La poursuite en référé lancée par Laura Villars contre la FIA trouve son origine dans un mécanisme électoral complexe qui exige de chaque candidat à la présidence la constitution d’une “liste présidentielle” comprenant dix personnes. Cette équipe doit inclure un président du Sénat, un vice-président pour la mobilité automobile et le tourisme, un vice-président pour le sport, ainsi que sept vice-présidents pour le sport devant respecter une représentation géographique équilibrée selon les critères statutaires de la Fédération.
Le nœud du problème réside dans l’exigence qu’au moins l’un des vice-présidents siégeant au Conseil Mondial du Sport Automobile provienne d’Amérique du Sud. Or, selon les informations disponibles, une seule candidate de cette région, Fabiana Ecclestone du Brésil, figure sur la liste des 29 personnes déclarées éligibles par la FIA. Cette dernière ayant déjà intégré l’équipe de Mohammed Ben Sulayem, il devient mathématiquement impossible pour les autres prétendants de constituer une liste conforme aux exigences statutaires.
Cette situation a conduit Laura Villars à dénoncer ce qu’elle considère comme un processus antidémocratique. Dans sa communication officielle, elle affirme que “des échanges formels sont actuellement en cours entre mon équipe juridique et l’Administration de la FIA, le mode d election actuel soulevant des interrogations légitimes quant à sa conformité avec les Statuts.” La candidate suisse insiste sur le fait que plusieurs avis juridiques indépendants confirment que certaines modifications récentes de procédure ne seraient pas conformes aux statuts de la Fédération.
La date butoir du 24 octobre pour le dépôt des listes présidentielles a accentué la pression sur les candidats alternatifs. Tim Mayer, ancien commissaire de course en Formule 1, et Virginie Philippot, également candidates déclarées, se sont retrouvés dans l’impossibilité pratique de présenter une équipe complète. Mayer a publiquement reconnu la difficulté de mener une compétition équitable dans ces conditions, choisissant de s’en tenir aux voies de réclamation internes sans engager d’action judiciaire. Laura Villars, pour sa part, a opté pour la voie juridique, estimant que seule une intervention du tribunal pourrait garantir le respect des normes démocratiques.
L’article 1.3 des Statuts de la FIA, sur lequel s’appuie la démarche juridique de Villars, stipule clairement que “la FIA doit respecter les plus hauts standards de gouvernance, de transparence et de démocratie.” C’est précisément ce principe fondamental que la candidate suisse invoque dans sa poursuite en référé contre la FIA, arguant que le processus actuel ne permet ni la transparence ni l’expression d’un véritable choix démocratique pour les clubs membres de la Fédération.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.