Audi a marqué les esprits avec son entrée en Formule 1 lors d’un événement tenu à Berlin. Loin des spectacles grandioses habituels, la marque aux anneaux a opté pour une présentation humble, ferme et confiante. Ce lancement, très attendu après des années de spéculations, reflète le chemin parcouru depuis les dénis initiaux jusqu’à cette inévitabilité.
Des dizaines de journalistes du monde entier, de la Chine au Brésil, ainsi qu’une bonne dose d’influencers, ont été invités dans l’un des meilleurs hôtels de la ville. Tout était orchestré pour capter l’attention mondiale, sans excès marketing superflus.

Le choix symbolique de Kraftwerk
Le lieu choisi, Kraftwerk, incarne parfaitement l’identité culturelle moderne de Berlin. Ancienne centrale thermique des années 1960 destinée à chauffer Berlin-Est, ce bâtiment a été transformé en espace culturel prisé pour les soirées techno et expositions artistiques.
De l’extérieur, avec sa façade austère et sa clôture sur Kopenicker Strasse, il évoque encore un entrepôt logistique soviétique. À l’intérieur, ses vastes volumes se prêtent idéalement à des événements comme ce lancement F1.
Audi a habilement exploité l’espace en plaçant quatre voitures de course emblématiques à l’entrée : de l’Auto Union Type C à un prototype victorieux des 24 Heures du Mans. La scène pour la livrée 2026 était élégante et épurée.
Pas de show de danse, ni de lasers ou musique assourdissante. La voiture n’est pas descendue du plafond dans un nuage de fumée, malgré les possibilités offertes par le lieu.
Une révélation sobre de la livrée 2026
Après un court discours de Gernot Doellner depuis les escaliers du niveau supérieur, une simple chute de voile a dévoilé la voiture show R26 dans ses nouvelles couleurs. Mattia Binotto et Jonathan Wheatley ont ensuite rejoint l’animatrice Noemi Schiff pour un bref questions-réponses.
Ce moment n’était pas théâtralisé comme une grande première, mais présenté comme une étape naturelle d’un voyage défini. Audi avait déjà lancé son programme sport-prototype à Berlin il y a près de 30 ans, sur la piste en bois du vélodrome.
Cette fois, l’approche était radicalement différente : calme et maîtrisée. Découvrez plus sur le shakedown d’Audi à Barcelone, qui a précédé cet événement d’une semaine et demie.
La R26, premier prototype 2026 sur piste, a validé l’unité de puissance Audi lors de tests préparés 18 mois à l’avance.
Mission 2030 : les ambitions claires
« Mission 2030 » n’est plus un slogan interne vague, mais une déclaration formelle d’intentions F1, intégrée à la stratégie globale d’Audi. Les kits presse distribués soulignent : « La Formule 1 est le sport d’équipe le plus complexe au monde. C’est la combinaison des gens et de compétences diverses qui fait la différence. »
L’organisation nouvelle repose sur résilience, précision et curiosité incessante pour la performance. Les objectifs : challenger en début, viser podiums ensuite, puis championnats d’ici 2030.
La phase initiale vise à établir processus et points. Puis consolider pour podiums constants. Enfin, devenir une force unie victorieuse.
Audi sait qu’il ne gagnera pas immédiatement, mais cette patience stratégique est typique d’une marque ambitieuse.
Les pilotes et l’équipe au cœur de l’événement
Gabriel Bortoleto et Nico Hulkenberg étaient au centre des interactions médiatiques. Bortoleto jouait à un jeu de gobelets avec un influencer, tandis que Hulkenberg faisait de même à proximité – du contenu parfait pour les réseaux.
James Key, Wheatley et Binotto rotaient entre stations. Des tables rondes avec la presse internationale reprenaient les points clés, dont l’objectif 2030.
L’organisation médiatique était millimétrée : accès anticipé à Kraftwerk, slots de trois minutes pour chaque activité. Tout était chronométré avec précision obsessionnelle.
Pour en savoir plus sur l’expansion des installations à Hinwil, nécessaire pour le nouveau simulateur F1.
Les mots de Mattia Binotto sur l’avenir
« Je n’attends pas que notre groupe motopropulseur soit le meilleur dès le départ, a déclaré Binotto calmement. Ce serait impossible et irréaliste. Mais nous restons focalisés sur nous-mêmes. »
« Notre tâche est de réussir d’ici 2030. Ça peut sembler loin, mais c’est demain ou après-demain. Nous restons humbles. Nous savons que des problèmes surgiront : fiabilité, pannes. Ce qui comptera, c’est la réaction de l’équipe. »
« En ne laissant aucune pierre de côté, en apprenant des échecs, en progressant course après course, avec les moyens d’Audi, nous pourrons égaler voire surpasser les autres. »
Confiance et ambition se mêlent à cette humilité délibérée, rare pour une marque comme Audi.
Ce lancement berlinois pose les bases d’une ascension structurée en F1. Audi entre en challenger patient, mais déterminé à viser le sommet d’ici 2030. La réaction du paddock et les premiers Grands Prix 2026 diront si cette humilité paie. Reste à suivre cette équipe qui promet de bousculer la hiérarchie.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.