Les négociations pour un nouvel accord-cadre en MotoGP, souvent comparé à l’accord Concorde de la Formule 1, avancent à grands pas. Entre Dorna Sports, rebaptisée MotoGP Sports Entertainment Group sous l’égide de Liberty Media, l’association des constructeurs MSMA et les équipes, les discussions portent sur les droits commerciaux et la répartition des revenus pour les cinq prochaines saisons. Après des mois de tensions, les positions se rapprochent, avec un possible aboutissement imminent.
Liberty Media, nouveau propriétaire majoritaire depuis juillet 2025, pousse pour un modèle inspiré de la F1, tandis que les constructeurs exigent une part plus équitable des bénéfices croissants du championnat. Les revenus annuels avoisinent les 460-480 millions d’euros, dopés par les droits TV et les sponsors. Cet accord définira l’avenir économique de la catégorie reine des motos.

Les enjeux financiers, point de friction principal
Les discussions financières restent le nœud gordien. MotoGP propose un paiement fixe annuel par équipe, autour de 9 millions d’euros, répartis en plusieurs volets. Les équipes et constructeurs plaident pour un modèle de partage des revenus en pourcentage, à l’image de la F1, pour profiter de la croissance attendue.
Carmelo Ezpeleta, PDG de Dorna, insiste sur la générosité passée, notamment pendant la crise Covid, malgré des revenus inférieurs à ceux de la F1. Les constructeurs, comme Ducati ou Aprilia, soulignent leurs investissements massifs et veulent lier les subventions aux résultats sportifs.
Un responsable d’équipe anonyme tempère : « La partie financière devra être renégociée après cinq ans. » Liberty Media, fort de son succès en F1, offre plus d’argent fixe mais exige une implication accrue des marques dans la promotion mondiale.
Cette divergence reflète les ambitions : transformer MotoGP en produit global, avec plus de contenu médiatique et d’événements hors piste.
La propriété des places sur la grille en débat
Un autre point chaud concerne le contrôle des places sur la grille. Actuellement détenues par Dorna jusqu’à fin 2026, elles pourraient passer aux équipes, augmentant leur valeur auprès des sponsors et investisseurs.
Dès 2027, la distinction usine/satellite disparaîtra. Les équipes clientes pourront commander des châssis auprès de spécialistes comme Suter ou Kalex, et louer des moteurs 850cc, rappelant l’ère des quatre-temps naissants.
Les constructeurs s’engagent pour cinq ans minimum : Honda, Yamaha et Ducati semblent acquis, KTM/Aprilia en attente d’investisseurs. Bajaj Mobility, lié à KTM, cherche un partenaire à 30 % sans succès pour l’instant.
Cette flexibilité pourrait dynamiser le marché, mais nécessite un accord clair sur les obligations promotionnelles.
Le rôle transformateur de Liberty Media
Liberty Media a bouclé le rachat de 84 % de Dorna pour 4,2 milliards d’euros en juillet 2025, intégrant MotoGP à son portefeuille F1. Des cadres seniors étaient déjà présents à Austin en 2025 pour finaliser.
Le groupe vise une révolution : plus de contenu digital, marketing des pilotes et événements globaux. Les équipes satellites ont déjà signé pour cinq ans à 6,5-7 millions d’euros par saison, via l’IRTA dirigée par Lucio Cecchinello.
Massimo Rivola, PDG d’Aprilia et président MSMA, commentait en 2025 : « L’Amérique est idéale pour s’asseoir, chez Liberty. Voyons après Austin. » Lin Jarvis pilote les talks pour les constructeurs.
Liberty hausse les enjeux avec des fonds accrus, mais les constructeurs veulent leur part du gâteau, pour un équilibre durable. Pour plus de détails sur le rachat, consultez l’annonce officielle.
Calendrier des négociations et impacts attendus
Les réunions collectives et bilatérales s’enchaînent. Un possible dénouement était espéré à Austin 2025, mais les discussions se prolongent jusqu’en 2026, avec des talks au lancement à Kuala Lumpur (février) et signature potentielle à Jerez fin avril.
- Paiements fixes vs partage : 9 M€/an proposé, contre % des revenus.
- Places grille : Transfert aux équipes post-2026.
- Engagements : 5 ans fermes, promo renforcée.
- Moteurs/châssis : Location et externalisation possible.
- Équipes satellites : Accord signé.
Une vague d’annonces pour 2027 suivra : seuls Bezzecchi chez Aprilia confirmé pour l’instant, stratégie MSMA de pression.
Perspectives pour le MotoGP de demain
Cet accord stabilisera le plateau avec les cinq constructeurs et libérera le marché des pilotes sous les nouvelles règles 850cc. Il pourrait propulser MotoGP vers des sommets commerciaux, à l’image de la F1 boostée par Liberty.
Reste à voir si le « pacte de la discorde » se mue en consensus. Les constructeurs misent sur la croissance pour sécuriser leurs investissements. Pour un aperçu récent des enjeux, lisez cet article sur GPOne.
L’enjeu est clair : un MotoGP plus attractif et rentable pour tous, dès 2027.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.