Le Grand Prix de Malaisie 2025 à Sepang restera gravé dans les mémoires comme l’une des courses les plus frustrantes de la saison pour Francesco Bagnaia. Après avoir décroché la pole position et remporté le sprint du samedi, le double champion du monde italien a vu ses espoirs s’envoler à trois tours de l’arrivée en raison d’une crevaison de son pneu arrière. Un incident rarissime en MotoGP qui a immédiatement suscité des interrogations sur les causes de cette défaillance. Michelin, fournisseur unique de pneumatiques du championnat, n’a pas tardé à réagir pour expliquer les circonstances de cet abandon malheureux.
La crevaison d’un pneu en pleine course constitue un événement exceptionnel dans le MotoGP moderne, où la fiabilité des gommes Michelin est généralement exemplaire. L’explication fournie par Piero Taramasso, responsable de la compétition moto chez Michelin Motorsport, a permis de lever le voile sur cet incident qui a considérablement affecté la fin de saison du pilote Ducati.

La crevaison du pneu arrière de Bagnaia au GP de Malaisie : un trou causé par un débris en carbone
Piero Taramasso, le responsable Michelin présent sur place, a rapidement identifié la cause de l’abandon de Francesco Bagnaia. Interrogé par Sky Sport MotoGP, il a révélé qu’un examen du pneu arrière avait mis en évidence “un trou au centre du pneu arrière”. Cette perforation n’était pas due à un défaut de fabrication ou à une usure anormale, mais bien à un élément extérieur.
“Nous avons trouvé vraiment un trou causé par une pièce en carbone, quelque chose sur la piste”, a expliqué Taramasso. Ce type d’incident, bien que rare, peut survenir lorsque des débris provenant d’autres motos se retrouvent sur la trajectoire des pilotes. Dans l’environnement extrême du MotoGP, où les carénages et autres composants en fibre de carbone peuvent se détacher lors de chutes ou de contacts, ces fragments représentent un danger potentiel pour l’intégrité des pneumatiques.
L’expert de Michelin a également précisé les conséquences immédiates de cette perforation : “Quand il est rentré, nous avons regardé et vu que la pression était à 0,6 - 0,7.” Une pression aussi basse dans un pneu de course MotoGP rend la moto pratiquement impossible à piloter, expliquant pourquoi Bagnaia a dû immédiatement abandonner plutôt que de tenter de rejoindre les stands.
Le responsable Michelin a souligné la rapidité avec laquelle la situation s’est dégradée : “Durant un ou deux tours, il a senti un comportement un peu bizarre. Ensuite, la pression a baissé dès le tour suivant.” Cette chronologie démontre que Bagnaia a fait preuve d’un excellent sens de l’analyse en détectant rapidement le problème et en prenant la décision de rentrer aux stands avant que la situation ne devienne dangereuse.
Taramasso n’a pas manqué d’exprimer sa déception pour le pilote italien : “C’est dommage parce qu’il roulait bien, qu’il avait bien géré le début de la course et il avait encore de la réserve.” Cette déclaration confirme que Bagnaia était en mesure de se battre pour le podium, voire la victoire, si cet incident mécanique ne l’avait pas contraint à l’abandon.
Les conséquences immédiates de la crevaison du pneu arrière de Bagnaia au GP de Malaisie sur le classement
L’abandon de Francesco Bagnaia dans les derniers tours du Grand Prix de Malaisie a eu des répercussions directes sur sa position au championnat. Alors qu’il occupait confortablement la troisième place de la course, cet incident lui a fait perdre des points précieux dans la lutte pour le podium final du championnat.
Installé provisoirement sur la troisième marche du podium derrière Alex Márquez et Pedro Acosta, Bagnaia avait repris l’avantage sur Marco Bezzecchi dès le samedi en remportant le sprint. Cette troisième place au classement général lui tendait les bras, mais la crevaison a inversé la tendance. Joan Mir, qui réalisait une excellente course, a profité de cet abandon pour s’emparer de la troisième place sur le podium malaisien.
Au championnat, les conséquences ont été immédiates. Marco Bezzecchi a récupéré la troisième place du classement général que Bagnaia lui avait arrachée la veille. Avec seulement cinq points d’écart entre les deux pilotes italiens à deux courses de la fin de la saison, cette crevaison a considérablement compliqué les ambitions de Bagnaia de terminer sur le podium final du championnat 2025.
Pour un pilote qui avait dominé le week-end jusqu’à cet instant fatidique - pole position le samedi, victoire au sprint, et une course maîtrisée le dimanche - cet abandon a représenté un coup dur psychologiquement. La saison 2025 de Bagnaia s’est révélée particulièrement éprouvante, jalonnée de contretemps divers qui l’ont empêché de se battre pour le titre mondial.
Cette malchance survenue à Sepang s’inscrit dans une série de difficultés rencontrées tout au long de l’année par le pilote Ducati, qui n’avait décroché qu’une seule victoire dominicale avant le GP de Malaisie, en Grande-Bretagne au mois de mai. Les problèmes de pneumatiques ont d’ailleurs été une constante dans la relation entre Bagnaia et Michelin cette saison, avec plusieurs incidents survenus lors de différents Grands Prix.
La fiabilité des pneus Michelin en MotoGP : un enjeu crucial expliqué après la crevaison de Bagnaia
La crevaison survenue sur le pneu arrière de Francesco Bagnaia au GP de Malaisie soulève des questions plus larges sur la fiabilité des pneumatiques Michelin en MotoGP. Il convient toutefois de replacer cet incident dans son contexte : les crevaisons causées par des débris externes sont extrêmement rares et ne peuvent être imputées au manufacturier.
Michelin, fournisseur unique du championnat MotoGP depuis 2016, a bâti sa réputation sur la fiabilité et la performance de ses gommes. Les pneus MICHELIN Power Slick sont conçus pour résister à des contraintes extraordinaires : des températures de piste pouvant dépasser 60°C, des accélérations et freinages brutaux, des angles d’inclinaison extrêmes, et des vitesses de pointe dépassant les 350 km/h.
Le circuit de Sepang représente l’un des défis les plus exigeants du calendrier pour les pneumatiques. La chaleur tropicale, l’humidité élevée, et une surface particulièrement abrasive mettent les gommes à rude épreuve. Michelin avait d’ailleurs préparé une allocation spécifique de pneus pour ce Grand Prix, avec des composés adaptés à ces conditions extrêmes.
Piero Taramasso et ses équipes analysent systématiquement tous les pneus utilisés en course pour identifier d’éventuelles anomalies. Dans le cas de Bagnaia, l’examen post-course a été formel : le trou constaté au centre du pneu arrière provenait bien d’une perforation externe causée par un débris en carbone présent sur la piste. Aucun défaut de structure ou de fabrication n’a été détecté.
Cette transparence de Michelin dans l’explication des incidents est essentielle pour maintenir la confiance des équipes et des pilotes. Le manufacturier français communique régulièrement sur les analyses effectuées, comme il l’avait fait lors d’incidents similaires impliquant Bagnaia plus tôt dans la saison, notamment lors du GP d’Autriche où des problèmes de grip avaient été signalés.
La relation entre Bagnaia et Michelin a connu quelques tensions cette saison, le pilote italien ayant parfois exprimé publiquement ses frustrations concernant le comportement de certains pneus. Néanmoins, dans le cas de la crevaison de Sepang, même Bagnaia ne peut reprocher quoi que ce soit au manufacturier, l’incident étant clairement dû à un élément extérieur imprévisible.
Le déroulement de la course avant la crevaison du pneu arrière de Bagnaia au GP de Malaisie
Pour mieux comprendre l’ampleur de la déception causée par cette crevaison, il est important de revenir sur le déroulement de la course avant cet incident malheureux. Francesco Bagnaia avait réalisé un week-end quasi parfait jusqu’aux derniers tours du Grand Prix.
Parti en pole position dimanche après-midi, Bagnaia avait pris un excellent départ et s’était emparé du holeshot, menant la course dès le premier virage. Derrière lui, Pedro Acosta et Alex Márquez se livraient une bataille intense pour la deuxième place. C’est finalement le frère cadet de Marc Márquez qui a pris l’avantage, d’abord sur Acosta au virage 4, puis sur Bagnaia lui-même dans le tour suivant.
L’Italien n’a pas pu répondre à l’offensive musclée d’Alex Márquez, qui s’est rapidement installé en tête de la course avec une cadence impressionnante. Bagnaia s’est alors retrouvé engagé dans un duel passionnant avec Pedro Acosta pour la deuxième place. Le jeune prodige espagnol de KTM a multiplié les tentatives de dépassement, mais le pilote Ducati a su défendre sa position avec détermination.
Ce combat pour la deuxième place a permis à Alex Márquez de creuser un écart conséquent en tête, atteignant près de deux secondes d’avance. À huit tours de l’arrivée, Pedro Acosta a finalement réussi son dépassement sur Bagnaia, s’emparant de la deuxième position. L’Italien, désormais troisième, semblait se contenter de gérer cette position pour assurer un podium précieux.
C’est à ce moment-là, alors que la course semblait suivre son cours sans surprise majeure, que Bagnaia a commencé à ressentir un comportement anormal de sa Ducati. Les données télémétiques ont ensuite confirmé ce que le pilote ressentait : la pression du pneu arrière chutait dangereusement. Deux tours plus tard, à trois boucles de l’arrivée, Bagnaia n’avait d’autre choix que de lever le bras et de rentrer lentement aux stands, son Grand Prix terminé.
La victoire est revenue à Alex Márquez, qui a signé le troisième succès de sa carrière en MotoGP devant Pedro Acosta et Joan Mir. Ce dernier, auteur d’une excellente remontée, a profité de l’abandon de Bagnaia pour décrocher son deuxième podium de la saison sur sa Honda. Fabio Quartararo a terminé cinquième, signant un honorable résultat pour Yamaha dans des conditions particulièrement difficiles pour la marque japonaise.
Les précédents incidents entre la crevaison du pneu arrière de Bagnaia au GP de Malaisie et Michelin cette saison
La crevaison survenue lors du GP de Malaisie n’est malheureusement pas le premier incident impliquant Francesco Bagnaia et les pneumatiques Michelin durant la saison 2025. Plusieurs épisodes ont marqué l’année, alimentant parfois des tensions entre le pilote italien et le manufacturier français.
Lors du Grand Prix d’Autriche en août dernier, Bagnaia avait connu un sprint cauchemardesque au Red Bull Ring. Il s’était plaint d’un comportement “bizarre” de son pneu arrière dès le tour de chauffe, avant de souffrir d’un manque de grip sévère en course. Les premières analyses de Michelin n’avaient révélé aucune anomalie, le pneu provenant du même lot de fabrication que ceux utilisés par d’autres pilotes sans problème.
Au Grand Prix d’Italie à Mugello en juin, Bagnaia avait également signalé un “trou” sur son pneu arrière. Michelin avait alors expliqué qu’il s’agissait en réalité d’une cloque provoquée par la chaleur excessive, un phénomène qui, bien que spectaculaire, ne compromettait pas la sécurité du pilote. Cette explication technique avait permis de rassurer les équipes sur la robustesse des gommes dans des conditions extrêmes.
Le Grand Prix d’Émilie-Romagne à Misano en septembre 2024 avait été particulièrement tendu. Après sa chute, Bagnaia avait directement accusé un pneu “étrange” qui “ne fonctionnait pas”. Michelin avait alors demandé du temps pour analyser les données avant de conclure qu’aucune anomalie n’avait été détectée sur le pneumatique. Cette communication avait légèrement agacé le manufacturier, qui avait fait savoir par la voix d’un de ses représentants : “Chaque fois qu’il y a un mauvais pneu, il serait pour Pecco ?”
Ces tensions récurrentes entre Bagnaia et Michelin reflètent la pression énorme qui pèse sur les épaules d’un double champion du monde cherchant à reconquérir son titre. Dans un championnat aussi serré et compétitif que le MotoGP, le moindre détail peut faire la différence, et les pilotes scrutent chaque paramètre avec une attention extrême.
Toutefois, il convient de souligner que Michelin maintient des standards de qualité exceptionnels. Sur l’ensemble de la saison, les incidents réellement imputables aux pneumatiques restent extrêmement rares. La grande majorité des “problèmes” signalés par les pilotes relèvent davantage de réglages inadaptés, de conditions de piste particulières, ou simplement du rythme supérieur des adversaires.
Dans le cas spécifique de la crevaison au GP de Malaisie, l’explication fournie par Piero Taramasso est sans équivoque : un débris en carbone sur la piste a perforé le pneu. Un incident de course malchanceux contre lequel aucun manufacturier ne peut se prémunir totalement, et qui rappelle que malgré tous les progrès technologiques, le MotoGP reste un sport où l’imprévisible peut à tout moment bouleverser les plans les mieux établis.
La crevaison du pneu arrière de Francesco Bagnaia lors du GP de Malaisie illustre la cruauté du sport automobile de haut niveau. Après un week-end exemplaire marqué par une pole position et une victoire au sprint, l’Italien a vu ses espoirs de podium s’envoler à cause d’un débris en carbone sur la piste. L’explication transparente fournie par Michelin par l’intermédiaire de Piero Taramasso a permis de clarifier les circonstances de cet abandon, écartant toute défaillance du pneumatique lui-même.
Cet incident rappelle que même dans un championnat aussi technologiquement avancé que le MotoGP, les imprévus peuvent à tout moment chambouler la hiérarchie. Pour Bagnaia, cette malchance s’inscrit dans une saison 2025 difficile qui l’a vu perdre la troisième place du championnat au profit de Marco Bezzecchi. Avec deux courses restantes au calendrier, l’Italien devra se relancer pour tenter de terminer l’année sur le podium final et tourner la page d’une saison qu’il préférera sans doute oublier.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.