La Formule 1 s’apprête à entrer dans une nouvelle ère avec les règlements moteurs 2026, et le débat sur le ratio de compression a dominé les discussions pré-saison. Ce ratio, réduit de 18:1 à 16:1 pour favoriser les carburants durables, a créé une polémique lorsque les rivaux de Mercedes ont découvert que l’écurie allemande respectait la limite à froid lors des tests statiques, mais atteignait un niveau supérieur en fonctionnement.[1] Ce phénomène, lié à la dilatation des matériaux des pistons et bielles, a poussé Audi, Ferrari et Honda à alerter la FIA via une lettre commune.
La FIA a réagi en proposant un compromis unanime, validé par le comité consultatif des unités de puissance. Dès le 1er juin 2026, les mesures se feront à froid et à chaud (130°C), avant un passage exclusif au chaud en 2027. Ce changement, avancé d’un mois par rapport au plan initial, apaise les tensions avant l’ouverture du championnat à Melbourne.

Pourquoi la FIA a-t-elle opté pour un vote ?
Les experts techniques de la FIA se sont réunis le 22 janvier sans voir de besoin immédiat de modification. Cependant, la pression politique et une analyse des règlements ont changé la donne. Nikolas Tombazis, directeur des monoplaces FIA, a expliqué que les règles n’étaient pas assez robustes pour atteindre l’objectif initial.[1]
« Il y a beaucoup de nuances dans ce sujet, car il y a ce que les règlements veulent être, et garder le ratio à 16:1 était un objectif central discuté avec les fabricants en 2022 », a déclaré Tombazis à Autosport. Les règles actuelles, article C5.4.3, prévoient une mesure à température ambiante, mais l’article 1.5 impose la conformité en tout temps pendant une course.
Les rivaux invoquaient cet argument général pour exiger une surveillance stricte. Mercedes, de son côté, soulignait les tests à froid. La FIA a donc cherché à clarifier le texte pour éliminer les ambiguïtés, évitant une interprétation laxiste.
Ce vote requérait une supermajorité : quatre des cinq fabricants plus la FIA et Formula One Management. L’unanimité obtenue montre un équilibre fragile, mais efficace.
La controverse n’était pas exagérée selon certains, mais Tombazis minimisait : « Les gens s’emballent trop, ce sujet n’avait pas besoin de tant d’attention pendant des mois. »
Un compromis que même Mercedes accepte
Toto Wolff, patron de Mercedes, avait déjà laissé entendre en Bahreïn que la solution était équitable. Les mesures doubles – froid et 130°C – empêchent les rivaux d’exploiter l’inverse : un ratio plus élevé à froid, comme certains le pourraient.[2]
« C’est compliant froid et chaud, sans avantage pour quiconque. Les autres voulaient mesurer seulement chaud pour dépasser à froid. Maintenant, c’est fair play pour tous », a-t-il dit. Mercedes gagne un ratio potentiellement supérieur à chaud, ses rivaux évitent un désavantage permanent.
Avancer au 1er juin rassure Audi et consorts, qui voulaient un effet immédiat. Mercedes obtient les tests doubles jusqu’à fin 2026, laissant du temps d’adaptation sous le budget cap.
Les ajustements internes tombent sous ce cap budgétaire. À partir de 2027, seule la mesure chaude prévaudra, tous les fabricants ayant adapté.
Ce cas illustre le compromis typique en F1, comme l’a noté McLaren dans un article récent sur Pitstop Insight, qualifiant la saga de « politique typique ».
Les origines de la polémique technique
Le ratio de compression mesure le volume du cylindre piston bas/haut. Réduit à 16:1 pour l’accessibilité et les carburants 100% durables, il pose des défis avec les matériaux avancés comme l’impression 3D multicouche.
Mercedes complies à froid (16:1), mais dilate à chaud pour un gain subtil – loin des 18:1 supposés. Les rivaux, menés par Audi, craignaient un avantage déloyal.
Ferrari et Honda ont rejoint la lettre à la FIA. Alpine, pourtant, soutenait Mercedes : « Les règles sont claires », selon un porte-parole.
La FIA a confirmé via un communiqué officiel sur Motorsport.com les détails du compromis.
D’autres défis attendent la saison 2026
La FIA voulait clore le dossier avant Melbourne pour éviter les protestations. Wolff : « On était prêts à un protest en FP1, mais est-ce bon pour le sport ? C’est une tempête dans un verre d’eau. »
Laurent Mekies (Racing Bulls) insistait sur la clarté : « Dites-nous ce qui est permis, et on choisit notre chemin. »
Des questions plus larges persistent : gestion d’énergie sur circuits rapides comme Melbourne ou Djeddah, qualifiés « pauvres en récolte » par Andrea Stella de McLaren. La FIA pourrait ajuster la puissance électrique ou le clipping, mais attend les premières courses.
« Les changements 2026 sont massifs, on apprendra des tests et des Grands Prix initiaux », note la FIA. Une autre bataille politique pourrait émerger si le spectacle souffre.
Ce compromis sur le ratio de compression marque une victoire pour la stabilité réglementaire. Il permet à la F1 de se concentrer sur la piste, avec Mercedes et ses rivaux sur un pied d’égalité. Pour la suite du championnat, la clarté prime, mais les leçons de Melbourne façonneront les ajustements futurs. La saison 2026 promet des surprises au-delà des moteurs.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.