Le Dakar 2026 s’est achevé sur un suspense insoutenable dans la catégorie motos. L’Argentin Luciano Benavides (KTM) a arraché la victoire au général pour seulement deux secondes d’avance sur l’Américain Ricky Brabec (Honda), après une erreur de navigation cruelle commise par ce dernier dans les derniers kilomètres de la 13e et ultime étape. Cette marge infime, la plus petite de l’histoire du rallye, a propulsé Benavides vers son premier succès sur l’épreuve mythique.[1][2]
David Castera, directeur du Dakar, a décrypté cette bourde fatale dans une analyse relayée par L’Équipe, soulignant la complexité du roadbook en fin de course. Brabec, double vainqueur en titre (2020 et 2024), semblait filer vers un triplé avant de se tromper de piste à environ sept kilomètres de l’arrivée. Cette édition saoudienne, marquée par près de 5000 km chronométrés en 49 heures, a une fois de plus démontré la férocité de la navigation en rallye-raid.[3]

Le duel acharné entre Brabec et Benavides
Ricky Brabec abordait la dernière étape avec une avance confortable de 3 minutes et 20 secondes sur Luciano Benavides. L’Américain, pilier de l’équipe Honda HRC, avait dominé plusieurs journées, remportant notamment la veille et imposant un rythme infernal. Benavides, frère de l’ancien double vainqueur Kevin Benavides, n’avait jamais lâché, grappillant du temps sur les étapes techniques.
Cette rivalité a animé le Dakar 2026 dès le milieu de course. Brabec avait même délibérément cédé du terrain plus tôt pour préserver ses pneus et sa mécanique, une stratégie payante jusqu’à l’avant-dernier jour. Benavides, outsider revu après une blessure en octobre, affichait une régularité exemplaire avec trois victoires d’étape (5e, 7e et 8e).
Le pilote KTM partait donc en chasseur sur les 138 km de la 13e étape (105 chronométrés), mélangeant pistes montagneuses techniques et portions rapides le long de la mer Rouge vers Yanbu. Brabec ouvrait la piste, un rôle ingrat amplifiant les risques de navigation. Cette dynamique a créé un suspense haletant, observé en direct par des millions de fans.
Malgré les péripéties, les deux hommes incarnaient l’excellence : Brabec avec son expérience, Benavides avec sa hargne argentine. KTM signait ainsi son 21e succès en motos, tandis que Honda devait se contenter de la deuxième place.
La 13e étape : le théâtre du drame
La dernière spéciale débutait par des single-tracks sinueux en vallée montagneuse, avant de s’ouvrir sur des pistes plus rapides. Brabec menait au km 86 avec 3 minutes 42 secondes d’avance cumulée, grâce à des bonifications. Tout basculait vers le km 98, à sept kilomètres de la ligne (ou deux selon certaines sources), sur une note roadbook confuse.
Brabec rata une « dig » (droite-gauche) au lieu d’un gauche direct, virant à tort sur une piste à gauche. Il « jardinait » ensuite, perdant un temps précieux en rebroussant chemin. Benavides, juste derrière, repéra l’erreur et fila sur la bonne trajectoire à droite, renversant la situation.[4]
Adrien Van Beveren (Honda), sixième au général, confirma la confusion : il fit la même faute mais s’en aperçut vite. Cette zone finale, piégeuse, testait la vigilance après 12 jours d’épuisement. Brabec termina effondré, tête dans son roadbook, seul sur sa moto.
L’étape scellait un total de près de 8000 km, avec Benavides deuxième du jour. Cette issue illustre les aléas du Dakar, où la navigation prime souvent sur la vitesse pure.
L’analyse experte de David Castera
David Castera, ex-pilote et actuel patron du Dakar, a disséqué l’incident avec précision. Selon son décryptage, la note roadbook était « particulièrement cruelle » en fin de parcours, jouant sur une ambiguïté classique : une bifurcation mal interprétée sous fatigue. Il a souligné comment Benavides, en seconde position, bénéficiait de la trace de Brabec avant de corriger.[3]
Castera évoque souvent la philosophie du rallye : le roadbook doit rester impartial, même en clôture. Cette erreur rappelle des précédents historiques, comme les déboires de Sam Sunderland en 2022. Pour lui, c’est l’essence du sport, forçant l’humilité.
Son intervention, visible dans une vidéo L’Équipe, met en lumière les défis techniques modernes malgré le GPS Sentinel. Castera défend la pureté du format, promettant des ajustements sans dénaturer l’épreuve.
Cette expertise renforce la légende du Dakar, où les directeurs comme lui veillent à l’équité.
Réactions et classements finaux
Les pilotes ont livré des émotions brutes à l’arrivée. Brabec : « Une note confuse m’a fait choisir la mauvaise ligne. Quand j’ai fait demi-tour, Luciano arrivait et a pris la bonne voie. C’est ce qui a fait la différence dans un duel si serré. » Il ajouta : « Je me sens terriblement mal. »[4]
Benavides exultait : « Je ne peux pas y croire, c’est irréel. J’ai attaqué jusqu’au dernier kilomètre. Je me suis battu du début à la fin. » Van Beveren : « C’était confus là-bas, j’ai les boules pour Ricky. »[1]
Voici le top 6 du classement général motos :
-
- Luciano Benavides (ARG, KTM) : 49h00’41”
-
- Ricky Brabec (USA, Honda) : + 0’02
-
- Tosha Schareina (ESP, Honda) : + 25’12”
-
- Skyler Howes (USA, Honda)
-
- Daniel Sanders (AUS, KTM)
-
- Adrien Van Beveren (FRA, Honda) : + 1h04’[2]
Ces réactions soulignent la fraternité du paddock, malgré la déception viscérale de Brabec. Pour plus de détails, consultez l’analyse complète sur Moto-Station.[2]
Cette édition 2026 entre dans les annales comme la plus serrée jamais. Elle rappelle que le Dakar récompense non seulement la vitesse, mais la maîtrise totale, navigation incluse. Benavides, premier Argentin vainqueur depuis son frère Kevin, ouvre un nouveau chapitre pour KTM. Brabec, loin d’être abattu, vise déjà 2027 pour un retour triomphal. Le rallye-raid reste imprévisible, et c’est sa magie.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.