Le parcours complet du Dakar 2026 en Arabie Saoudite : étapes, défis et nouveautés

Le rallye-raid le plus mythique au monde revient du 3 au 17 janvier 2026 pour sa 48e édition. Pour la septième fois consécutive, le Dakar posera ses roues sur le territoire saoudien, avec un parcours dessiné autour d’une immense boucle de près de 8 000 kilomètres. Treize étapes d’anthologie, deux jours de marathon sans assistance et un prologue stratégique à Yanbu promettent deux semaines de compétition intense aux 325 véhicules engagés.

Les organisateurs ont misé sur un équilibre parfait entre endurance et diversité de terrains. Le tracé 2026 évitera délibérément l’Empty Quarter pour privilégier une variété de paysages et de rythmes, alternant portions minérales du nord-ouest et massifs de dunes impressionnants vers Bisha et la région d’Al Qassim. Cette approche garantit un spectacle total sans répétition, malgré le retour au point de départ.

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Le prologue stratégique de Yanbu : ouverture en douceur

Samedi 3 janvier, les concurrents s’élanceront depuis Yanbu pour un prologue de 23 kilomètres de spéciale. Cette courte boucle d’une trentaine de kilomètres autour de la ville portuaire n’est pas anodine. Les dix meilleurs de chaque catégorie remporteront un avantage précieux : le choix de leur position de départ pour la première étape. Une prime stratégique qui peut s’avérer décisive dans les jours suivants.

Yanbu, fidèle au Dakar depuis 2021, accueillera également l’arrivée finale le 17 janvier. La cité côtière de la mer Rouge a déjà été le théâtre du premier Sea Camp en 2023, où toutes les populations du rallye s’étaient réunies avant la course. Cette année, elle scellera le dénouement d’une aventure de deux semaines.

Les premières étapes : enchaînement rapide et terrains variés

L’étape 1, le dimanche 4 janvier, marquera la première véritable journée de course avec 305 kilomètres de spéciale sur un total de 518 km. Les concurrents resteront sur une boucle autour de Yanbu, mais les terrains plus sauvages prendront le relais. Un point d’assistance central permettra les premiers changements de pneumatiques.

Le lundi 5 janvier, l’étape 2 verra les concurrents rallier Al Ula après plus de 500 kilomètres, dont 400 chronométrés. Les changements de rythme seront nombreux, entre passages sinueux et caillouteux et pistes rapides. L’arrivée à Al Ula, ville aux paysages spectaculaires et aux trésors archéologiques, offrira une première respiration.

L’étape 3, le mardi 6 janvier, s’annonce comme l’une des plus difficiles avec 422 km de spéciale sur 666 km au total. Les pistes sablonneuses offriront des panoramas grandioses, mais la navigation deviendra de plus en plus complexe en seconde partie de journée, avec peu de repères visibles. Un vrai test d’orientation pour les pilotes.

Les étapes marathon : le cœur du défi

Le mercredi 7 janvier débute la première séquence marathon, découpée en deux étapes. Les parcours seront séparés entre les voitures, buggies et camions d’une part, et les motos et quads d’autre part. Après 451 km de spéciale sur 526 km au total, les concurrents rejoindront un bivouac isolé au cœur du désert, sans assistance extérieure. Seule l’entraide entre équipages sera autorisée pour réparer et régler les machines.

Le jeudi 8 janvier, les pilotes disposeront de peu de temps pour les réparations avant de repartir pour la seconde partie du marathon. Cette étape de 372 km de spéciale vers Hail reste piégeuse, avec plusieurs changements de cap nécessitant une navigation millimétrique. La fatigue commence à se faire sentir.

Vers le jour de repos : la plus longue étape

Le vendredi 9 janvier, avant la pause méritée, les concurrents affronteront la plus longue étape du rallye avec 920 km au total. Malgré une spéciale “relativement courte” de 331 km, la liaison de près de 600 km jusqu’à Riyadh exigera une gestion fine du carburant et de la fatigue. Les dunes géantes se succéderont et testeront la résistance des machines et des hommes.

Le samedi 10 janvier sera consacré au jour de repos à Riyadh. Une pause stratégique au cœur de la première semaine, permettant aux équipes de dresser un bilan complet et de recharger les batteries avant la seconde partie d’épreuve tout aussi exigeante.

La seconde semaine : retour vers Yanbu avec les étapes XXL

Le dimanche 11 janvier, l’étape 7 marquera le début du trajet retour avec 462 km de spéciale sur 876 km au total, en direction de Wadi Ad-Dawasir. Cette région n’avait pas accueilli le Dakar depuis 2022. Le lundi 12 janvier, les concurrents s’élanceront sur une boucle autour de Wadi Ad-Dawasir avec la plus longue spéciale de l’édition : 481 km chronométrés sur 717 km au total.

La deuxième séquence marathon débutera le mardi 13 janvier. Comme lors de la première semaine, les parcours et bivouacs seront séparés entre FIA et FIM, avec des conditions minimalistes. Le mercredi 14 janvier, les sables seront au cœur de la journée. Sur 421 km de spéciale, près de 300 se dérouleront dans les dunes, soit le plus long passage sablonneux de ce Dakar 2026.

Les dernières étapes : navigation labyrinthe et finale à Yanbu

Le jeudi 15 janvier, l’étape 11 redoutera sur le plan de la navigation. Multiples croisements, bifurcations et changements de cap transformeront cette spéciale de 347 km en véritable labyrinthe. Malgré une distance relativement courte, la liaison jusqu’à Al Henakiyah portera le total à 882 km.

L’avant-dernière journée, le vendredi 16 janvier, offrira une dernière opportunité de frapper fort avant la finale. Les concurrents rallieront Yanbu au terme de 718 km total, avec 310 km de spéciale. La fatigue accumulée sera maximale, mais les écarts ne seront peut-être pas encore définitifs.

Le samedi 17 janvier, l’ultime étape emmènera les concurrents à travers les vallées autour de Yanbu avant une dernière spéciale spectaculaire de 105 km le long de la mer Rouge. Divisée en deux sections distinctes, entre pistes de gravette en montagne et portions côtières, elle sacrera les champions du 48e Rallye Dakar.

Les catégories et leurs enjeux spécifiques

L’édition 2026 réunira environ 812 concurrents répartis dans plusieurs catégories : 118 motos, mais aussi des autos en catégories Ultimate, Challenger, SSV et Stock, ainsi que des camions. Le rallye comptera pour le World Rally-Raid Championship (W2RC) 2026, ce qui donne une dimension majeure au classement général dès les premiers jours.

Côté français, Adrien Van Beveren (Honda) incarne la meilleure chance de victoire chez les motos après sa troisième place lors de l’édition précédente. La succession de Daniel Sanders, vainqueur 2025, reste ouverte.

Le concept marathon refuge : une nouveauté majeure

La grande innovation de 2026 se nomme “marathon refuge”. Deux séquences (étapes 4-5 et 9-10) où l’assistance extérieure est strictement interdite. Les concurrents dorment dans un bivouac isolé et ne peuvent compter que sur l’entraide pour réparer, régler et repartir. Une épreuve supplémentaire qui teste la solidarité et l’autonomie des équipages.

Les parcours seront dédoublés entre FIA (autos et camions) et FIM (motos et quads) pour équilibrer les difficultés. Les conditions de vie seront réduites à l’essentiel, avec des bivouacs minimalistes au cœur des deserts les plus isolés.

Comment suivre le Dakar 2026

La chaîne L’Équipe, diffuseur officiel, proposera près de 100 heures de couverture du rallye. Chaque jour, le direct débutera à 9h avec les arrivées des spéciales et les réactions des concurrents. Le “Journal du Dakar” à 18h résumera l’étape du jour, et le “Grand résumé” sera diffusé à 20h avec les moments forts de la journée.

Pour les passionnés souhaitant des analyses plus techniques, le site officiel du Dakar propose des informations détaillées sur chaque étape, avec profils de terrain et points de vigilance. Les données de navigation et les classements temps réel seront également accessibles via l’application officielle.

Ce que ce parcours change pour les équipes

La réduction du nombre de bivouacs permettra aux équipes d’assistance d’être plus souvent reposées et opérationnelles à l’arrivée des concurrents. Cette organisation optimise la logistique et améliore les conditions de sécurité, même si les pilotes devront gérer des liaisons parfois très longues.

La gestion des pneumatiques devra être millimétrique, avec des points d’assistance stratégiquement placés en milieu de spéciale. La plus longue journée précédant le repos à Riyadh exigera une planification précise de la consommation de carburant.

Un rallye sous le signe de l’équilibre

David Castera, directeur de course, insiste sur la volonté de maintenir un haut niveau de difficulté tout en permettant une forme de respiration. L’alternance entre temps forts et possibilités de reprendre son souffle a été respectée de part et d’autre de la journée de repos, sans chercher la symétrie absolue mais en garantissant une progression logique de la difficulté.

Le parcours 2026 explore des territoires quasi-infinis proposés par l’Arabie Saoudite, avec des variations quasi-infinies pour maintenir la difficulté. Le record de kilomètres à parcourir en spéciale sera quasiment égalé sur l’époque saoudienne du Dakar.

Ce que ce parcours signifie pour le championnat

Ce Dakar 2026 représente la première manche du World Rally-Raid Championship 2026. Les points engrangés ici compteront double dans l’esprit des équipes, qui devront dès lors équilibrer prudence et agressivité. Les nouvelles réglementations sur les véhicules hybrides et les normes d’émissions ajoutent une couche de complexité stratégique.

Les étapes marathon, sans assistance, favoriseront les équipages les plus autonomes et les pilotes les plus habiles en mécanique. Les tronçons de navigation complexe sépareront les spécialistes du cap des pilotes tout-puissants. Le Dakar reste ce qu’il a toujours été : une aventure humaine avant tout.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.