Le week-end à Singapour a été une nouvelle source de frustration pour Ferrari et Charles Leclerc. Sur un tracé urbain réputé pour ses défis techniques et sa chaleur humide, le pilote monégasque a vécu une édition particulièrement décevante du Grand Prix. Maladresses stratégiques, performances en demi-teinte du SF-25, et un sentiment d’inefficacité ont façonné ce week-end, accentuant la pression déjà palpable sur la Scuderia dans cette saison 2025. Retour en détail sur cette course et ce qu’elle implique pour Ferrari et ses ambitions.

Contexte du week-end à Singapour
Le Grand Prix de Singapour est une étape incontournable du calendrier, souvent considérée comme l’un des tracés urbains les plus exigeants en Formule 1. Asphalte chaud, nombreuses zones sinueuses et un défi constant pour la gestion du pneu, cette course exige une précision extrême de la part des pilotes et une configuration de voiture particulièrement adaptée.
En 2025, le retour à Singapour après une absence en 2020 a ravivé l’intérêt, mais aussi mis en lumière les difficultés actuelles de Ferrari. Après une saison marquée par des progrès mais aussi par des défis techniques, Leclerc abordait ce week-end avec des attentes modérées. La qualification, en passants par le Q3 pour se tirer d’affaire, montrait une tendance à la bataille pour la 7e ou 8e place, sans réelle garantie de succès.
Les essais libres ont permis d’identifier des signaux d’alarme : un manque de grip, une voiture vive mais imprévisible, et surtout, un sous-virage critique. Ce contexte devait faire craindre un week-end difficile, et les faits ont confirmé cette prévision. La pression était accentuée par la montée en puissance des concurrents : Mercedes, McLaren, et Red Bull ont affiché leur supériorité dans cet environnement chaud et exigeant.
Performances du SF-25 et pression sur Ferrari
Les essais libres et la qualification : un bilan difficile
En ouverture, le vendredi, Leclerc a rapidement exprimé son mécontentement. La SF-25 semblait subir une perte de grip, rendant difficile la tenue du virage, surtout dans un circuit où la précision est capitale. Lors des FP2 et FP3, le pilote a noté un comportement imprévisible, avec une tendance au sous-virage marqué qui compliquait la conduite.
Malgré cela, il a réussi à se qualifier en septième position, à une fraction de seconde de Hamilton, pourtant dans une forme étincelante à Singapour. Ce résultat, bien que satisfaisant en apparence, masquait une vérité difficile : la performance du SF-25 ne reflétait pas son potentiel, la voiture manquant cruellement d’adhérence et de stabilité. De plus, la gestion des pneus s’est avérée problématique, limitant la capacité de Ferrari à capitaliser sur sa position en grille.
« J’ai beaucoup de sous-virage sur la voiture, mais la voiture reste très vive et imprévisible, et ce n’est pas ma force quand il y a du sous-virage », a déclaré Leclerc, soulignant la difficulté à exploiter le règlement du week-end.
La course : une évolution décevante
Le jour J, la difficulté s’est intensifiée. La SF-25 a montré un comportement fragile, notamment lors des passes en virages rapides. Leclerc a perdu plusieurs positions dès le départ, essentiellement à cause d’un manque d’adhérence et d’un déficit de confiance dans le comportement mécanique.
Les arrêts aux stands n’ont pas pu corriger la tendance. La stratégie de Ferrari, en quête de meilleures options, n’a pas permis de rattraper la performance des leaders. Résultat, Leclerc a terminé la course en 8e position, loin de ses ambitions, et surtout incapable de rivaliser avec le rythme imposé par Hamilton ou Verstappen. La performance globale de la SF-25 n’a pas été à la hauteur des attentes, et les comportements instables ont concrétisé la faiblesse du châssis dans cet environnement exigeant.
Les enjeux et implications pour Ferrari
La pression monte sur le constructeur italien
Ce week-end à Singapour confirme que Ferrari doit agir rapidement. La comparaison avec Hamilton et Mercedes souligne un déficit d’adhérence, mais aussi une incapacité à exploiter pleinement le potentiel de la voiture. La stabilité en virage, la gestion du sous-virage, et la constance restent des points cruciaux à améliorer.
D’un point de vue comptable, cette performance a accentué l’écart au classement du championnat constructeurs. Si la course de Singapour avait terminé selon la grille de départ, Ferrari aurait perdu une trentaine de points face à Mercedes et Red Bull. La défaite accentue la nécessité d’optimiser la calibration technique et la stratégie de course pour ne pas disparaître du tableau des prétendants au titre.
La perspective d’une saison de transition
Leclerc a admis que le contexte actuel est difficile : « Ferrari n’est pas encore au niveau des leaders comme McLaren ou Red Bull. » La confiance dans le SF-25 s’érode, mais l’équipe technologique a déjà indiqué qu’un travail intensif était en cours pour comprendre les failles et engager des ajustements pour les prochaines courses. La suite de la saison pourrait voir une mano à mano plus âpre sur le plan technique, avec des évolutions à prévoir avant la dernière étape de Las Vegas.
Les responsables de Ferrari insistent sur la rapidité d’action et la nécessité de transformer la performance pour rester dans la course au podium, autant pour les pilotes que pour le championnat des constructeurs.
Points clés et perspectives pour les prochaines courses
Après ce week-end à Singapour, plusieurs éléments méritent d’être soulignés :
- La nécessité de renforcer la stabilité et l’adhérence du SF-25, en particulier sur circuits urbains et chauds.
- Prioriser la calibration des réglages pour réduire le sous-virage et améliorer la constance en course.
- Utiliser les prochains Grands Prix, notamment Las Vegas, comme des laboratoires pour tester des améliorations.
- La pression collective sur l’équipe technique doit s’accentuer pour inverser cette tendance en difficulté.
Le comportement du SF-25 à Singapour a montré que Ferrari doit changer de discours, accélérer ses développements et mieux exploiter ses ressources pour espérer revenir au sommet. La saison 2025 reste ouverte, mais chaque défaite renforce la nécessité d’un virage stratégique et technique immédiat.
Ce week-end à Singapour restera dans la mémoire comme celui d’un Leclerc et d’une Ferrari qui ont montré qu’il leur faut encore beaucoup de travail pour retrouver leur niveau de performance. La lutte pour le championnat promet d’être acharnée jusqu’au bout, et Ferrari devra faire preuve d’ingéniosité pour transformer cette déception en carburant pour redresser la barre. En attendant, les fans restent dubitatifs, mais leur passion ne faiblit pas, confiant que le retour aux victoires n’est qu’une question de temps.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.