP4-22 (2007)
La McLaren MP4/22 occupe la première place de ce classement grâce à sa supériorité absolue en piste : un avantage de 0,205 % en supertimes, la plus grande marge jamais enregistrée pour une voiture non titrée. Pilotes vedettes Lewis Hamilton et Fernando Alonso, cette monoplace a remporté 8 victoires et 8 poles sur 17 Grands Prix, partageant les lauriers avec la Ferrari de Kimi Räikkönen (9-8 en faveur des Italiens).[1]
Malgré 218 points pilotes contre 204 pour Ferrari, le titre s’est envolé à cause d’un chaos interne. L’incident des qualifications en Hongrie a coûté 15 points à McLaren, et l’affaire Spygate – des documents Ferrari transmis à McLaren – a entraîné l’exclusion de l’équipe du championnat constructeurs avec une amende record de 100 millions de dollars. Hamilton, dans sa saison rookie légendaire, a perdu le titre pilotes d’un cheveu face à Räikkönen.
En Chine, une erreur aux stands l’a relégué hors des points ; au Brésil, une casse de boîte lui a coûté la course. Felipe Massa avait cédé la position à Räikkönen à Interlagos, scellant le sort de McLaren. Cette voiture reste un symbole de « ce qui aurait pu être » si la politique n’avait pas interféré.
La MP4/22 a posé les bases des succès futurs de McLaren, mais son histoire tragique fascine encore. Comme Williams avec sa FW48 en 2026, qui effectue ses premiers tours à Silverstone, les équipes apprennent de ces quasi-succès pour rebondir.
Son design aérodynamique innovant et son châssis réactif en ont fait la référence de l’ère V8. Sans les scandales, Hamilton aurait été champion dès sa première année.
2. Ferrari 375 (1951)
Deuxième du classement, la Ferrari 375 marque l’entrée en force de la Scuderia dans l’ère des moteurs atmosphériques. Son V12 suralimenté permettait moins d’arrêts carburant que l’Alfa Romeo supercharged, avec Alberto Ascari et Jose Froilan Gonzalez aux commandes pour 3 victoires et 3 poles.[1]
La percée arrive au Grand Prix de Grande-Bretagne, première victoire non-Alfa depuis des années. Mais le titre pilotes échappe à Ascari à cause d’un choix de pneus fatidique à l’Espagnol : des roues plus petites ont détruit les gommes, lui coûtant la couronne face à Juan Manuel Fangio.
Cette monoplace a révolutionné la stratégie carburant et posé les bases des succès Ferrari des années 1950. Ascari, triple champion plus tard, a brillé malgré les limites technologiques.
Aujourd’hui, Ferrari puise dans cette résilience, comme avec son aile arrière 2026 rappelant des innovations passées chez Mercedes en 2011. La 375 prouve que la vitesse pure ne suffit pas toujours.
Son V12 rugissant reste iconique, un son perdu dans l’ère hybride.
3. BRM P261 (1964-1966)
La BRM P261, troisième, est la plus proche rivale des Lotus 25/33, performante en 2 et 3 litres. Graham Hill et Jackie Stewart y ont cumulé 6 victoires et 5 poles, dominant même la Tasman Series 1966 (6/8 wins).[1]
En 1964, Hill perd le titre d’un point contre John Surtees via la règle des six meilleurs résultats. Un accrochage avec Lorenzo Bandini scelle son sort. En 1965, Clark rafle 6/10 ; en 1966, Monaco tombe dans l’escarcelle.
Sous les règles actuelles, BRM aurait gagné constructeurs en 1965. Sa fiabilité et son équilibre en font un joyau oublié.
Stewart y a affûté son talent avant ses titres. Cette ère montre comment les règlements biaisent les championnats.
La P261 incarne l’esprit british des années 60, rivalisant avec Lotus.
4. Williams FW17 (1995)
Quatrième, la Williams FW17 était rapide (0,185 % supertimes) mais maudite par la refueling era. Damon Hill et David Coulthard signent 5 wins et 12 poles sur 17 GP.[1]
Hill subit 7 abandons (4 erreurs pilotes), Coulthard 8 dont spins à Monza/Adelaide. Benetton et Schumacher surpassent en stratégie.
Schumacher outscore les deux combinés. Williams perd constructeurs malgré la vitesse.
Cette voiture illustre les pièges de l’ère refuelling, où la fiabilité prime.
Hill frôle le titre, perdu au bénéfice de Benetton.
5. Red Bull RB5 (2009)
La RB5, cinquième, lance l’ère Newey avec 0,112 % supertimes malgré l’absence de double diffuser initial. Vettel signe 6 wins et 5 poles, première victoire Red Bull en Chine.[1]
Brawn BGP001 domine tôt ; erreurs de Vettel le freinent face à Button.
Pullrod arrière pionnier pour futurs succès. Inexpérience coûte cher.
Newey révolutionne Red Bull dès 2009.
Vettel mûrit ici avant ses titres.
6. Ferrari 312B3-74 (1974-1975)
Sixième, la 312B3-74 offre 0,716 % supertimes, marge énorme. Lauda 9 poles, Regazzoni 1 win.[1]
Fiabilité et crevaison ruinent Lauda (4e) ; Regazzoni rate finale face à Fittipaldi.
Prépare le doublé 1975 avec 312T. « Une grande occasion perdue », dixit Ferrari.
Lauda domine malgré tout.
Ère turbulente pour Ferrari.
7. McLaren MP4-20 (2005)
Septième, 0,292 % supertimes, seamless shifts pionniers. Räikkonen/Montoya : 10 wins, 7 poles.[1]
Pannes multiples (Raikkonen) ; Alonso constant. Erreur Nürburgring coûte cher.
Montoya brille au Brésil (1-2).
Fiabilité trahit la vitesse.
Raikkonen frôle le titre.
8. McLaren MP4-15 (2000)
Huitième, duel épique Ferrari (0,008 % deficit). Häkkinen : 7 wins, 7 poles, 12 FL.[1]
Ferrari F1-2000 gagne 10/10 poles. Pénalité points (152 vs 170).
« Bonne issue finale » pour Ferrari.
Bataille Hakkinen-Schumacher mythique.
Fiabilité McLaren exemplaire.
9. Ferrari SF71H (2018)
Neuvième, Vettel/Raikkonen : 6 wins, 6 poles. Mercedes reprend (0,118 % deficit).[1]
Crash Vettel Hockenheim ; stratégie Mercedes. Mises à jour tardives échouent.
Hamilton 5e titre.
Début fort gâché.
Vettel proche du comeback.
10. Lotus 18 (1960-1961)
Dixième, première mid-engine Lotus. Moss/Surtees/Clark : 4 wins, 5 poles.[1]
Crash Moss Spa ; sous-motorisée 1500cc. Moss : « Plus rapide que Cooper mais piégeuse ».
Talents purs compensent.
Fait de Lotus frontrunner.
Ère Moss tragique.
Ces monoplaces rappellent que la F1 transcende les titres : vitesse, drame et innovation priment. Leur legs inspire les défis 2026, où gestion énergétique et aero active redessinent la grille. Quelles voitures futures rejoindront cette liste illustre ? Pour visionner le podcast Autosport Retro, plongez dans l’histoire.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.