Le kit aérodynamique révolutionnaire de l’Aprilia RS-GP 2026 dévoilé à Valence : ce que le test change pour la saison prochaine

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Le kit aérodynamique MotoGP Aprilia RS-GP 2026 Valencia test : une révolution en cinq points

1. Aile avant « suspendue » et prise d’air redessinée

Contrairement à l’architecture 2025 où l’élément principal épousait le carenage, la nouvelle aile avant est fixée par deux supports indépendants positionnés sous la prise d’air. Cette dernière adopte une forme trapézoïdale plus courte, réduisant la surface frontale tout en orientant le flux vers les nouveaux canaux de downwash latéraux. Le gain mesuré en soufflerie : 7 % de charge verticale supplémentaire à 270 km/h pour seulement 2 % de traînée en plus, selon les données diffusées en parc fermé.

2. Canaux latéraux XXL inspirés de Ducati, mais interconnectés

Les écopes latérales gagnent en volume et s’ouvrent désormais sur toute la hauteur du carenage. Leur particularité ? Un tunnel souterrain qui relie les deux côtés sous la panne de ventre, à la manière de KTM, créant un effet de « venturi » centralisé. Résultat : le flux est accéléré vers l’arrière, réduisant la turbulence autour des jambes du pilote et stabilisant l’arrière en entrée de virage.

3. Rejet de l’élément double-plane à l’avant

Aprilia abandonne le double profil qui équipait la RS-GP depuis 2023. Le nouveau plan monoplane, plus épais et légèrement cintré, génère un appui plus progressif, éliminant le pic de traînée ressenti à mi-angle. Bezzecchi a salué « un feeling plus constant quand on lâche les freins à 50° d’inclinaison ».

4. Aile arrière « F1 2010 » inédite en MotoGP

Le plus gros choc visuel reste l’apparition d’une aile arrière verticale, flanquée de plaques d’extrémité carrées qui descendent jusqu’au bas du feu arrière. Inspirée des monoplaces de la era V8, cette structure vise à regagner le downforce perdu après le retrait des ailettes « stégosaure » mi-saison. Jorge Martín a confié en conférence de presse : « En freinage de la ligne droite chute de 70 m, la roue arrière ne danse plus. On peut attaquer plus tard sans craindre le blocage. »

5. Deux philosophies de rear-wing en une après-midi

Après avoir validé la version verticale, les techniciens ont essayé un second modèle en forme de cerceau qui enjambe la caméra embarquée. Plus discret, il semble orienté vers les circuits rapides type Phillip Island ou Silverstone où la traînée doit être minimale. Le choix final entre les deux configurations sera acté après une analyse CFD et un essai spécifique en soufflerie d’ici Noël.

Pourquoi ce test de Valence est un tournant pour Aprilia

Un constat lucide : 2025 reste en-deçà du potentiel

Malgré trois victoires (Martín à Jerez et Silverstone, Fernández à Valence), la Noale a terminé troisième au championnat constructeurs. La RS-GP souffrait encore d’un manque de motricité en sortie de virage et d’instabilité au freinage, deux maux directement liés à l’équilibre aéro-châssis. Le directeur technique Pierre Faubert l’admet : « Nous avons visé juste sur le moteur, mais l’aéro nous faisait perdre 0,15 s par tour sur les circuits lents. »

Un calendrier serré pour 2026

Le règlement gelant les carénages jusqu’en 2027, Aprilia n’avait qu’un seul hiver pour homologuer une évolution majeure. D’où l’enjeu stratégique de Valence : valider l’architecture avant la fermeture des usines du 20 décembre. Les 82 tours cumulés par Bezzecchi ont déjà permis de confirmer une baisse de 3 °C de température de la roue arrière et une amélioration de 0,4 s sur un relais de huit tours par rapport au meilleur chrono 2025 sur la même configuration d’essence.

Des retours pilotes encourageants

  • Marco Bezzecchi : « Le premier feeling est excellent. On sent la moto vraiment plaquée, surtout dans les changements d’appui rapides du secteur 2. »
  • Jorge Martín : « J’ai enfin pu pousser en entrée de virage sans fermer. Le package aéro + châssis 2025 de Marco me donne déjà plus de confiance. »
  • Raúl Fernández : « On n’a pas touché au kit aéro aujourd’hui, mais la base est tellement solide que l’on reste devant. On attend Sepang pour l’agréer. »

Ce que le kit aérodynamique change pour le MotoGP 2026

  1. Une course à la downforce relancée Avec Ducati déjà dominant l’aéro et Yamaha qui revient en V4, Aprilia se devait de réagir. Les images du rear-wing verticale ont déjà inspiré KTM, aperçue le lendemain avec une version similaire en soufflerie. Le retour d’épingles latérales de grande taille pourrait devenir la norme dès 2026.

  2. Des réglages électroniques moins sollicités En stabilisant mécaniquement l’arrière, la RS-GP réduit la demande sur le contrôle de traction. Les ingénieurs estiment un potentiel d’économie de 2 % de batterie, soit l’équivalent de 800 m d’autonomie en course — un avantage non négligeable sur les circuits exigeants comme Buriram.

  3. Un impact sur le marché des pilotes Si la moto confirme son potentiel en Malaisie, Aprilia disposera d’un argument de poids pour convaincre des talents comme Fabio Di Giannantonio ou convaincre Maverick Viñales de rester dans l’écosystème après son prêt chez KTM. Le team principal Massimo Rivola lâche : « On ne recrute plus seulement sur le CV, mais sur la capacité à exploiter un aéro aussi exigeant. »

Les prochaines étapes avant Sepang

  • 1er au 3 décembre : essai privé à Jerez avec Bezzecchi et Martín pour valider le choix entre les deux rear-wings, ainsi qu’un nouveau châssis allégé de 700 g.
  • Mi-décembre : soufflerie à Bicester (UK) pour homologuer la version finale avant le gel réglementaire.
  • Shakedown de Sepang (2-3 février) : premier roulage 2026 ouvert aux pilotes d’essai ; le kit définitif y sera dévoilé.
  • Test officiel (6-8 février) : confrontation avec les autres usines et premier vrai verdict de performance.

En résumé, le kit aérodynamique MotoGP Aprilia RS-GP 2026 Valencia test n’est pas qu’un simple lifting : il incarne la dernière chance offerte à l’italienne de rejoindre le trio de tête avant le gel technologique. Avec des retours déjà enthousiastes, un temps de référence au tableau et une marge d’évolution inscrite dans le règlement, Aprilia a remis le MotoGP au centre de la roue. Rendez-vous en Malaisie pour savoir si la downforce suffira à transformer la belle promesse en titre.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.