Le moteur Red Bull Ford F1 2026 : développement intense et essais à Barcelone

F1

Le partenariat stratégique entre Red Bull Racing et Ford marque un tournant décisif pour la Formule 1 à l’horizon 2026. Alors que les réglementations moteur vont radicalement évoluer, les premiers essais du nouveau power unit électro‑thermique se sont déroulés à Barcelone dans une confidentialité quasi totale. Ces développements signent le retour de Ford au premier plan de la F1 après plus de vingt ans d’absence, et positionnent Red Bull comme un acteur majeur de la nouvelle ère du sport.

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Les enjeux du partenariat Red Bull‑Ford pour le moteur F1 2026

La collaboration Red Bull‑Ford ne se limite pas à un simple badge marketing. Dès le départ, les deux entités ont clairement établi que Ford apporterait son expertise en matière de développement de moteurs de compétition, d’électronique embarquée et de technologies hybrides. Christian Horner, directeur de Red Bull Racing, a insisté sur l’importance de ce partenariat : « Nous ne cherchons pas seulement un badge. Ford apporte des compétences techniques concrètes, notamment sur l’optimisation du moteur thermique et l’intégration du système électrique. »

Le règlement 2026 impose une réduction de la puissance du moteur thermique à 400 kW (environ 544 ch) tout en augmentant la puissance électrique à 350 kW, soit près de 476 ch. Cette évolution transforme fondamentalement l’architecture du power unit. Les ingénieurs doivent maintenant concevoir un système où le moteur électrique fournit près de la moitié de la puissance totale, contre environ 20 % actuellement. Les essais à Barcelone ont permis de valider la synchronisation entre le moteur V6 turbo refroidi et le générateur électrique haute tension.

Les contraintes de fiabilité sont également cruciales. Le nouveau règlement limite à trois le nombre de power units par saison, contre quatre actuellement. Cette restriction impose une durabilité accrue tout en maintenant des performances de pointe. Les tests catalans ont précisément porté sur la résistance des composants à haute température et les cycles de charge intensive du système de récupération d’énergie.

Programme d’essais du moteur Red Bull Ford à Barcelone

Le choix du circuit de Barcelone‑Catalunya n’est pas anodin. Ses longues lignes droites et ses virages rapides représentent un banc d’essai exigeant pour la gestion thermique et la recharge du système électrique. Les premiers runs ont débuté en septembre 2025, avec une RB20 modifiée servant de mule de développement. Cette approche permet de tester le nouveau power unit dans des conditions quasi réelles sans attendre la voiture 2026.

Les ingénieurs ont concentré leurs efforts sur trois axes principaux pendant les essais. Premièrement, la cartographie de la répartition de puissance entre le moteur thermique et l’électrique dans les différents secteurs du circuit. Deuxièmement, la validation du système de refroidissement, particulièrement sollicité par la chaleur espagnole et la densité énergétique accrue du package. Troisièmement, le calibrage du freinage à récupération d’énergie, qui doit désormais générer une puissance trois fois supérieure à celle des unités actuelles.

Les données recueillies lors de ces sessions restent strictement confidentielles, mais des sources proches du programme ont indiqué que le power unit a déjà dépassé les 900 ch en configuration optimale. Cependant, des ajustements majeurs sont encore nécessaires sur la réponse du turbocompresseur en bas régime et sur la gestion de la température des batteries lithium‑ion. Les essais doivent se poursuivre jusqu’en décembre, avec une intensification des runs de fiabilité.

Le rôle clé de Ford dans la révolution F1 2026

Ford apporte une expérience précieuse des compétitions endurance, notamment grâce à ses programmes en IMSA et aux 24 Heures du Mans. L’américain a développé des compétences uniques sur les motorisations hybrides de haute performance, avec une maîtrise de l’électronique de puissance et des logiciels de gestion énergétique. Ces expertises sont directement transférables au projet F1 2026.

L’implication de Ford se manifeste concrètement par le déploiement d’une équipe d’ingénieurs dédiés à Milton Keynes, au sein des installations de Red Bull Powertrains. Mark Rushbrook, directeur des programmes de compétition Ford Performance, a expliqué la philosophie du projet : « Nous nous concentrons sur les composants critiques où notre expérience fait la différence : l’optimisation du contrôle moteur, la gestion thermique et l’intégration du système hybride. Le but est de livrer un power unit qui excelle non seulement en performance pure, mais aussi en efficacité énergétique. »

La marque américaine a également apporté son savoir‑faire en matière de simulation numérique et d’intelligence artificielle. Les modèles prédictifs développés par Ford permettent d’anticiper les dégradations composants et d’optimiser les stratégies de course en temps réel. Cette approche basée sur les données a déjà permis de réduire de 15 % le temps nécessaire à l’étalonnage du moteur pendant les essais barcelonais.

Défis techniques et solutions innovantes du nouveau moteur

La transition vers le règlement 2026 impose des défis sans précédent. La suppression du MGU‑H (Motor Generator Unit‑Heat) oblige les ingénieurs à repenser complètement la récupération d’énergie. Le système doit désormais captiver suffisamment d’énergie au freinage pour alimenter le MGU‑K (Motor Generator Unit‑Kinetic) pendant 8 à 10 secondes par tour sur un circuit comme Barcelone. Cette contrainte a poussé Red Bull et Ford à développer des batteries à densité énergétique record, avec une capacité de 4 MJ par tour.

Un autre défi majeur réside dans la gestion de la masse. Le nouveau power unit, malgré la suppression du MGU‑H, voit son poids augmenter à cause des batteries plus volumineuses et du système de refroidissement renforcé. Les ingénieurs ont donc optimisé chaque composant pour minimiser le surpoids. Le bloc moteur V6 en aluminium‑cérum a ainsi été allégé de 8 kg par rapport aux spécifications initiales, tandis que l’électronique a été miniaturisée grâce à des semi‑conducteurs au nitrure de gallium.

Les essais à Barcelone ont également révélé des difficultés sur la synchronisation entre la transmission et le couple instantané fourni par le moteur électrique. Les à‑coup de couple lors des phases de transition thermique/électrique ont nécessité des révisions majeures du logiciel de contrôle. Les pilotes d’essai ont rapporté des comportements imprévisibles en sortie de virage lents, particulièrement dans les secteurs 4 et 5 du circuit catalan.

Impact sur la grille F1 et perspectives pour Red Bull

La réussite du programme moteur Red Bull‑Ford 2026 redéfinirait l’équilibre des forces en F1. Actuellement dépendante des fournitures Honda jusqu’en 2025, Red Bull deviendrait le seul équipementier à maîtriser totalement son power unit, chassis et stratégie. Cette verticalisation, déjà amorcée avec Red Bull Powertrains, représente un avantage concurrentiel potentiel majeur face à Ferrari, Mercedes et Alpine Renault.

Les rivales suivent de près ces développements. Toto Wolff, patron de Mercedes, a commenté la situation : « Nous respectons enormément ce que Red Bull et Ford accomplissent. Leur approche est différente de la nôtre, mais le niveau d’investissement et la qualité des ingénieurs qu’ils ont recrutés sont impressionnants. La bataille de 2026 sera probablement décidée par l’efficacité énergétique plus que par la puissance brute. »

Pour Ford, ce retour en F1 constitue une vitrine technologique sans équivalent. La marque entend transférer les innovations vers ses véhicules de série, particulièrement sur les hybrides plug‑in et les futurs modèles électriques de performance. Le programme de développement intègre déjà des ingénieurs du groupe Ford Pro, chargés d’adapter les apprentissages de la compétition aux véhicules utilitaires.

Les essais à Barcelone continueront avec l’arrivée de pilotes de renom pour des runs de validation. Max Verstappen devrait prendre le volant de la mule d’essai en décembre pour des tests de comportement à haut niveau de performance. Ces sessions finaliseront l’étalonnage avant la présentation officielle du power unit, prévue au premier trimestre 2026.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.